Hôtel malaria

Kirli (prononcez Carlaï) et Elizabeth, deux kiwies rencontrées à Miranda, sont venues renforcer nos effectifs ce week-end. Au programme une vingtaine de piafs pour que les débutantes se fassent la main et échanges culturels autours d’un vin néozélandais. Avec David on a fait une entorse à notre régime bières chips habituel et deux joueuses de plus ont permis de passer à des jeux plus intellectuels.

Initiation à la torture des oiseaux.

Jeu à deux.

Jeu à quatre.

Avec David on a aussi eu des discussions intéressantes concernant les parasites responsables de la malaria: les plasmodiums. Et comme je n’ai pas grand chose d’autre à raconter je vais vous faire partager mon savoir tout neuf en essayant d’être le plus simple et concis possible.

Tout commence il y a plusieurs centaines de millions d’années alors que la vie sur Terre se résume à des organismes monocellulaire qui forment une soupe biologique dans les océans tout neuf. Des algues unicellulaires photo-synthétise l’énergie du soleil et le dioxyde de carbone à l’aide de leurs plastides (par exemple le chloroplaste) pour en faire de la nourriture. Certaines d’entre elles vont devenir les symbiotes des premiers animaux, essentiellement des éponges et des coraux.

Or il y a environ 480 millions d’années de nouveaux organismes unicellulaires vont évoluer à partir d’une de ces algues. Certains vont rester symbiotique, comme les dinoflagellés que Ciloo et Marie connaissent bien, et d’autres vont développer une inédite relation avec le monde animal. Chez ces derniers le plastide n’est plus capable de synthétiser de la nourriture à partir de la lumière du soleil ni du dioxyde de carbone. Ne pouvant plus subvenir à leurs propres besoin ni à celui de leur symbiote, ces organismes sont devenus des parasites, donnant naissance entre autres aux plasmodiums. Pour vous situer un peu, à part des éponges, des oursins et quelques invertébrés, il n’y avait à l’époque pas grand chose à parasiter.

Les plasmodiums que David étudie vivent dans les globules rouges des oiseaux et sont facilement observables au microscope.

Partant de là il est tout à fait normal de supposer que le système immunitaire si particulier au règne animal soit apparus après, voir en réponse aux premiers parasites qui existaient déjà depuis longtemps. Les plasmodiums ont donc évolués parallèlement à l’évolution animale, commençant par infecter les cellules d’animaux tout juste bons à chier et manger par le même trou pour ensuite s’attaquer à celles des poissons, reptiles, oiseaux et mammifères. Étudier les plasmodiums d’un oiseau est donc à peu de chose près l’équivalent à s’intéresser aux cousins d’un des plus grand meurtrier des pays chauds: le plasmodium responsable du paludisme.

Et c’est quand même plus classe que de se dire que si mes mains sont pleines de fientes c’est pour vérifier si les piafs du coin ont pas un rhume.

Toi et moi on va sauver le monde mec!

Une anecdote intéressante vécue sur le territoire néozélandais et mettant en scène cette adaptation et coexistence de plusieurs millions d’années entre les plasmodiums et leurs hôtes concerne justement les oiseaux. Dans les années 1870 des « Acclimatisation Societies » avaient pour objectif d’aider les nouveaux colons fraichement débarqués à l’exact opposé de leur continent d’origine à ne pas se sentir trop dépaysés. L’une des idées les plus néfastes fût d’importer des milliers d’oiseaux de plusieurs dizaines d’espèces européennes. Nombre de ces oiseaux étaient porteurs sains de différentes maladies aviaires, supportant très bien après des millénaires de coexistence la présence dans leurs organismes des parasites. Pendant des années les oiseaux locaux ont été protégé de l’infection par l’absence de moustiques capables de transmettre les plasmodiums, mais quand un cargo a importé involontairement une espèce vecteur, les maladies se sont propagés à grande vitesse, décimant les espèces locales non préparées à survivre aux infections.

J'ai le même dans mon jardin, super le dépaysement.

20 mars

Petite grippe irlandaise moi ce matin…

Après avoir participé à la capture d’une centaine d’oiseaux j’ai finalement pris congé de David et de ses amis à plumes.

Un dernier petit shot de méliphage carillonneur pour la route.

Pour fêter ça je suis retourné à Auckland renouer avec la civilisation. De retour dans l’auberge de mon premier soir en Nouvelle-Zélande j’ai rencontré un petit paquet de gens sympas. Bien entendu aucun kiwi dans le lot, mais la plupart des fêtards vivent à Auckland depuis au moins six mois et du coup ils ont une certaine connaissance appréciable du terrain. Après une première tournée des bars néozélandais digne de ce nom j’en suis arrivé à une conclusion irréfutable: les néozélandais n’habitent pas à Auckland.

Et je n’irais pas plus loin aujourd’hui, il faut que je soigne ma veisalgie si je veux être en forme pour le pot de départ d’une française rencontrée hier.

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