Archive for février, 2010

I’m gonna check the ninth net.

Avant toutes choses merci à tous pour vos commentaires qui me font vraiment plaisirs même si je n’y répond pas toujours. N’hésitez pas non plus à m’envoyer de vos nouvelles, j’en donne bien moi.

Nouvelle petite amie? Petit copain? Animal de compagnie? Réussite ou échec d’études inutiles? Changement d’orientation religieuse? Comment vas ta sœur? Je ne lui manque pas trop? Où en sont tes plans de domination du monde? T’as pas un peu grossi?

Pour vous remercier et parce que vous semblez avoir du temps à perdre sur internet, j’ai décidé de créer une nouvelle rubrique dans mes articles. À la fin de chacune de mes publications vous trouverez désormais une petite série de questions portant sur tout et n’importe quoi. Les réponses (si il y en a) seront publiées dans l’article suivant et un ou plusieurs vainqueurs seront désignés de manière parfaitement arbitraire. Les réponses n’ont pas forcément à être juste, elles doivent juste me plaire et il n’est pas inutile pour les participantes de m’envoyer des photos d’elles nues pour m’aider dans mon choix (et le « e » à la fin de « participantes » n’est pas une faute de frappe Kyko).

Loin du corps mais près du cœur, bisous.

26 février

Les oiseaux ne se précipitent pas dans nos filets. Le Waharau Regional Park n’a pas encore été débarrassé de la prédation et de la compétition que leur opposent les mammifères introduits. Avant l’arrivée des premiers maoris chaque niche écologique de l’écosystème néozélandais était remplie par un oiseau, un reptile ou un insecte. Les seuls mammifères présents étaient deux espèces de chauves-souris et les colonies d’otaries sur la côte. Habitant une île exposée à des vents violents et dépourvue de super-prédateur hormis une espèce d’aigle géant, les insectes et oiseaux du pays ont perdus leur épuisante aptitude à voler pour se déplacer et nicher au sol ou dans la végétation basse.

Les nombreux moas géants et talève takahé du Sud jouaient le rôle des grands troupeaux d’herbivores en maintenant des espace ouvert dans un environnement essentiellement forestier. Les xéniques et wetas abondaient dans les litières comme le font nos rongeurs. Les méliphages pollinisaient les plantes comme autant d’abeilles ou de chauves-souris tandis que les carpophages en répandait les graines à la manière de singes. Les immenses aigles de Haast exerçaient leur prédation sur la plupart de ces espèces, allant jusqu’à terrasser des moas géants aussi bien que l’aurait fait un léopard.

Ces insectes aptères abondaient dans tout le pays avant l'arrivée des rongeurs.

Puis sont arrivés les premiers Hommes. Privés de forêts, chassés à outrance, privés de proies, dévorés par les rats, les espèces endémiques ont commencé inexorablement à disparaître. N’ayant plus d’animaux natifs à chasser les premiers européens ont retiré les pierres de l’édifice néozélandais à leur manière. Ils ont fait venir leur gibier local. Lapins, cerfs ou bernaches du Canada ont privé les takahés comme bien d’autres herbivores de leur nourriture. Pour les contrôler les occidentaux ont importé des hermines qui ont à leur tour fait disparaître un grand nombre d’oiseaux et continuent à gravement menacer les survivants. Après la chute des ventes de fourrure de nombreux phalangers renards ont été libérés de leurs élevages causant des dégâts inimaginables aux forêts natives. Gravement menacé dans son pays d’origine, ce marsupial est aujourd’hui l’ennemi numéro un des néozélandais faisant disparaître chaque nuit 20 000 tonnes de végétation néozélandaise. Pour lutter contre le mal du pays, les européens ont fait venir de chez eux de nombreux oiseaux, porteurs de maladies auxquelles certaines espèces locales n’ont pas survécu. Devenus rarissimes de part la mode anglaise qui consistait à porter leurs plumes sur son chapeau, les musées du monde entier ont massacré les derniers huias dimorphes pour les ajouter à leurs collections. Vous pouvez allez les observer, empaillés, dans la galerie des espèces éteintes du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris tandis que j’attends désespérément assis dans leur forêt natale que les derniers oiseaux endémique de Nouvelle-Zélande viennent se prendre dans mes filets… (Allez hop! Tout le monde va se chercher une corde!)

En parlant d’oiseaux introduits, les derniers volatiles capturés n’avaient pas l’air particulièrement en règle. Un jeune pinson des arbres, que David persiste à considérer comme une femelle adulte, et… Un poussin de dindon! Comme bon nombre d’animaux de ferme introduits, des dindons se sont échappés dans la nature et se sont mis à proliférer à l’abri des renards. Après avoir subtilisé à une mère en colère un de ses poussins, David lui fait son bilan de santé sur le capot de sa Toyota.

Médecins sans frontières.

Si on attrape un adulte, on s’est tous mis d’accord pour lui faire un bilan plus approfondi.

Les zostérops à dos gris également fait leur apparition dans les filets et Ciloo à pu se faire la main sur un oiseau qui, à défaut d’être endémique, est natif du pays. (Nananèreuh!)

Cécile baguant le zostérops A176539.

Comme toujours on ne fait pas que bosser et l’absence d’emplumés nous incite à nous occuper de différentes manières. Baignades et parties de cartes font également partie du quotidien.

Les jeux à boire avec du pinard saymal...

28 février

Pas trop de nouveautés ces jours-ci, un oiseau par jour, la première série de capture de moustique finie et on déplace les pièges demain, Cécile apprend à conduire à gauche, le festival « pinard et bouffe » d’à coté et annulé pour cause d’alerte au tsunami… La routine quoi.

Ça roule.

Ciloo et un riphidure récalcitrant.

Soyons fous, amusons nous!

1. Comment s’appelle l’actuel président de la Nouvelle-Zélande?

2. 0+0=?

3. Qui est Old blue?

4. Combien de fois le poids d’un enfant, Rémi?

5. Quel est le nom maori du moustique?

6. Si j’étais pas là vous seriez vous?

7. À quelle température le dioxyde de carbone se solidifie-t-il sous pression atmosphérique?

8. Quel est le diamètre d’une bague de méliphage carilloneur mâle adulte lorsqu’elle est fermée?

9. Quelle taille fait mon cheveu (sachant qu'une pièce de 1$ fait 0,897 pouce de diamètre)?

10. Donnez moi une recette pour le dindon.

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Tui light.

Nous avons rejoint David hier dans la maison que lui prête le Waharau Regional Park.

 

Raaah la terrasse est exposée plein Est, on se prend le soleil dans la figure tous les matins!

David étudie une forme aviaire ancestrale de la malaria et la fréquence de populations des moustiques responsables de cette transmission selon leur éloignement de la lisière du bush. J’entends déjà les sceptiques me demander « à quoi ça sert? ». Et bien figurez vous que si la transmission de cette maladie est moins importante lorsqu’on s’enfonce dans la forêt, on peut en conclure que plus une forêt est vaste plus on y trouvera d’oiseaux sains. Cette conclusion anodine permet de justifier la protection de boisements étendus, surtout lorsqu’on sait que de nombreux oiseaux endémiques ont vu leurs populations diminuer à la suite des complications qu’entraine cette maladie.

David cherche avant tout à savoir quelles sont les espèces de moustiques présentes dans le bush étudier et leur distribution dans la forêt, le contribuable néo-zélandais serait ravi de savoir dans quoi par une partie de son pognon…

 

Noooooo, Edwaaaaard!

David a placé deux pièges dans la canopée et deux autres à un mètre du sol en lisière du bush et le même nombre plus profondément dans la forêt. Les pièges consistent en des dispersoirs emplis de dioxyde de carbone à l’état solide. Le CO2 gazeux qui s’en dégage attire les moustiques qui sont ensuite aspirés dans un filet par un petit ventilateur. Le ventilateur permet aussi de compenser l’effet de serre produit par le dégagement de dioxyde de carbone mais sur ce point je pense que David se fout de ma gueule…

 

Si David porte des gants aussi sexy c'est parce que pour obtenir du CO2 à l'état solide il doit être très, très froid.

Donc une partie de notre boulot est d’aider David à remplir ses pièges de CO2 tous les soirs et à récupérer les moustiques tous les matins mais ce n’est qu’optionnel et la raison principale de notre venue sera mise en application demain.

En attendant nous profitons de la proximité de Miranda pour flâner sur la côte des oiseaux. La région accueille de nombreux migrateurs venus parfois de très loin pour échapper aux rigoureux hivers de l’hémisphère nord. Comme quoi y a pas que nous!

 

De retour derrière la longue-vue.

L’oiseau le plus représenté est sans conteste la barge rousse qui descend sans escales de l’Alaska! De nombreux bécasseaux maubèches se mêlent à la horde.

 

Barges rousses et bécasseaux maubèches.

De nombreuse autres espèces d’oiseaux utilisent les bancs de coquillages et les berges boueuses pour nicher ou se restaurer. Huitriers pies et variables, échasses blanches, mouettes argentées et de Buller, sternes caspiennes et taras sont également très présents, tout comme l’étonnant pluvier anarhynque. Ce petit oiseau endémique est le seul au monde à avoir un bec incurvé sur le coté!

 

Ne mets pas ton bec sur les portes : tu risques de te faire pincer très fort!

Moins nombreux, nous avons également eut la chance d’observer des bécasseaux cocorlis, à col roux et à queue pointue, des pluviers fauves, roux et à double colliers, une sterne naine et des spatules royales (spécialement dédicacées à Cathy!).

 

Elles étaient loin je n'ai pas pu prendre une belle photo...

 

23 janvier

Lorsqu’un moustique est vecteur de la maladie qu’étudie David, les protozoaires responsables se reproduisent en lui et envoient leurs rejetons en vacances dans ses glandes salivaires avant d’être injectés dans la prochaine cible de l’insecte (en gros). Or comme il n’est pas très facile d’étudier les molards de moustiques morts, notre jeune chercheur doit trouver un autre moyen pour détecter la présence de la maladie. Et c’est là que Cécile et moi même intervenons.

 

Baguer!

Plus facile à prélever que la bave de diptère, David à besoin de notre aide pour attraper les victimes principales des protozoaires: les oiseaux!

On a donc installé huit filets à proximité des quatre pièges à moustiques en lisière de forêt. Lorsqu’un oiseau s’y emmêle, nous le sortons du filet pour l’emmener à la table de baguage. Là l’oiseau est mesuré, pesé et reçoit une bague d’identification. Après quoi David prélève deux goutes de son sang pour y observer la présence ou non des protozoaires qu’il recherche.

 

Dexter s'attaque maintenant aux oiseaux.

Aujourd’hui nous n’avons capturé que trois rhipidures à collier et deux gérygones de Nouvelle-Zélande mais attendons patiemment que le redoutable méliphage tui, terreur des bagueurs, se prenne dans nos filets…

 

Le rhipidure A176536, mon premier oiseau bagué en Nouvelle-Zélande.

 

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Par ci par là.

16 février

Ce matin on se refait un peu de snorkeling (comprendre « se baigner avec masque et tuba ») dans la réserve marine de Goat island. L’île en question est un petit caillou proche de la côte au nord-est d’Auckland. L’îlot est interdit aux visiteurs et sert de refuges à des oiseaux marins menacés, les environs sont une réserve marine dans laquelle il est interdit de pécher ou de faire du bateau. Les poissons et autre créatures marines vivent dans un petit paradis où l’homme ne pénètre qu’en combinaison ou, pour les touristes vaillants, en maillot de bain.

Le nom de l'île vient des chèvres débarquées sur l'île par les premiers européens qui y sont parvenus. Elles ont désormais été exterminées!

Hier on a pu observer deux trois raies aigles sur les fonds sablonneux mais aujourd’hui notre camarade de baignade sera un cormoran varié. On enchaine par la visite du Tāwharanui Regional Park un peu plus au sud. Sous le crachin nous pénétrons dans une forêt débarrassée de ses prédateurs mammaliens immigrés où résonent les chants de très nombreux méliphage carillonneurs.

Il nous hurle dessus à quelques centimètres des oreilles.

L’absence perpétuelle de crainte chez lez oiseaux endémiques me donne une idée sur la facilité avec laquelle la plupart d’entre eux ont été exterminés. Tout-à-coup un kaka apparaît en haut d’un arbre! Oui Greg, un kaka! Un vrai, un gros, qui vole (mal) sans qu’on est à le jeter du troisième étage d’un lycée (sans gants)! Je tiens toutefois à préciser pour tout ceux qui aurait cru lire des propos scatophiles dans l’aparté ci-dessus que, comme chacun sait, « kaka » est le nom maori et anglais du nestor superbe, un perroquet endémique de Nouvelle-Zélande.

Kaka?

La suite de la promenade nous dévoile un miro rubisole ainsi que des mohouas à tête blanche , des oiseaux endémiques qu’il ne nous avait pas encore été donné d’observer.

20 février

« Wake up guys, the helicopter will be here in half an hour! »
On sort de la tente en trombe pour se retrouver au pied d’un barrage embrumé contenant l’immense Upper Mangatawhiri reservoir. Un hélicoptère vient se poser sur notre terrain de camping cinq minute après qu’on ai rangé la tente. Les exercices de Safe and Rescue qui doivent durer toute la journée dans le parc régional de Hūnua Ranges peuvent commencer.

Ils auraient pu amener les croissants...

Au fait qu’est ce qu’on foutait là?
Nous avons rencontré Joanne Mc Phee il y a trois jours à Omaha Beach alors qu’elle cherchait des bénévoles pour éradiquer les prédateurs sur le site de ponte de la troisième plus grande colonie de pluviers roux du pays. Or l’absence de cet oiseau endémique et menacé ce jour là et le fait qu’on ne soit ni nourris ni logés ne nous a pas incité à rester dans la région. Nous sommes donc passés profiter d’un peu de civilisation en stationnant à Auckland avant de repartir chez les boueux à la recherche d’un camping pas trop cher. Du coup après avoir piqué un plongeon sous la cascade d’ Hūnua falls, on s’est retrouvés sur à planter la tente sur une pelouse déserte et gratuite du Hūnua Ranges Regionak Park où nous nous sommes offert six heures d’une belle rando.

Sacrée douche!

Pour nous remettre de nos émotions nous passons la soirée à rêvasser dans la piscine d’eau chaude sulfureuse d’un camping de Miranda.

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Y a pas d’lézard.

3 février

7h45, 15 minutes de retard chez Joanne, notre nouvelle patronne. Aucun lien avec un précédent patron qui m’a employé en Afrique, Joanne est une jeune chercheuse en herpétologie à l’université d’Auckland, sa spécialité: Lampropholis delicata, le scinque arc-en-ciel, une espèce de lézard suspecté d’être invasif. Ce scinque est arrivé récemment d’Australie, sûrement dans les soutes d’un cargo. Son impact sur les espèces natives est encore méconnu et notre jeune herpétologue mène une étude pour savoir si ce petit immigré se contente de combler l’espace laissé vacant par la disparition des scinques endémiques ou bien si il participe à leur raréfaction.

Joanne Peace et son objet d'étude.

L’étude à lieu sur les îles Rangitoto et Motutapu jointes par un isthme qui disparaît à marée haute. Nous sommes hébergés sur Motutapu dans une petite maison prêtée par le Department of Conservation (DOC) que nous partageons avec John. John est employé de nuit à l’éradication des hérissons et autres nuisibles. Assisté par ses deux épagneuls Tui et Bonny, il passe ses nuits dehors à supprimer ces animaux qui sont parfois protégés dans leur pays d’origine mais se sont trop bien adaptés à l’écosystème néo-zélandais au point de devenir le fléau des espèces natives.

Ça me fait bizarre de ne plus voir la tour Eiffel en rentrant chez moi...

Après notre arrivée nous nous attelons directement à la tâche qui nous a amené ici: le « reptile monitoring ». Joanne n’est pas revenue sur les îles depuis un mois, les pièges disposés de pars les îles sont donc pour l’instant inactifs et il nous faut les remettre en fonction. Nous commençons par Rangitoto sur laquelle se trouve six sites abritant chacun quatre pièges et quatre refuges. Les pièges sont des pots de yaourt modèle familial recouvert d’une tôle ondulée et les refuges consistent en deux tôles ondulées placées l’une sur l’autre. Dans les premiers, les lézards qui cherchent à s’abriter sous la tôle tombent dans le pot de yaourt et attendent patiemment qu’on vienne les en sortir. Dans les seconds nous soulevons rapidement les tôles et tentons d’attraper les reptiles qui s’y abritent. Les pièges étant restés fermés jusqu’ici ne contiennent pas encore de lézards et les refuges n’ont rien donné aujourd’hui.

Mise en fonction des pièges.

Mais pièges et refuges ne sont pas nos seuls outils pour étudier la faune herpétologique de l’île. Nous allons également prospecter un peu partout sur les deux îles et lorsque nous voyons un lézard nous sommes invités à hurler « Lizard! » et à nous jeter sur l’animal. Joanne nous suggère même de soulever les cailloux de temps à autres pour augmenter nos chance. Comme je l’ai déjà dit dans un article précédent et en comparaison à Motutapu qui est l’un des plus vieux caillou de Nouvelle-Zélande, Rangitoto est une île issue d’un volcan qui est apparu il y a peu. Je ne sais pas si vous avez déjà foulé le sol d’une île volcanique mais les cailloux c’est pas ce qui manque…

« Lizard! »

La pause gouter à une demi-heure de marche du dernier site me donne l’occasion de repérer notre premier lézard insulaire, un scinque arc-en-ciel qui m’échappe avec une aisance déroutante. Après plusieurs essais infructueux un autre scinque arc-en-ciel sera notre première victime et y laissera d’ailleurs le bout de sa queue.

Notre première capture.

Enfermé dans un sachet, le lézard est mesuré, pesé et sexé. Le bizutage terminé l’animal est sorti de son sachet et tatoué à grand coups de marqueurs gris brillant, il fait maintenant partie du gang!

Je comptabilise quelques autres captures de scinque arc-en-ciel sur la route de Wreck bay où nous nous focalisons sur les Oligosoma suteri qui y abondent.

Mais si, la différence est évidente, l'écaille derrière les yeux est divisé en deux chez tous les scinques natifs (ici un Oligosoma suteri)...

Et pas chez le scinque arc-en-ciel.

Après une journée très active nous rentrons à la maison où Cécile nous mijote une délicieuse ratatouille.

8 février.

Ça y est on a colorié les cinq espèces de lézards de l’île à savoir:

Le rare oligosoma moco que l’on n’a trouvé jusqu’à présent que sur Motutapu. Reconnaissable à ses deux bandes claires sur les flanc, ce lézard diurne est le moins représenté de l’île.

Oligosoma moco.

L’oligosoma suteri que l’on trouve en abondance sur les plages de galets de Wreck bay et Cable bay où il se regroupent sous la laisse de mer. Nocturne, il est le seul lézard natif de Nouvelle-Zélande à pondre des œufs et se reconnaît principalement à son museau allongé et sa peau polie par les galets.

Oligosoma suteri.

Le cyclodina aena est le plus petit lézard natif de Nouvelle-Zélande et se reconnaît à ses doigts courts.

Cyclodina aena.

Le scinque arc-en-ciel a été introduit accidentellement en Nouvelle-Zélande dans les années soixante à bord de cargos en provenance d’Australie. Il pond des œufs, est le plus petit lézard du pays et s’est rapidement répandu à travers l’Île du Nord.

Lampropholis delicata.

Hoplodactylus maculatus est probablement le lézard le plus fréquent du pays. Nocturne, c’est la seule gecko connu sur Motupatu depuis le début de la lutte contre les prédateurs invasifs mais n’a toujours pas été revu sur Rangitoto.

Hoplodactylus maculatus.

Depuis les plages de Motupatu où barbotent les manchots pygmés jusqu’au sommet du Rangitoto où les premiers scinques arc-en-ciel font leur apparition, le cri « Lizard! » résonne plus ou moins fréquemment.

Pfff... Tu parles d'un lieu de travail. Y a même pas le Wifi...

Au fur et à mesure des jours, notre acuité visuelle et nos réflexes se sont de plus en plus adaptés à repérer et capturer les petits reptiles qui se cachent un peu partout, ceux qui nous échappent deviennent de moins en moins nombreux.

Y a pas d'âge pour le tatouage.

N’allez tout de même pas penser qu’on fait que bosser, ce serait mal me connaître. Pauses plages, dressage d’escargots, jonglerie végétale, combat d’algues et autres pitreries font également partie de notre quotidien.

Garlic l'escargot.

Tentative désespérée de protéger de l'assaut des vagues l'unique spécimen connu de...

Scinque de Ciloo!

La bonne chère aussi fait partie du quotidien et je m’en vais de ce pas déguster un bon poulet au curry avant d’entreprendre une recherche nocturne des geckos du bush.

13 février

Cela fait maintenant dix jours que nous patrouillons à la poursuite des lézards et notre mission touche à sa fin. Nous avons pistés les scinques dans les divers recoins des deux îles, relevant toutes traces et indices de leur présence.

La piste est encore fraiche.

Nous avons peinturluré plus d’une centaine de lézards au cours de ce périple et aujourd’hui nous retirons les pièges de Motutapu en attendant notre ferry. L’étude des lézards de ces îles ne reprendra pas avant un an. Hier le nettoyage des sites de capture de Rangitoto nous a permis d’observer plus d’une quarantaine d’œufs déposés par des scinques arc-en-ciel contre l’extérieur d’un seau.

Note pour les débiles: Les scinques ne pondent pas de pièces de 10 cents, je l'ai placé là pour l'échelle.

Ce fût pour nous une expérience très enrichissante qui nous a permis d’explorer un domaine qui nous était encore méconnu, celui de l’herpétologie. Nous y avons fait des rencontres inespérées dans des lieux extraordinaires mais notre ferry va bientôt nous emporter vers d’autres aventures que je me ferais un plaisir de vous raconter.

Joanne empêchant le Rangitoto d'éternuer. Photo prise depuis Motupatu par Ciloo.

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Mangez bio, mangez des hippies!

1er février

Après deux semaines de bons et loyaux services nous quittons ce matin Albany olive press pour continuer à parcourir l’Île au long nuage blanc. Notre départ se fait sous une averse tropicale de mauvaise augure qui n’encourage pas à l’exploration…

Remake néo-zélandais d'un programme télé namibien.

Toutefois la météo s’améliore alors que nous atteignons Okura scenic reserve, un petit bout de forêt protégé le long d’un estuaire cerné de mangroves. Le calme qui résonne autour de nous alors que nous progressons le long du chemin boueux me fait prendre conscience des dégâts immenses qu’à subit cette écosystème depuis l’arrivé des premiers hommes sur l’île. Cette forêt devait, à leur arrivée, laisser entendre les nombreuses mélodies et bruissements indiquant l’abondance de ses habitants à plumes. Mais les hommes ont su faire taire ces témoignages de vie par leur ignorance des fonctionnement complexes de l’écologie et l’importation massive d’espèces nuisibles à un environnement unique et inadapté à la lutte contre ces envahisseurs. Aujourd’hui le silence des animaux disparus est plus assourdissant que ne devait l’être le brouhaha de leur présence et renforce ma détermination à aider à la préservation des espèces qui tentent encore de résister à l’inéluctable.

L'effroyable homme palme!

Une trouée dans la lisière nous permet d’accéder à l’estuaire quasi asséché par la marée basse et Cécile décide de s’y reposer. Pendant ce temps je m’approche de la mince rivière qui coule au milieu des mangroves et tout à coup mes pensées pessimistes s’envolent. Devant moi entre un couple de barge rousse et quelques échasses blanches trottinent deux pluviers roux! Un limicole endémique parmi les oiseaux les plus menacé du pays.

Le pluvier roux, Charadrius obscurus.

Nous continuons notre chemin le long de la rivière en nous arrêtant régulièrement pour observer huîtriers pie, échasses blanches ou aigrette à face blanche ainsi que les pluviers roux, souvent un adulte accompagné d’un jeune. Finalement nous arrivons à un village portuaire sur le bord de mer. Traversant laborieusement la mangrove nous arrivons dans le patelin où nous vient l’idée de retourner à Myna en stop étant donné l’heure tardive et le long et pénible chemin de retour. Le pouce gauche de Ciloo fait autant de merveilles que le droit et en cinq minutes la troisième voiture que l’on aperçoit s’arrête. Un canadien sympa fera un détour pour nous amener devant notre voiture. Après toutes ces émotions, repos bien mérité dans un camping d’Auckland.

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