Lord of the rings

7 mars

Finalement j’ai eu pitié de David et ai décidé de l’aider à nouveau à attraper des oiseaux et des moustiques. Bon l’hébergement à l’œil y est aussi un peu pour quelque chose…

Aujourd’hui c’est le jour de la migration automnale si on en croit les dires du Miranda Shorebirds Center. Pour l’occasion le centre a invité Ken Gosbell, un australien spécialiste du couloir de migration australo-est-asiatique et des limicoles australasiens. Ken est notamment un membre actif d’un organisme réunissant le plus de pays possible concernés par ce couloir de migration en vue d’une meilleur protection des oiseaux qui l’emprunte. Je vais faire synthétique mais l’exposé était très dense et très intéressant.

En Europe la plupart des organismes de protection des oiseaux migrateurs s’inquiète de ce que deviennent leurs protégés au cours de leur hivernation (une bonne partie se fait tirer par des chasseurs français en vacances soit dit en passant). En Australie et en Nouvelle-Zélande le problème est tout autre et ces pays se demandent se qui arrivent à leurs oiseaux alors qu’ils partent se reproduire dans la toundra sibérienne ou en Alaska.

Depuis plusieurs années les limicoles australo-néozélandais tendent à disparaître dramatiquement comme notamment le bécasseau de l’Anadyr qui hiverne au Nord Ouest de l’Australie et se reproduit en Sibérie.

Maintenant un petit topo sur le mystérieux couloir de migration australo-est-asiatique. Près de la moitié de la population humaine mondiale habite cette région allant du Sud de la Nouvelle-Zélande au Nord de la Sibérie et du Bangladesh jusqu’au Japon et couvrant 23 pays. Près de 5 millions d’oiseaux appartenant à plus de 55 espèces emprunte cette voie de migration mais ce nombre diminue d’années en années.

Combien reviendront?

Pourquoi? Les dernières études de suivi de migration ainsi que la bonne vieille pratique du bagage ont aidé à trouver les raisons de ce déclin. Un récepteur GPS a par exemple été posé sur un tournepierre à collier tranquillement en train de s’engraisser sur une côte australienne. Sept jours plus tard l’oiseau de 120 g émettait tranquillement depuis une plage des Philippines sans s’être arrêté en chemin. Après avoir repris son quota de graisse nécessaire il a poursuivi son périple vers la Sibérie où il s’est reproduit avant de redescendre en Australie avec une seule escale sur une île du Pacifique. De leurs coté 30% des bécasseaux de l’Anadyr de la planète, l’immense majorité des très menacés bécasseaux spatules ainsi que la plupart des migrateurs du couloir australo-est-asiatique avait pris l’habitude de faire une halte à Saemangeum sur la côte Ouest de la Corée du Sud pour se nourrir.

De nombreuses barges rousses hivernant à Miranda s'arrête sur les côtes de la mer jaune pour reprendre des forces au cours de leur migration.

La mer jaune située entre la Chine et les Corées (je vous jure que ce n’est pas moi qui ai inventé le nom!) possèdent la plus grande surface de vasières aux monde. Comme leur nom l’indique, les limicoles, principaux migrateurs, se nourrissent essentiellement dans les vasières et la migration devient impossible si les pauses bouffe essentielles à la reprise de carburant pour la route disparaissent. Hors les 400 km2 de vasière de Saemangeum ont été coupé de la mer par un pont de 33 km en 2006 pour préparer la construction d’un mini Dubaï. Résultat plus de marées, plus de coquillages et plus d’oiseaux . Malheureusement contrairement à ce que les autorités ont rétorqué aux cons de hippies qui s’opposaient à la construction du pont, les oiseaux ne sont pas allé plus loin étant donné qu’il n’existe aucun autre endroit au monde semblable à la vasière de Saemangeum et ils ont tout simplement disparu.

Si la vasière de Miranda venait à disparaître les pluviers anarhynques perdrait un site important de nourrissage en prévision de la saison de reproduction.

Et ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres… Toutes les vasières de la mer jaune sont actuellement gravement menacés. Bien sûr en voyant le rassemblement de petits vieux en train de chouiner parce que leurs petits ziozios disparaissent alors que les paysans asiatiques crèvent la dalle on est en droit de se demander ce que ça peut bien nous foutre. Mais la disparition d’espèces implique obligatoirement des bouleversement biologiques souvent nuisible à la planète comme aux êtres humains et je suis pas sûr qu’un village de casinos augmente grandement le niveau de vie des paysans coréens.

J’espère que ça vous a autant passionné que moi sachant que j’ai fais court et que les photos sont protégés par des droits d’auteur. Mais Ken n’est pas venu à Miranda juste pour pleurer, le gourou de la conservation des « migrants » est venu félicité les membres du centre pour leur initiative rare, simple et plus efficaces que tous les colloques imaginables. Sachant que la plupart de leurs barges font halte dans la réserve chinoise de Yalu Jiang le « Miranda Naturalists’ Trust » a signé un partenariat avec leurs homologues chinois pour s’aider mutuellement à protéger les oiseaux qu’ils se partagent. Tout simplement.

Après ça tout le monde est allé se rincer l’oeil sur la plage et David a recruté de jeunes et jolies volontaires pour le prochain week end.

Je sais pas où il a trouvé des jeunes étudiantes dans ce troupeau de vieux retraités.

Pour finir on a déplacé les filets plus profondément dans la forêt. Maintenant que Cécile n’est plus là pour nous embêter on va pouvoir commencer les choses sérieuse et une femelle de miro mésange nous a observé en train d’installer les filets dans lesquels elle se piègera bientôt.

Notre nouveau terrain de jeux.

9 mars

Le baguage a commencé doucement. Hier, alors que deux de nos nouvelles recrues étaient venues nous prêter mains fortes, nous n’avons rien capturé du tout! Toutefois, contrairement au site précédent, les oiseaux étaient présent et les miros mésanges voletaient joyeusement autour de la table de baguage. L’un deux était d’ailleurs déjà bagué, il s’agissait d’une femelle que le DOC a tenté de réintroduire avec d’autres sur l’île de Tiri-tiri Matangi près d’Auckland et qui est revenu à son territoire tout seul comme un grand.

David désespère devant ses filets vides.

Aujourd’hui David a décidé de retenter d’utiliser ses minis hauts parleurs pour diffuser des chants d’oiseaux. Le premier site était saturé de cigales et nous avions déjà presque du mal à nous entendre, mais sur le nouveau site le seul bruit de fond est celui des milliers de guêpes qui parcourent la cime des manukas. Le résultat ne s’est pas fait attendre et une femelle de méliphage carillonneur n’a pas tardé à se prendre au piège. Cette capture est d’autant plus importante que cette espèce est censée avoir disparu du Waharau!

Ça va saigner!

Des dizaines d’autres oiseaux semblait attirés par la musique mais les riphidures se contentaient de slalomer entre les filets, les zostérops rebondissait dessus (véridique, on aurait limite dit que ça les faisait marrer) et les gérygones les traversaient sans même sans soucier…

Et puis David a suggéré de détendre un peu les filets pour gâcher le jeu des zostérops. Résultat seize zostérops d’un coup (et un gérygone)! Ça a peut être l’air de rien comme ça mais baguer et prélever du sang à seize piafs d’affilés à deux c’est du boulot. D’autant plus que le seizième zostérop s’est piégé alors qu’on était en train de cueillir ses potes et si on avait pas fermé les filets après lui on y serait encore…

On devrait leur filer un casse dalle après ça comme pour le don du sang.

Ayant bagué en une matinée plus d’oiseaux qu’au cours des deux dernières semaines nous sommes rentrés joyeux à la maison célébrer ça.

11 mars

Le vent s’est levé et a chassé les nuages, ces deux facteur rendent nos filets beaucoup plus visibles comme le prouve les riphidures qui se perchent dessus.

Hier nous n’avons strictement rien capturé mais ce matin un mâle de miro mésange a reçu une bague toute neuve.

Je n'suis pas un numéro!

Un peu plus tard c’est un mâle de méliphage carillonneur qui n’a pas aimé que les hauts parleurs de David se permettent de le concurrencer sur son propre territoire.

Un anneau pour les identifier tous.

Ce soir c’était le dernier remplissage des pièges à moustiques et sur le retour une ninoxe boubouk peut farouche nous a accompagné en frôlant nos têtes.

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4 Réponses so far »

  1. 1

    Ciloo said,

    GNARF!
    Je pense que je suis serieusement maudite du baguage… a chaque fois que je suis la c’est moyen moyen et puis des que je m’en vais c’est la teuf dans les filets… snif! Mais je m’en fous, moi je bosse dans un des plus beaux endroits du Monde, je suis nourrie logee et les gens sont archi mega cool!!
    Et puis peut etre que ces deux affreux sont debarrasses de mois, amis ce blog s’est aussi debarrasse de toute notion d’orthographe ou de grammaire…!
    Et puis Ninoxe Boubouk toi meme!! Grossier personnage!!

  2. 3

    cyriou said,

    Pfff ta tout copie ds un bouquin ms c tres interressant merci pr le tit cours!!!! la classe
    Et ciloo ta pas encore vu les fjiords c la le plus bel endroit du monde et en plus les gardiens de Hutte c des mechants qui font payer super cher des services basiques bouhhhhhh ils aiment pas les campeurs, on a mm pas le droit de se proteger dans les huttes quand il fait froid…. une honte. Tres belles photos Remi profite bien de tes baguages bisousss


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