Archive for avril, 2010

On prend les mêmes et on recommence.

27 avril

Dans ma quête du travailler moins pour gagner plus j’ai changé de job dans les vignobles. Si je continue à être aussi antipatriotique on va finir par me supprimer mon passeport… Je vous ai brièvement décris dans le dernier article comment les vignes locales sont un plaisir à vendanger et je vous le redis très sincèrement, l’ironie étant un exercice compliqué à l’écrit. Cueillir le raisin sur des vignes de plus d’un mètre vingt de haut dont toutes les feuilles ont été arrachées pour laisser les grappes, pré triées cela va de soi, bien en évidence et toutes à la même hauteur est quasiment aussi difficile que d’aller se servir une bouteille dans les rayons du supermarché. Cependant pour en arriver à ce résultat il a fallu que les vignerons travaillent leurs terrains tout au long de l’année en employant des saisonniers aux multiples et différentes tâches qui transforment une mauvaise herbe en un distributeur à grappes juteuses. Figurez vous que l’un de ces boulots consiste à payer des gens pour se promener dans les vignes et y supprimer les grappes impropres à l’élaboration d’un vin de qualité. Il m’a fallu beaucoup d’effort pour écrire la phrase précédente, je vous prierais de la relire plusieurs fois pour saluer l’effort de la qualification « vin de qualité » à l’encontre du pinard kiwi qui risque de m’attirer les foudres éternelles de Bacchus. Bref à la découverte d’un travail aussi valorisant et enrichissant intellectuellement je m’en suis voulu d’avoir perdu mon temps à cueillir des fruits quand je pouvais me contenter de les jeter par terre. Ma dernière journée de travail a donc consisté en une grosse promenade le sécateur à la main en interrompant le voisin qui s’est mis à chanter du Britney Spears à tue tête à grand coup de grappes pourries…

Vous avez bien entendu, hier était ma dernière journée de travail à Hastings et après une matinée de vendange j’ai fermée pour la dernière fois de ma vie la porte du Sleeping Giant derrière moi.

Bonne nuit sleeping giant...

J’ai repris la route en me redirigeant vers le Boundary Streams où Sarah veut baguer une nouvelle série de xéniques. Vous pensiez être débarrassé des oiseaux hein? Mais cette fois ci Sarah n’est pas venu les mains vides, elle a apporté avec elle une gardienne de hutte du Parc National du Tongariro…

30 avril

Ciloo s’est faite la main sur le plus petit oiseau de Nouvelle-Zélande tandis que j’ai sorti mon premier méliphage tui d’un filet. Son habilité à manier ses longues griffes dans le but souvent atteint de faire le plus de mal possible aux mains qui le manipulent a considérablement joué en la faveur  de sa réputation de pire oiseau à baguer de Nouvelle-Zélande. Celui-ci n’était pas trop emmêlé et une seule griffe a atteint son but et fait saigner mon petit doigt pendant dix minutes. Ce qui n’est pas suffisant pour me faire oublier ma dernière rencontre avec une perruche…

Devinez qui est de retour dans les filets?

Pour le reste c’est la routine, on se promène le filet à l’épaule dans une forêt magnifique en compagnie des miros rubisoles. On capture deux trois xéniques à chaque arrêt en écoutant brailler les faucons. J’ai déjà oublié à quoi ressemble un pommier…

Ça c'est ce que j'appelle de la cueillette!

Allez zou! En route vers de nouvelles aventures!

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Monde de m.

21 avril

Après nous être un peu renseignés, Tim et moi même nous sommes rendus compte que le boulot qu’on a trouvé est certainement le plus nul disponible. La paye est vraiment minable comparée au travail qu’on nous demande. Pour le même boulot les autres saisonniers de l’auberge gagnent deux fois plus de sous… Du coup on a démissionné aujourd’hui en espérant trouver quelque chose de plus correct. La plupart des saisonniers de Shiloh orchard nous ont approuvé mais quand on leur demande pourquoi il ne font pas comme nous ils répondent qu’ils ont trop peur de ne pas trouver de travail. Bien entendu il est des choses qui vont me manquer à commencer par l’homme le plus classe du monde: « C’est pas que le boulot est trop dur gamin, c’est juste que t’es mauvais! »

Je fais bien d'arrêter je commençais à avoir des hallucinations...

Du coté de la vie à l’auberge c’est pas trop ça non plus. Samedi dernier il y avait plus de monde devant la télé de l’auberge que dans n’importe quel bars. Malgré mon aversion naturelle pour mes compatriotes lorsque je suis à l’étranger je dois admettre que c’est une fois de plus en compagnie des français qu’on s’amuse le plus…

L'ambiance à la française!

25 avril

Je continue à travailler pour l’ennemi, je participe maintenant à l’élaboration d’un pinard qui n’est même pas prêt d’arriver à la cheville de la pire piquette française.

Autant les pommes c’était super, autant les vendanges néozélandaises c’est nul.

Déjà les collègues manquent d’un sérieux certain. Pas plus tard qu’à la fin de ma première journée de travail je suis invité à boire la moitié de ma paye dans les bars du coin. Du fait qu’on soit payé à l’heure et non plus au rendement fait que l’ambiance manque de cette compétition haineuse qui rendait la cueillette de chaque pomme si palpitante. Personne ne se soucie plus de couver d’attention la seule pomme de sa rangée qui ne soit ni verte ni bouffée par les vers. Toutes les grappes sont bonnes à récolter et on les jette en vrac dans des bennes sans même s’inquiéter de savoir si elle vont avoir un vilain bleu. Lamentable. Les vignes sont également à elles seules sujettes aux lamentations. Où sont passés mes ceps beaujolais qui ne dépassent pas les cinquante centimètres? Où est passé le plaisir de chercher à travers un feuillage dense les grappes qui vont jusqu’à ce cacher à moitié sous terre? Les vignes néozélandaises sont travaillées toutes l’année pour qu’à la période des vendanges toutes les grappes soient parfaitement alignées à hauteur de vendangeur. Je n’ai même pas l’impression d’être véritablement un vendangeur, mes mains sont indemnes de toutes coupures de sécateur et mon dos ne s’est toujours pas plaint de quoi que ce soit! J’ai même appris que mon salaire allait être augmenté parce qu’on est en vacances! Vous vous rendez comptes? Je travaille pendant les vacances!

Les vendanges debout c'est pas des vendanges!

Quand à l’ambiance au backpacker, ça commence à devenir pas mal animé, plus moyen de rester tranquillement devant la télé! Je ne me suis pas couché avant une heure du matin au cours des trois dernières soirées et à l’heure où j’écris il y a des vendangeurs ivres morts qui gémissent aux quatre coins de l’auberge…

Comme dirait Georges:

Monde de merde...

Un petit truc marrant en Nouvelle-Zélande c’est que les questions débiles pour animer les apéros ne se trouvent pas dans les emballages d’apéricubes mais sous les capsules de bières. Voici un échantillon d’un des nombreux quizz Tui des dernières soirées, il est impératif d’avoir bu une bière pour chaque question avant de tenter de répondre au quizz!

  1. Le chocolat cause-t-il de l’acné?
  2. Quel âge ont les parents les plus jeunes du monde?
  3. Dans quelle ville est né Russel Crowe?
  4. Quel est l’épice le plus populaire au monde?
  5. Quel groupe célèbre s’appelait auparavant « Feedback »?
  6. Dans quelle ville vivent les Simpsons?
  7. Quel est le prénom de MacGyver?
  8. Quel oiseau pond le plus gros œuf en comparaison de la taille de son corps?
  9. De quoi est mort le propriétaire de la Marlboro Cigarette Company?
  10. En quelle année Sir Edmund Hillary a atteint le sommet du Mont Everest?
  11. Quel construction néozélandaise est plus haute que la Tour Eiffel?
  12. Combien de temps dure l’orgasme des cochons?

Pack man ne devrait pas danser sur les chaises après un quizz Tui...

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Ils nous volent not’travail!

14 avril

C’est bien gentil tout ça mais il est temps de gagner un petit peu de sous! Finis le remplissage de cerveau passons par le remplissage de porte-feuille.

Par conséquent retour au Sleeping Giant à Hastings en compagnie de Léa pour y trouver un des nombreux jobs saisonniers des alentours. J’en ai trouvé un assez rapidement pour ceuillir les pommes chez Shiloh orchard. Et bien figurez vous que ceuillir des pommes c’est trop bien!

Déjà on rencontre plein de gens sympa comme Georges:

« Touches pas à cette pomme gamin! Elle est de mon coté de l’arbre gamin! De ce coté de l’arbre je suis le seul à avoir le droit de cueillir gamin! T’avises pas de me voler gamin! Si tu t’approches encore une fois de mes pommes gamin je te casse la gueule! » Et Georges de continuer sa rangée en laissant sa pomme trop haute pour qu’il l’atteigne… Sacré Georges.

Le patron est sympa aussi, voyant que deux nouveaux avaient placé un peu trop de pommes vertes dans leur première benne il les a laissé rentrer chez eux pour soigner leur daltonisme. De mon coté je travaille avec Tim, un hollandais, et on a déjà un avertissement parce que les pommes de notre dernière benne étaient trop cabossées.

Le boulot est assez simple, on enchaine des rangées d’une trentaine d’arbre avec un immense escabeau sur l’épaule à la recherche des quelques rares pommes qui ne sont pas bouffées par les vers, les étourneaux ou des champignons bizarres. La voisine nous rappelle qu’elle n’a pas passée plus de quatre mois à l’hôpital pour soigner la jambe qu’elle s’est cassée la dernière fois qu’elle est tombée de son escabeau. Elle boitille un peu maintenant mais elle remplis toujours plus de bennes que nous.

Et puis on travaille dans un endroit magnifique, des pommiers à perte de vue, le bruit des tracteurs en permanence et l’un des climat les plus ensoleillé du pays!

Malgré tous ces avantages je ne peux pas cacher que si je fais ça tous les jours c’est aussi pour l’argent. En une journée je remplis en moyenne deux bennes et demi qui me rapportent chacune 15€! Moins de cinq euros de l’heure en gros mais bon en deux jours je rembourse mon hébergement pour la semaine au backpacker. Reste plus qu’à ramasser assez de pommes pour mes pâtes…

Tim dans les pommes.

Le poker du soir au Sleeping Giant.

Un petit truc qui m’a bien fait rigoler c’est que les pommes que je cueille sont exportés vers la France! Du coup non seulement je vole leur travail aux kiwis qui pourraient faire ce boulot au combien gratifiant, mais je le vole également aux français qui pourraient faire pousser leurs propres pommes chez eux! Mais comme je suis Français, est ce que je me vole mon travail?

17 avril

Malgré l’absence de serpents dans le pays je continue à jouer à Ève au milieu des pommiers. J’ai mis quelques couches par dessus la feuille de vigne, les matinées commencent à se rafraichir…

On continue à empocher tout juste assez pour payer le billard du soir en discutant avec Georges de la propriété et du vol.

« Lorsque t’as arraché la pomme la branche s’est redressée de mon coté de l’arbre gamin. Par conséquent cette pomme a poussé de mon coté de l’arbre gamin. Rend moi ma pomme gamin ou je te casse la gueule! » Pas très marxiste le Georges…

L'équivalent d'un pack de bières et d'un paquet de clopes, mais comme je ne fume pas je peux m'acheter deux packs!

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Xéniques amères…

8 avril

Un petit miro mésange sautille avec agitation en exhibant fièrement la grosse araignée qu’il vient d’attraper. Il cherche sûrement à me supplier d’ouvrir la fenêtre pour lui permettre d’échapper à la pluie qui tombe quasiment sans discontinuer depuis trois jours sur la réserve de Boundary Streams. Je suis hébergé dans un petit chalet tout confort pour aider Sarah Withers à étudier un petit oiseau endémique, le xénique grimpeur. Allez vu que vous vous ennuyiez ferme derrière vos PC et qu’à vrais dire je n’ai pas grand chose d’autre à faire je vais combler votre soif de détails.

Tout d’abord Boundary Streams. Cette réserve est ce que le DOC appelle une « mainland island », un bout de forêt primaire que le gouvernement tente de préserver au milieu d’un environnement agricole dominé par les plantations diverses et les espèces invasives. Mon « îlot » est situé entre la Bay of Plenty et Hawke’s Bay, deux régions où l’activité agricole est très présente. Une fois encore je me retrouve perdu au milieu de nul part et l’accès à la réserve se fait par une longue piste de graviers tout sauf rassurante.

Mais l’isolation est peut être pour beaucoup dans la richesse écologique de la réserve. Bien entendu le premier animal que j’ai pu observer est le lapin de garenne, du stade de lapereau à celui de squelette. Leur abondance m’amène même à me demander si certain terrier ne débouche pas dans le parc de Bercy… Au milieu des lagomorphes (Et non ce ne sont pas des rongeurs! On en apprend tous les jours hein?) se prélassaient tranquillement un inquiétant nombre de chats harets. Devant une telle profusion d’immigrants je me suis demandé où j’allais bien pouvoir trouver du néozélandais pur souche. Un faucon de Nouvelle-Zélande est venu me rassurer et me rappeler que les félins n’étaient pas les seuls responsables de la mort des non-rongeurs fornicateurs.

Si le dernier super prédateur endémique de Nouvelle-Zélande prospère ici il est fort probable que la réserve mérite son statut de refuge à glaucopes, kiwis et perroquets (Kaka!). L’abondance de miros, mohouas, et xéniques a même réussi à me faire oublier la pluie torrentielle qui s’abattait sur une route ne méritant déjà pas cette appellation.

Maintenant les gens et pour commencer Sarah. Sarah est une étudiante kiwie de l’université d’Auckland qui s’est spécialisée dans les xéniques grimpeurs. C’est elle qui les a notament réintroduits sur Tiritiri Matangi. J’ai eu vent de son besoin d’aide à la réserve de Boundary Streams par David. Le xénique a un comportement de nidification très particulier et Sarah cherche à en connaître le plus de ficelles. Cinq autres personnes travaillent dans la réserve en permanence à des missions toutes plus intéressantes les unes que les autres et deux volontaires sont actuellement là pour les dépanner.

Pour finir le xénique grimpeur, acanthisitta chloris. Je sais ce blog manque affreusement de guépards, de léopards ou autres rhinos. Malgré ma pilosité ça manque de poils! (et de filles à poils Kyko, on est d’accord) Désolé mais je fais ce que je peux avec ce que j’ai et je vous assure que je me démène pour pouvoir écrire un jour un article sur les otaries à fourrure…

Revenons en à mes plumes. Le xénique grimpeur fait partie d’une famille endémique au pays au long nuage blanc dont deux des quatre espèces ont d’ores et déjà disparues du fait de la présence humaine. Un petit aparté intéressant concerne le xénique de Stephens qui vivait sur l’île du même nom. Cette oiseau présente la particularité d’avoir été découvert et exterminé au cours de la même année 1894. Le seul passereau au monde à n’avoir, à notre connaissance, jamais été capable de voler trottinait en grand nombre sur l’île quand vint s’y installer le gardien de phare David Lyall. Un spécimen rapporté par son chat fit le voyage jusqu’à Londre où il fut savamment nommé traversia lyalli. Nom qui désigna un oiseau qui ne le porta jamais de son vivant, l’espèce ayant été décimé en moins d’un an par un seul matou… Mon xénique est fort heureusement capable de voler et gère plutôt bien les prédateurs. Malheureusement sur l’Île du Nord son territoire se morcelle et le plus petit oiseau de Nouvelle-Zélande tend à avoir quelques difficultés à voyager à travers les immenses champs qui divisent son aire de répartition. Les environnementalistes sont également perplexes quand à sa façons de s’occuper de ses petits ce qui rend sa réintroduction assez hasardeuse… Le xénique grimpeur fait partie de ces oiseaux étranges qui abondent en Nouvelle-Zélande et dont les premiers petits de l’année aident leurs parents à s’occuper des seconds. Jusqu’ici rien de trop problématique mais de récentes études ont montré que certains mâles trouvaient amusant de s’occuper des petits de plusieurs couples qui ne leurs sont apparemment nullement liés. Vous me direz « un mâle ça sert à rien c’est même pas foutu de pondre un œuf, il fait ce qu’il veut ». Passe encore sauf que plus récemment encore un scientifique a observé une femelle qui préférait aider une de ses copine à s’occuper de ses marmots plutôt que d’avoir à en faire. Question: Que se passerait il si Sarah avait transféré sur Tiritiri Matangi uniquement de gentils babysitteurs incapables de sauter le pas?

11 avril

À vos marques...

La capture du xénique est un peu hors du commun, bien que pour la plupart d’entre vous capturer des oiseaux ne doit pas être forcément habituel. Le petit bestiau est très territorial et les oiseaux d’un même groupe s’éloignent rarement de chez eux. Du coup impossible de poser les filets dans un coin et de passer la journée à attendre que tous les xéniques de la réserve s’y piègent.

Prêts...

La journée commence donc par une promenade le filet sur l’épaule à l’écoute des miniscules oiseaux. Une fois un groupe repéré on place le filet à proximité, on en rajoute un par dessus histoire d’être sûr et on dépose un haut-parleur jouant un morceau de Xénico Pavarotti au milieu du tout. En quelques minutes la plupart du clan est piégée.

Partez!

On les affuble alors tous d’une bague métallique gravé d’un code unique et d’une combinaison de bagues de couleur qui permettront de les identifier sans avoir à les recapturer. Sarah prélève également quelques plumes et du sang pour une analyse ADN qui lui permettra d’étudier les variations génétiques entre les différentes populations qu’elle étudie. On remballe ensuite le matériel pour partir à la recherche du prochain territoire, généralement cent mètres plus loin…

Sarah et son minuscule objet d'étude.

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No alcohol sale on good Friday and easter Sunday.

5 avril

Ceux qui n’ont pas la chance de la connaître se souviendront de son passage éclair dans l’article « Elle dit qu’elle partira ». Et oui, mon chemin a de nouveaux croisé celui de Léa et nous avons passé le week-end de Pâques ensemble au Sleeping Giant backpacker à Hastings. Un hébergement à la mode auberge espagnole peuplé par une tribu de travailleurs saisonniers venant des quatre coins du globe. Cette maison, que rien ne distingue des autres constituants ce quartier résidentiel hormis un petit écriteau, est tenu par Jason. Il se contente de faire un peu de ménage tous les jours et aide ses locataires à trouver des petits boulots mais il n’y a pas de réception à proprement parler. J’ai même pu attendre le lendemain de mon arrivée pour payer ma première nuit. Au programme du week-end visite d’une colonie de fous austraux, parties de cartes, baignades, foot, pêche infructueuse et barbecue.

 

Deux fous devant une colonie d'oiseaux marins quelconques.

  

Les poissons du Pacifique se font désirer...

Tarzann!

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