Archive for juillet, 2010

Kapoué!

22 juillet

Martine, ma colocataire, m’a dégoté un petit boulot un peu plus proche de mes habitudes. Elle travaille comme encadrant remplaçant pour des crèches privées de Wellington. En Nouvelle-Zélande l’école n’est obligatoire (et donc gratuite) qu’à partir de l’âge de cinq ans. Les enfants de moins de cinq ans dont les parents ne peuvent pas s’occuper sont donc envoyés dans des crèches privées. Ça ressemble pas mal à de l’animation en école maternelle à Paris avec toutefois quelques innovations… La moitié des enfants portent des couches qu’ils s’empressent de remplir une fois qu’elles sont vidées. Je tiens à signaler que je ne touche pas à ces choses là! Les bénédicités en maori avant le déjeuner. Pas de fonctionnement standardisés, les crèches ressemblent plus à des maisons dans lesquelles on a arrondi les angles des meubles et relâché des machines à caca qu’à des écoles. Les quelques enfants qui savent parler le font dans un anglais qui me rappellent les cours d’anglais de sixième. Dans chaque école on me demande d’apprendre aux enfants des chansons en français. J’essaie de me retenir pour ne pas leur apprendre « Fanchon »…

Martine en Superman.

25 juillet

Gaëtan nous a à nouveau rejoint mais cette fois si avec le « Dude », le van dans lequel Cyrielle et lui ont voyagé jusqu’ici. Avec les deux experts de la pêche en Nouvelle-Zélande on s’est dit qu’on allait peut être pouvoir attraper quelque chose de mangeable. On a emmené Guillaume avec nous à une petite heure de route de Wellington vers une plage qu’on pensait plus propice au gros poissons. Il étaient peut être là mais à part des vagues et des nœuds on a rien attrapé…

Le plaisir de la pêche...

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Il va faire tout noir.

18 juillet

Que ce soit clair et net, un voyage en Nouvelle-Zélande n’est pas complet si on a pas assisté à un match de rugby.

Les néozélandais manquent cruellement d’identité nationale.

L’histoire? Les premiers maoris à s’être réellement installés ne l’ont fait qu’à partir du XIIIème siècle. Les Européens quand à eux ne s’établirent qu’à partir du XVIIIème. Avec une colonisation aussi récente les musés sont un peu vides. La moitié de celui de Wellington est consacré au naufrage d’un ferry et le reste est un ramassis d’anecdotes comme la vie d’un chien errant qui prenait le taxi sur les quais de la capitale…

L’environnement? Je pense que je vous ai déjà assez bassiné avec ça. D’accord les paysages sont magnifiques mais c’est en s’offrant des randonnées dans ce pays qu’on réalise à quel point le chant des oiseaux est agréable. Malgré tout c’est dans le kiwi que les néozélandais ont puisé un début d’identité nationale. Un début.

La culture maintenant? Facile, Peter Jackson! Un réalisateur (talentueux je l’admet) qui a commencé à faire des films avec plus de jus de tomates que d’encre dans son scénario, s’est offert un des chef d’œuvre de la littérature du vingtième siècle et a réactualisé une légende des débuts du cinéma comme fer de lance de la culture kiwie? Imaginez si en parlant de culture française on vous citait Besson avant Voltaire…

Le sport comme identité culturelle? (PhotoCiloo)

Et puis dans les année 1860 les néozélandais ont commencé à se cogner sauvagement dessus en tentant un cent mètre avec un ballon ovale. Se doutaient-ils à l’époque que cette activité deviendrait la principale renommée de leur nation? Bref les kiwis jouent au rugby et ils se débrouillent plutôt bien! Lors de leur premier match international en 1903 les jeunes All Blacks imposent aux Australiens un score de 22 à 3 sur leur propre terrain! La légende est née. Les tout noirs font trembler les sélections du monde entier et amassent plus de victoires que n’importe quel autre équipe. Ils remportent la première coupe du monde en 1987 après une finale les opposant à l’équipe de France (29-9). C’est décidé le rugby deviendra un emblème national. On construit des stades, on adule les joueurs, on joue la carte de l’intégration en performant un haka avant chaque rencontre, juste après avoir fredonné l’hymne nationale. Le haka! Une sorte de danse maorie qui avait pour but d’impressionner ses adversaires juste avant un combat. Un sacré spectacle en soit. Les français sont vulgaires, sales et passent leur temps à s’envoyer en l’air un verre de rouge à la main et la clope au bec, les néozélandais jouent au rugby.

Les All Blacks en 1905.

En ce moment c’est le tournoi Tri Nations, un championnat qui se dispute tous les ans entre les meilleures équipes nationales de l’hémisphère Sud à savoir: Les Australiens (Wallabies), les Sud Africains (Springboks et champions du monde en titre) et les Néozélandais (All Blacks). Hier, les All Blacks ont affronté les Springboks au Westpac Stadium de Wellington. Lors du Tri Nations, chaque équipe s’affrontent à trois reprisess. L’année dernière les Springboks ont dominé les All Blacks au cours des trois matchs. Mais la semaine dernière à Auckland les Kiwis ont mené 31 à 12. Et hier? Attendez la fin de l’article!

Vous me connaissez, je ne suis pas un fan inconditionnel des grands évènements sportifs. Cependant je ne pouvais quand même pas me permettre de rater le match d’hier. Alors j’y suis allé mais pas dans les gradins. Une agence d’intérim m’avait informé d’un manque important de personnel pour encadrer la rencontre. Du coup je me suis fait engagé comme barman dans l’un des huit bars du stade. L’organisation chaotique de l’évènement à fait qu’à mon arrivé sur les lieux je me suis retrouvé sans bar. Ne sachant pas trop quoi faire de moi un employé du stade m’a envoyé dans le carré V.I.P. dans l’espoir que je puisse leur être utile. Le manager du carré m’a confié deux tables pour lesquels je devais être serveur. Détail important le dîner d’hier au carré V.I.P. était un buffet. Cherchez l’erreur. Résultat j’ai assisté au match aux premières loges avec pour seule mission le transfert des assiettes et bouteilles vides en cuisine. L’un des boulots les plus durs de ma vie.

Au fait, les tout noirs ont gagné 31-17! (PhotoCiloo)

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Wof wof

12 juillet

La voiture a eu du mal à passer son contrôle technique mais grâce aux contacts de ma super poprio Myna est de nouveau autorisée à rouler!

J’ai refusé mon poste de ministre c’était trop de responsabilités. Par conséquent j’ai toujours tout mon temps à consacrer au volontariat! Avec Cécile on est retournés donner un coup de main à Peter pour baguer les oiseaux au zoo. Par contre cette fois ci ce n’est pas Cyrielle mais Guillaume, son collègue belge, qui nous a accompagné pour son baptême.

Ciloo et ses stagiaires.

Encore une fois ça a été très sympathique, très mal organisé mais exempt de toute casse. Le « woosh net » est toujours aussi rigolo. Guillaume a posé une bague sur un oiseau qui était déjà bagué mais ça peut arriver à tout le monde. Et puis Peter est passé maitre dans l’art de retirer les bagues en trop. Quoi qu’il en soit heureusement que les canards n’ont pas trois pattes parce qu’avec ces étourdis ils pourraient se noyer sous le poids des bagues…

WOOSH!!!

Aujourd’hui je suis retourné à Zealandia. C’est le début de la saison des amours chez les nestors superbes et ça implique pas mal de boulot…

La forêt du sanctuaire étant très jeune elle ne possède pas assez de vieux arbres pour permettre à tous les nestors de nicher. Du coup le personnel de Zealandia à construit plein de super nichoirs pour résoudre la crise de l’immobilier. Sauf que comme pour la plupart des logements sociaux ils y a des favorisés et quand on est pas père de famille on est condamné à dormir sous les fougères arborescentes… Cette injustice tend à rendre les jeunes oiseaux ou les solitaires un peu hargneux et on assiste à des scènes de vandalisme aux quatre coins du sanctuaire. Les habitations, déjà fragilisées par des jeunes qui saccagent l’intérieur de leur chambre, sont réduites en miettes. Le travaux de restaurations sont tellement monumentaux que le personnel de Zealandia est obligé de faire appel à des entrepreneurs étrangers (c’est moi l’entrepreneur).

Ils sont pas près de revoir leur caution!

Avec Richard on a donc parcouru une bonne partie du sanctuaire pour réparer les dégâts. Certain nestors sont venus observer les nouvelles améliorations apportés aux nichoirs. L’un d’entre eux est d’ailleurs venu mâchouiller un travail laborieux de restauration ayant nécessité une bonne demi heure de travail sous nos yeux.

Si tu voulais un velux il suffisait de le demander...

Tout au long de notre périple ont a également été suivis pas de nombreux miros rubisoles. J’aime décidément beaucoup ces oiseaux peu farouches qui viennent se percher sur nos bottes ou nos casques et rentrent dans les nichoirs à nestors pendant que nous les réparons.

Content...

Pas content!

Pensez à souhaiter un joyeux anniversaire à ma môman c’est aujourd’hui!

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Dix petits nègres.

30 juin

Avec ses deux cents mille hectares l’île de Kapiti fait facilement passer sa petite sœur Tiritiri Matangi pour un récif. Cette île est une légende à elle toute seule pour tous les naturalistes kiwis. Elle a été l’une des premières et reste l’une des plus grandes îles à avoir été débarrassée de ses rats, souris et autres phalangers renards. Son accès au public est très restreint. Pas plus de quatre vingt dix personnes par jours et une quinzaine par nuit, quiconque débarque sur l’île doit être muni d’une autorisation du Department Of Conservation. Pas d’embarcadère ce qui empêche de rejoindre ou de quitter l’île par mauvais temps. Un sentier permettant d’atteindre le sommet de l’île est le seul véritablement autorisé à la circulation du simple quidam. C’est sur ce temple de la conservation que j’accompagne neuf personnes dans le but d’y capturer une soixantaine de perruches de Sparrman qui seront relâchées à Zealandia. Matu et Raewyn, tous deux employés de Zealandia, supervisent l’opération. Six autres volontaires, dont Peter Reese, tous impliqués à différents niveaux dans la conservation de l’Île au long nuage blanc, sont également de la partie. Pour finir votre vadrouilleuse préférée et moi même personnifions la touche d’exotisme.

L'île.

Les premiers oiseaux à avoir été réintroduits sur Kapiti ont été deux râles wekas. Ces oiseaux abondent désormais sur l’île et représentent pour Cécile et moi la grande nouveauté. Incapables de voler comme beaucoup d’oiseaux endémiques à la Nouvelle-Zélande qui se respectent, les wékas sont réputés pour leur cleptomanie. Jusqu’ici leur tableau de chasse comprend un filet dans son sac plastique, une pomme, le paquet de tabac de Ciloo et les gants de Ciloo. Fort heureusement pour la survie des râles de l’île ces deux derniers larcins ont été restitués à leur propriétaire. Par contre un filet à oiseau c’est pas donné…

À moi?

Une petite anecdote intéressante concernant les râles wékas de Kapiti est leur origine. La Nouvelle-Zélande a du mal à faire le point entre ses espèces d’oiseaux et leurs sous espèces. Pour faire simple je vais vous les définir comme suit:

  • Deux espèces différentes présentent d’importantes différences génétiques et leurs hybrides sont stériles.
  • Deux sous-espèces d’une même espèces présentent de faibles différences génétiques et leurs hybrides sont capables de se reproduire.

Toutefois la différence entre certaines sous-espèces est parfois tellement remarquable que les néozélandais attachent une grande importance à la protection de toutes les sous-espèces d’une même espèce. Un exemple célèbre est le glaucope cendré de l’Île du Sud qui a aujourd’hui disparu et qui, bien que de la même espèce que celui de l’Île du Nord, possédaient de très jolies caroncules oranges. Bref revenons en à nos râles. Les premiers à être réintroduits sur Kapiti étaient un couple provenant de l’île Stewart tout au Sud du pays en 1896. Malheureusement la femelle ne survécut pas assez longtemps pour donner une descendance et on alla capturer une autre femelle sur la côte de l’Île du Nord toute proche. Cette femelle était d’une autre sous-espèce mais comme expliqué précédemment leur progéniture n’eut aucun mal à se reproduire et aujourd’hui tous les wékas de l’île sont issus de ce couple. La sous-espèces de râle wéka de l’Île du Nord est aujourd’hui menacé d’extinction mais sa protection pose un problème délicat au Department Of Conservation. Opportunistes et omnivores les râles wékas font partie des seuls rares prédateurs natifs de Nouvelle-Zélande mais souffre tout de même de la présence des mustélidés et des chats. Or peu de sanctuaires affectionnent l’idée de voir des wékas dévorer leurs précieux sphénodons ou autres œufs de kiwis… Ajoutez à ça le fait que les wékas se portent bien sur l’Île du Sud et que le DOC refuse de souiller le génome des wékas de l’Île du Nord avec les hybrides de Kapiti et vous n’aurez aucun mal à deviner ce qui va arriver aux derniers râles wékas de l’Île du Nord…

Bâtard!

Quoi qu’il en soit et pour des raisons inconnues, aucun oiseau introduit ne semble souffrir de la présence importante des râles sur Kapiti. C’est même avec beaucoup de plaisir que nous retrouvons nos chers kiwis d’Owen et leurs copains les manchots pygmés! La bonne humeur est également de mise la journée avec les carpophages qui bombardent comme des débiles dans les filets avant de tout démolir sous leur poids, les nestors superbes qui démontent a peu près tout ce qui peut passer sous leur bec et Cécile qui court après les wékas. Et n’oublions pas non plus la raison qui nous a amené ici: la capture de l’oiseau le plus douloureux que j’ai eu à manipuler, la perruche de Sparrman!

Je ne suis pas sur que lui tirer la langue la rende beaucoup plus sympa...

La capture du monstre commence à peu près comme pour celle des passereaux standards. On trouve un coin sympa, on y tend une série de filets et on range des pochons dans ses poches. Ensuite ça devient un peu plus folklorique. Contrairement à la plupart des oiseaux qui tombent bien gentiment dans les poches du filet ou s’y emmêlent comme il faut, les perruches y restent rarement plus de quelques secondes. Du coup les membre de l’équipe sont tous cachés à intervalles régulières prêt à bondir sur la prochaine perruche qui se prend dans le piège. Autre petit détail amusant, chaque membre de l’équipe s’est vu généreusement offrir des pansements… Pour pimenter le tout les méliphages tui sont plus en forme que jamais et jouent de la griffe avec vigueur…

Et des fusils à seringues hypodermiques?

Mais je ne vais pas non plus trop me plaindre, le plaisir au combien délicieux de les baguer est réservé à Matu.

Et ce n'est que la quinzième...

2 juillet

Les journées ont été plutôt calmes mais nous en sommes déjà à trente cinq perruches! Vingt deux d’entre elles vont d’ailleurs partir pour le sanctuaire dès aujourd’hui. La première étape du voyage consiste à les placer individuellement dans des boites en carton.

Happy Meal!

On embarque ensuite avec les oiseaux à bord du petit bateau qui nous ramène sur la côte.

Est ce que les oiseaux peuvent avoir le mal de mer?

Après un petit trajet en voiture les perruches sont de retour pour la première fois depuis des dizaines d’années dans la région de Wellington! Toutefois les oiseaux devront encore passer trois ou quatre jours dans des volières avant d’être relâchés dans le sanctuaire. Le but est de les habituer à se nourrir sur des grandes plaques rouges qui sont disposées dans les volières. Ces mêmes mangeoires sont réparties un peu partout dans Zealandia dans l’espoir que les perruches restent dans les parages…

Premier coup d'œil sur son nouveau territoire.

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