Archive for mai, 2010

Home sweet home.

30 mai

Six heure du matin. Je m’extirpe péniblement de mon plumard pour jeter un coup d’œil au temps qu’il fait par la fenêtre du Lodge in the City. Après une semaine de pluie continue j’en viens quand même à maudire le soleil qui m’empêche d’avoir une bonne excuse pour rester au lit à soigner ma veisalgie. Je laisse moisir dans le dortoir mes quatre compagnons d’aventure et me dirige vers l’abri de bus le plus proche. On est dimanche, pas de bus avant une bonne heure, je presse le pas dans le froid en direction du cimetière de Karori.

Vous n’avez pas tout suivi? Je reprend depuis le début!

Tout d’abord la météo. Le climat est certainement une part importante de l’identité culturelle Wellingtonienne (Si ça existe!). Lorsqu’on parcourt pour la première fois les rues de la capitale, on remarque que les trottoirs sont tous couverts, comme dans les vieux villages du désert californien. Seulement ici la chaussée mouillée en permanence laisse à penser que le but n’est pas de nous protéger des coups de soleil. À Welly il pleut tout le temps. Attention ne vous méprenez pas, je n’ai pas dit toute la journée. Il pleut au moins une fois par jour, juste assez pour que le sol reste humide en permanence. Une autre composante de la météo du coin est le vent. Pas forcément très puissant mais toujours présent. Cette semaine les deux ingrédients ont donné naissance à une recette particulière. Il a plu à l’horizontal et en continu, ce qui a eu un effet des plus néfastes sur le moral des troupes…

Venons en à ma veisalgie. Hier on a fêté les trente ans de Dan. Vous ne connaissez pas Dan? Nous non plus mais il fêtait ses trente ans hier dans sa petite maison en bordure du centre ville. À première vue on pensait pas trop arriver à s’amuser dans ce pavillon peuplé de kiwis trentenaires aux allures de faux artistes et nouveaux riches. Fort heureusement Dan a une passion pour les cocktails. Il n’en a pas fallu beaucoup pour que la soirée passe de discussions adultes à quelque chose d’un petit peu plus dans mes cordes. Je passerais très vite sur la femme en ceinte qui me demande si en France aussi on fait des blagues à ses copains avec du caca, je ne suis plus retourné dans cette pièce de la soirée. Sur la terrasse un maori efféminé nous fait l’honneur d’un chant tribal auquel nous répondons par une interprétation a capella de « Marée basse ». Je tombe ensuite sur étudiante autrichienne en langue des signes. Saviez vous que les langues des signes varient d’un pays à l’autre? C’est complètement stupide, « Je n’aime pas travailler » se transforme en autrichien en une incitation aux galipettes! On arrive même à dénicher une étudiante en environnement. Elle vient tout juste de manipuler des kiwis et discutera avec Cécile du plaisir surfait qu’apporte ce genre de rencontre (Moi? Jaloux?). Tout ceci ne répond cependant pas à votre question:

Mais qu'est ce qu'on foutait là?

Pour répondre à cette question il va falloir que je vous parle de mes compagnons d’aventure. Les choses ont plus ou moins évolué en une semaine. Ernesto est le premier à avoir trouvé un boulot de serveur/cuistot en intérim dans un petit resto. Léa a quand à elle obtenu des entretiens pour des petits boulots et des offres d’emplois pour jouer dans des courts métrages érotiques. Contre toute attente elle a rejeté l’offre! Si elle n’y met pas du sien elle n’est pas prête d’avoir un boulot… Cyrielle est « runner » (esclave d’une serveuse) au resto « Le canard » de cinq heure à plus ou moins onze heure. Ayant également obtenu une période d’essai comme « dame frotte-frotte » au YHA (Youth Hostel Association) de neuf heure à trois heure elle hésite encore quand à sa carrière professionnelle… Ciloo fait mumuse sur une radio francophone locale. Les lorraines ont également dégoté une petite collocation pas très loin du centre ville chez Mike, un ami d’un ami de Dan. La boucle est bouclée!

Oui mais le cimetière? Vous n’espériez quand même pas que, sous prétexte d’habiter la capitale, vous alliez être débarrassé des oiseaux! Peter Reese qui bosse au Zoo de Wellington bague régulièrement et m’a demandé de lui filer un petit coup de main ce matin. Et où peut on trouver facilement des oiseaux en ville? Certains arbres dans le cimetière de Karori continuent tardivement à faire des fruits et attirent l’avifaune locale. Du coup on place des filets entre les tombes à proximité des fruitiers!

J'irais baguer sur vos tombes.

Aujourd’hui Peter cherche à poser des bagues de couleur sur les méliphages tui du cimetière. Petit rappel pour tout le monde, un bagueur néozélandais expérimenté m’a un jour annoncé qu’il préfèrerait manipuler une centaine de perruches que de toucher à un tui. Les enfants adhérent à un club naturaliste ont été invité à assister à l’opération. « Ça fait mal? » demandent ils à Peter la larme à l’œil et huit griffes de méliphage dans le doigt. De mon coté pas une goutte de mon sang, qui devait encore contenir des traces des tisanes de la veille, ne sera versé. Un miracle.

Deux personnes pour un oiseau, les méliphages tui sont des frimeurs.

Après ça je déménage vers mon nouveau chez moi. Je partage désormais une chambre avec Martine, une française de trente ans, dans une petite maison à cinq minutes du centre ville. La maison appartient à Cynthia et abritent quatre personne de plus. Sa fille Helen qui ne sait pas à quoi ressemble un sourire, un irlandais et un couple d’étudiant kiwis que je ne vois que brièvement lorsqu’ils sortent furtivement de leurs chambres. Pour relever le niveau sympathie un chat noir qui ronronnent en permanence et miaule quand il est content (et il est souvent content) m’a adopté.

Plus qu’à trouver un boulot.

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Dream team.

16 mai

Quelle ne fut pas ma surprise à notre arrivé à Wellington! Cinq secondes après que je sorte de notre voiture j’entends appeler « Rémi! » dans mon dos. Me retournant j’aperçois Tim (le hollandais du Sleeping Giant, voir l’article « Ils nous volent not’travail! ») tout sourire s’avancer vers moi. Il nous annonce qu’il vient de s’installer au Worldwide backpacker pour chercher du boulot. Or il se trouve que Cécile et moi même avons posé nos bagages au Rosemere backpacker à deux cent mètres du sien avec le même objectif en vue. La Nouvelle-Zélande est décidément très petite.

Mais ce n’est pas tout! Le soir même ce sont Léa et Ernesto (un mexicain du Sleeping Giant) qui nous rejoignent dans notre gîte pour les mêmes raisons! Et ils nous annoncent avoir amené avec eux Kevin (un français de vous savez où) à l’auberge de Tim. Le gang se reforme…

On profite tranquillement des joies de la capitale le week-end lorsque le ferry du dimanche en provenance de l’île du Sud vient ajouter Cyrielle à notre petite troupe. Les choses sérieuses vont pouvoir commencer…

J'en connais au moins deux qui ne seront pas dépaysées par la météo...

23 mai

Après une semaine de recherche de jobs et d’appartements infructueuse, on s’est dit avec Cécile qu’on méritait bien une petite virée à la campagne. On s’est donc rendu au cap Palliser rendre visite à une colonie d’otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande.

Et je fais un scrabble en plaçant le mot « dignité ».

Arrivés à destination nous avons peu de mal à observer les amas de graisse posés ça et là le long de la côte, parfois même très près de la route.

Tire moi la langue j'te dirais rien!.

Pas grand monde en cette saison, la plupart des animaux sont en quête de nourriture pour se préparer à la prochaine saison de reproduction. L’ambiance est donc bien moins nauséabonde et bruyante qu’au cap Cross en Namibie. Une petite piscine naturelle au milieu des rochers suffit quand même bien à mettre l’ambiance. Les derniers jeunes de l’année y batifolent et s’y battent bruyamment.

J'ai trouvé mon bonnet pour l'hiver.

Après une petite virée pour admirer les pinacles de Putangirua on est de retour en ville.

Bizarre autant qu'étrange...

En bon parisien installé depuis une semaine dans une capitale étrangère il est temps pour moi de compter les points. Wellington a-t-elle une chance d’éclipser la ville lumière?

Un bon point est qu’il me paraît dur à Paris de tomber sur un maori dans la rue qui vous paye d’emblée un litre de bière dans un bar juste parce que ça lui fait plaisir. La proximité avec la nature et la mer à aussi de quoi faire plaisir. Les écureuils c’est sympa mais çà vaut pas un joli kaka. Le mighty mighty est également un atout pour la capitale kiwie. Un bar où on trouve une tête de cerf coiffé d’une perruque afro aussi bien qu’une pinte à 3€ ça fait toujours plaisir.

+1 pour le mighty mighty!

Après Welly ça reste un bled! Pas la peine d’espérer voir un jour un métro pour 164 000 péquenots! Du coup le patelin a beau mériter son statut de ville la plus animée de Nouvelle-Zélande ça ne fait toujours que deux rues actives la nuit. Vous imaginez n’avoir le choix qu’entre la rue Oberkampf et Mouffetard? Et puis rentrer chez soi complètement bourré en passant sous la Tour Eiffel ou devant Notre Dame c’est quand même plus rigolo que de se faire arroser par des pelles pour gamins.

La dame de fer peut aller se rhabiller.

Quoi qu’il en soit il manquera toujours quelque chose à cette ville pour qu’elle me plaise autant que Paris, et ce quelque chose c’est vous les copains!

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Oui mais au kiwi.

11 mai

On est de retour au parc national du Tongariro pour une journée consacrée au noble animal emblématique de Nouvelle Zélande (pour le plus grand plaisir de Ghislain)! Alison et Jérôme travaillent sur les kiwis de Mantell d’un des cinq « kiwi sanctuaries » du pays, celui de la Tongariro Forest.

Le kiwi de Mantell est le plus répandu de Nouvelle-Zélande mais il est également l’un des seul dont la population continue inexorablement à diminuer. Ils ne sont présent que sur l’île du Nord. Rats, belettes, hermines et phalangers renards constituent une menace pour les jeunes ou les œufs. Furets, chats ou chien errants, voitures et destruction de l’habitat déciment les oiseaux adultes.

Une autre menace potentielle?

La forêt du Tongariro abritent deux cent kiwis en totale liberté qui font l’objet d’une constante attention. La méthode de gestion d’un sanctuaire à kiwi est toute particulière. Les zones concernées sont très vastes et ne peuvent être semées de pièges ou clôturées par les couteux grillages anti-nuisibles. Tout les cinq ans le sanctuaire est donc bombardé d’appâts empoisonnés au 1080. Ce poison est élaboré à partir de molécules qu’ont développé de nombreux arbres de l’hémisphère Sud en réponse aux mammifères qui menacent leur feuillage. Sa particularité est qu’il n’est pas censé affecter les oiseaux. Par contre du coté des rats, souris, hermines ou autres cerfs c’est l’hécatombe. Les études menées par le DOC ont montré que le taux de survie des jeunes oiseaux qui naissent au cours des deux années qui suivent l’opération est plus que doublé! Cette opération est destinée à aider la majeure partie des kiwis à se reproduire avec succès par eux même, mais certains font l’objet d’un traitement de faveur…

Cécile se prépare à sauver les kiwis!

Alison a équipé une femelle kiwi, Te Maari, d’un émetteur pour pouvoir la localiser à tout moment. Le but est de découvrir qui est le mâle avec lequel elle se reproduit et de l’équiper à son tour d’un émetteur. Les kiwis forment des couples unis pour la vie mais ne partagent pas souvent le même terrier. Cécile a accompagné Alison dans l’espoir que le compagnon de Te Maari se soit décider à partager le gîte qu’elle aura choisi pour la journée. Vous saurez tout de son incroyable journée sur son site car de mon coté j’ai assisté Jérôme pour une toute autre mission…

Une vingtaine de mâles du sanctuaire sont équipés d’émetteurs et les rangers vérifient régulièrement qu’ils vont bien. Les batteries des émetteurs ne fonctionnent que pendant un an et il faut donc les changer régulièrement. Aujourd’hui c’est le tour d’Illy et sa traque m’a fortement rappelé mes longues poursuites à la recherche de mon léopard en Namibie…

Bien plus pratique que les canassons sauvages de Düsternbrook!

Le sanctuaire est immense et pour accéder au territoire d’Illy il nous faudra trois quarts d’heure de quad à travers d’atroces chemins boueux. Mais malgré de longues recherche à travers le domaine du kiwi nous ne capterons pas son signal, l’animal a décidé de passer la journée dans une très bonne cachette!

Je n'ai décidément pas de chance à ce petit jeu...

La journée n’est toutefois pas fini et une autre tâche très importante nous attend.

Il y a une très bonne raison pour que les rangers cherchent à suivre avec précision tous les déplacements des mâles, c’est que chez les kiwis de Mantell c’est monsieur qui couve! Suivant les signaux que nous envoi son émetteur nous atteignons les abords du terrier que Max à choisi pour faire son nid. Un petit coup de lampe à l’intérieur du nid me permet d’apercevoir un gros tas de plûmes à l’air très concentré.

L'antre de la bête.

Le petit gadget accroché à sa patte nous indique que l’œuf en est à son quarante deuxième jour de couvaison. Lorsque les œufs ont été couvés entre cinquante et soixante jours les rangers les prélèvent et continuent l’incubation en couveuse. Cette mesure sert à éviter qu’ils ne soient dévorés par un rat ou abandonnés par le mâle après l’attaque d’une hermine. Les œufs prélevés aux bonnes dates éclosent quasiment tous avec succès, ce qui est loin d’être le cas dans la nature. D’autres poussins sont également prélevés juste après leur éclosion et sont envoyés avec leurs camarades dans des nurseries. Les oiseaux y seront chouchoutés pendant plusieurs mois jusqu’à atteindre une taille « stoatproof » qui leur permettra de se défendre contre les hermines.

L’année à été désastreuse pour le sanctuaire. Un furet a exterminé de nombreux adultes et une hermine a réussi à pénétrer dans la nurserie. En une nuit elle a tué onze des treize petits kiwis issus de la dernière récolte. L’œuf de Max n’en est que plus précieux et il sera récupéré la semaine prochaine, si aucun rat ne passe par là…

13 mai

Après une petite pause culturelle à Palmerston North, on a visité aujourd’hui la réserve de Mont Bruce.

Rien de tel qu'un bar pour se cultiver!

Cette réserve à la particularité d’être l’un des plus réussi centre d’élevage en captivité de la faune locale. De nombreux animaux qui ont vu le jour dans ce centre se reproduisent maintenant en toute liberté sur des îles paradisiaques débarrassées des mammifères. Des espèces extrêmement menacées comme l’échasse noire ou le pluvier de Nouvelle-Zélande sont réintroduits dans la nature depuis les élevages du centre. La partie accessible au publique est constitué d’un petit chemin parsemé de volières ne contenant pas plus de deux oiseaux chacune parmi différentes espèces menacées.

Farouche comme il est il vaut mieux qu'il reste dans sa volière...

Mais le centre possède également une portion de forêt protégé dans laquelle différentes espèces comme les glaucopes cendrés, les kiwis austraux ou les nestors superbes ont été réintroduits. Ces derniers, plus connus sous leur nom maori kaka, sont les stars de la réserve. Pour faciliter leur établissement et leur étude, les responsables de la réintroductions des kakas ont installé des mangeoires dans la réserve. Elles sont remplies tous le jours à quinze heure et des kakas font parfois le déplacement depuis Wellington pour venir s’y goinfrer. Résultat une grosse bousculade de plusieurs dizaines de kakas qui volent dans tous les sens.

L'envol du kaka.

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Remake.

4 mai

La pluie n’est toujours pas tombé sur Tiritiri Matangi depuis Décembre et seule une petite bruine humidifie temporairement les chemins. Les sources d’eau douces se font de plus en plus rares et des oiseaux habituellement discrets comme les glaucopes cendrés n’hésitent plus à s’aventurer dans les abreuvoirs jouxtant le centre d’informations touristiques. (Voir l’article « geeky birds »)

Et oui vous allez remanger du piaf! Cependant mon second séjour sur l’île magique du golfe d’Hauraki à subis quelques modifications fortement appréciables. Je ne travaille plus avec deux geeks qui se demandent quel dinosaure ils aimeraient le moins croiser sur l’île mais avec une jolie jeune fille aux yeux qui brillent à l’apparition de chacune des espèces merveilleuses de l’île. Ciloo la « poisseuse » va d’ailleurs avoir du mal à me faire croire plus longtemps à sa prétendue malchance avec les animaux. En deux jours nous avons pu observer avec facilité glaucopes, ninoxes, kiwis, sphénodons, manchots, mégalures et deux espèces qui m’avaient échappées lors de mon premier séjour. La première est la minuscule et très discrète marouette fuligineuse et la seconde est un oiseau qui vient de gagner de nombreux point dans la course à l’animal le plus ridicule de l’île, le pétrel noir. Cet oiseau marin ne se pose sur la terre ferme que de nuit pour nicher. La saison de reproduction commence tout juste et les nuits de Tiri résonnent des cris amusants des dizaines d’oiseaux pélagiques revenus nettoyer ou creuser les terriers dans lesquels ils vont nicher. Le fait qu’ils se prennent des arbres avec des bruits ridicules en s’imaginant être des oiseaux nocturnes m’aurait presque fait oublier à quel point les manchots sont rigolos.

Il a encore du chemin avant de ressembler à une chouette.

Mais l’animal le plus ridicule de l’île conserve son statut après qu’on en est observé deux s’envoyer en l’air au milieu d’un chemin. Façon de parler bien sûr, je rappelle à tout le monde que les manchots ne peuvent pas voler. Pris sur le vif ils ont vainement tenté de s’enfuir à travers un enchevêtrement inextricable de fougères. Il me semble important d’ajouter que les deux oiseaux marins se trouvaient au beau milieu de l’île, à plus d’une centaine de mètres du niveau de la mer et sept cent mètres de la côte la plus proche…

Si si la famille!

À part ça Cécile a également fait connaissance avec la star de l’île et les petites tâches quotidiennes.

Ciloo faisant couler son bain à Greg.

Je rêve où il est en train de la draguer?

Mais un événement extraordinaire perturbe notre quotidien. Une douzaine de chercheurs et volontaires ont investi l’île pour s’atteler à ce que les néozélandais savent faire mieux que tout le monde. Je vous arrête tout de suite il ne s’agit pas d’un match de rugby avec des takahés comme ballons! Deux des menaces principales pesant sur l’environnement néozélandais sont la présence de mammifères introduits et la déforestation. Pour protéger son patrimoine naturelle, le gouvernement kiwi a mis en œuvre des moyens extraordinaires pour débarrasser un maximum d’îles de leurs nuisibles à fourrures et restaurer leur forêt originelles. L’étape suivante consiste en la réintroduction d’espèces autrefois présentes sur ces îles à partir de régions dans lesquelles elles abondent. Cette opération est appelée translocation. Or cette semaine une centaine de méliphages carillonneurs vont quitter l’île de Tiritiri matangi pour être relâchés vers des milieux où leur espèce a disparue et leur habitat a été restauré. Si ils sont prélevés ici c’est parce qu’ils sont tellement nombreux que les jeunes à venir remplaceront rapidement ceux qui partent et que leur nombre représente une compétition très lourde à l’encontre du méliphage hihi extrêmement menacé.

Pour changer...

Une telle opération exige une organisation minutieuse. Les oiseaux sont capturés avec des filets ou à l’aide de mangeoires aménagées en pièges. Un nombre précis de mâle, de femelles et de juvéniles sont retenus, bagués, mesurés et un échantillon de leur sang est prélevé. Les individus ne pesant pas assez lourd pour survivre au voyage sont relâchés. En attendant que le nombre défini d’oiseaux soit atteint tous ceux qui sont capturés sont placés dans une volière. Kevin Parker et Tim, les deux responsables de l’opération connaissent bien Joanne, David, Leïla et Sarah. Autant dire qu’on est grillés et réquisitionné d’office. Pas de nettoyage de cuves cette semaine, on nous donne un filet et nous voici de corvée de ramassage de méliphages!

Cécile fait la connaissance des perruches et je sors enfin un énorme carpophage sans le laisser lourdement tomber par terre.

Ciloo découvrant la signification du mot « douleur ».

Je commençais à manquer de pigeons.

8 mai

Sans pluie plus de chasse d’eau alors Dave a fait commande de deux ou trois cabinets chimiques en attendant la pluie. Malheureusement nous n’avons pas pu l’aider à les installer ou les nettoyer, nos compétences extraordinaires en matière de capture d’oiseaux ont fait que nous avons été enrôlé pour la semaine par Kevin.

Cécile expérimente la pêche au méliphage.

Après avoir capturé les six derniers mâles manquant sur la commande nous avons été chargé d’aider au nourrissage des oiseaux qui attendaient dans les volières le grand départ qui devait avoir lieu aujourd’hui. Mais un coup de fil à la dernière minute a appris à Kevin que l’un des échantillons de sang contenait des salmonelles. La bactérie étant absente de l’île de Waiheke où certains oiseaux doivent être réintroduits, ils doivent rester en volières pendant cinq jours de plus le temps d’être soignés.

On a quand même continué à aider les rangers pour les taches les plus ingrates.

On devrait être payé pour un travail aussi pénible...

Ceux qu'elle a souvent engueulé lorsqu'ils donnaient du pain aux canards peuvent se venger!

Simon Fordham, un membre de l’équipe de Kevin, nous a également permis d’assister au baguage des pétrels noirs. Pas de mesures, pas de prise de sang ou de plumes, le but et juste de connaître leurs déplacement et leur espérance de vie. Un pétrel bagué alors qu’il était déjà adulte a par exemple été re-capturé quarante ans plus tard en pleine forme! La pratique est douloureuse mais assez simple, Simon parcours la côte de nuit et ramasse les pétrels posés un peu partout. Il pose ensuite une bague sur l’oiseau, une tache de correcteur sur le bec pour ne pas le ré-attraper tout de suite et l’oiseau repart en se dandinant après lui avoir lacéré la main. Les pétrels ont besoin d’une piste d’envol, d’un arbre ou d’une falaise pour décoller ce qui explique à quel point il est facile de les cueillir.

Joli bec...

Les pétrels ont aussi la particularité rigolote d’être attiré par quiconque imite le cri de guerre des amérindiens. Un comportement aussi débile leur a fait gagner de nombreux points dans la course au ridicule. Malheureusement pour eux je viens tout juste d’apprendre qu’il arrivait aux manchots de nicher dans les canalisations d’évacuation d’eau de pluie. Je vous laisse imaginer ce qui arrive à l’œuf ou au poussin à son premier orage…

Taillé pour survivre...

Avec des expériences aussi variées qu’exceptionnelles Tiritiri Matangi restera certainement l’un des plus extraordinaires endroits où j’ai eu la chance de m’arrêter. Peut de haltes ont pu retenir ma soif de vadrouille, Tiri en fait partie et je quitte l’île avec une pointe de nostalgie. Il va falloir assurer pour lui succéder…

Juste pour rigoler!

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