Vroum vroum!

21 décembre

Pfiou… Les copains le retour au monde extérieur après plus d’un mois d’isolement c’est pas facile. Parce que je vous ai un petit peu négligé je reprends mon récit à la soirée de Noël sur Ulva. Cependant je vous préviens mon appareil photo a pris des vacances et vous aurez plus de texte que d’images!

On a quand même été foutu de trouver un sapin sur Ulva...


Ce n’est pas parce que Noël tombe en été de ce coté du globe qu’on ne respecte pas les traditions. Sapins, cadeaux, gros monsieur Coca-Cola et bonne bouffe sont au rendez-vous. Le petit détail qui choque c’est qu’ici le repas traditionnel de Noël c’est plutôt barbecue… L’intérêt du barbecue du bureau du DOC de l’île Stewart c’est que, comme ils sont chargés de la lutte contre les invasifs, la bouffe est spécialement bonne! Mais non on a pas mangé du chat et du rat petits malins! Des cerfs ont également été introduits sur l’île par les premiers colons et Phred était partit en « contrôler » un ou deux la veille. On s’était tous fait des cadeaux surprises qu’on s’est vu distribué à travers un jeu très rigolo. Earl a écopé d’une boite de nourriture pour chat ce qui a bien fait marrer tout le monde…
Une fois les enfants couchés les packs de bières ont pris une sacrée claque. Déjà habituée des lieux, Eva s’est proposée d’aller en éclaireuse au pub du village pour voir si l’ambiance valait qu’on y étanche notre soif. Elle est revenue cinq minutes plus tard avec un petit monsieur dont je ne me souviens plus du nom mais qui avait une clé à son trousseau qui faisait de lui un demi-dieu. Picoler dans une caserne de pompier c’est déjà inhabituel mais lorsque notre nouveau venu a usé de son outil miracle on a compris que la soirée ne faisait que commencer. Un rideau métallique jusqu’ici passé inaperçu s’éleva vers le plafond révélant devant nos yeux ébahis un bar. Je parle ici d’un vrai bar, pas une contrefaçon comme on pouvait en trouver chez le Jean. Un machin plein d’alcool avec une caisse (pas beaucoup servie) et un service à pression (beaucoup servi). Résultat les quelques péquenots qui trainaient au pub du village nous ont rejoins et je me suis réveillé sur un canapé inconnu au bataillon sur la terrasse d’une maison que je ne pourrais pas retrouver aujourd’hui…
Traverser le détroit de Foveaux c’est déjà très rigolo en temps normal mais après une soirée comme celle ci ça relevait du défi débile à la Jackass. J’ai cependant découvert que fixer les albatros qui planent tranquillement au dessus des creux de quatre mètres calme le mal de mer. Avec l’impression de tanguer encore plus sur la terre ferme que sur le bateau j’ai tenté de faire tenir mon pouce plus ou moins en place sur le bord de la route. Ma première voiture abritait quatre jeunes, bières à la main, l’autre main arborant un majeur tendu, qui me regardèrent avec mépris sans s’arrêter. Je me suis alors demandé si c’était si dur que ça de traverser le détroit à la nage… La seconde voiture transportait trois jeunes blondes hystériques qui me firent de grands signes en hurlant mais ne s’arrêtèrent pas. Après que la passagère arrière ait retiré son haut pour me le jeter à la figure je me suis dit que la journée allait être longue… Mais la troisième voiture fût la bonne. Un étudiant écossais espérait justement trouver un autostoppeur pour l’aider à finir toutes les bières que ses potes avaient abandonné dans son appart’. Appart’ qu’il devait rendre le lendemain. Vous savez ce qu’on dit: « Le mal par le mal ».
Puisque j’étais à Dunedin j’ai décidé de passer voir Melanie. Vous vous souvenez? La tripoteuse de manchots? Ce fut très sympa de la revoir mais elle était porteuse d’assez mauvaises nouvelles. Un manchot a été tué au nid par un chien sans laisse et une bonne partie des poussins sont morts car des idiots faisaient courir leur rotweiler sur la plage, empêchant les parents de nourrir leurs progénitures. Le seul nid de gorfous du Fiordland de la région a été abandonné et un des parents retrouvé mort sur une plage. Mais le pire était à venir. Une semaine plus tôt Melanie était partie pour Kaikoura en compagnie de plusieurs autres employés du Department pour capturer et « taguer » quelques otaries à fourrure. Ce qu’ils trouvèrent à la colonie dépasse l’entendement. Vingt-trois animaux, essentiellement des nouveaux nés, avaient été massacrés sauvagement à coups de battes la nuit précédente… Je ne trouverais sûrement jamais les mots pour commenter un acte gratuit aussi cruel. Toutefois une bonne nouvelle est sortie du lot: La femelle d’éléphant de mer de Nugget Point a donné naissance à un « petit » la nuit suivant mon départ.
Un petit peu fatigué j’ai continué mon errance en direction de Kaikoura pour passer voir Ophélie. Manuel ainsi que tous les autres volontaires avaient repris la route de leurs maisons pour les fêtes. Je vous rassure tout de suite, les cachalots vont bien!

Ainsi que les bébés mouettes!


J’ai pu faire la connaissance d’Ikki, le toutou lunatique d’Ophélie, mais pas vraiment de travail étant donné le vent qui rend la visibilité nulle depuis la colline. J’ai donc poursuivi vers Motueka au cœur de la région la plus ensoleillée de Nouvelle-Zélande. J’ai beau avoir été coupé du monde je savais pouvoir poser ma main sur quelques pioupious si je me donnais la peine de me déplacer. Mes contacts étaient toujours aussi impressionnés par mon aptitude au lancer de vers de farine mais le travail de terrain devait attendre la fin des pluies diluviennes qui inondent la région jusqu’à Noël… Je n’en reviens toujours pas. Je passe plus d’un mois au sec sur une île où il est censé pleuvoir deux cent soixante quinze jours par an et je tombe sur l’une des seule semaine où il pleut sur la région de Tasman. Il n’y a plus de saisons, c’est moi qui vous le dit…
Bref ni une ni deux, voilà mon pouce qui reprend du service. Situation cocasse: « Je peux te déposer? Tu vas où? » « Je ne sais pas, vous allez où vous? ». Et c’est partit pour une petite promenade en direction de Christchurch à bord de la voiture de Justin, le maori de Chambéry (ça ne s’invente pas). Après tout une ville c’est certainement le meilleur endroit où se trouver un jour de pluie et Christchurch, même après avoir été à moitié démolie par un séisme, continue à ressembler à une ville. Le seul problème c’est que le camping sauvage ce n’est pas évident quand il faut deux heures de marche pour trouver un bosquet… Du coup Zou! En route pour les montagnes!
Et Paf! Me voici dans le parc national d’Arthur’s Pass. Ballades magnifiques, hyménolaime bleu et même coups de soleil! Je vous met l’hyménolaime en français juste pour que ceux qui se donnent la peine d’aller chercher ce que peu bien cacher un nom aussi chouette soient super déçus. Hé hé! J’ai même réussi à trouver de la neige pour mon Noël!

Il n'y a pas de raisons que vous soyez les seuls à en profiter!


Et puis les montagnes néozélandaises ne seraient pas les mêmes sans les nestors kéas!

Le clown des montagnes!


Le kéa est à la fois un joyau et une plaie. On dirait que pour contrebalancer la diversité d’oiseaux sous évolués qu’abrite le pays on a fait de cet oiseau un génie. Personne ne comprend encore tout à fait comment fonctionne le cerveau d’un kéa mais tout le monde s’accorde à dire que ça tient de la haute technologie. Ces oiseaux sont capables de résoudre des problèmes très complexes et un grand nombre d’expériences très amusantes ont été mises en place pour déceler les limites de ses capacités. Ajouter à cela une curiosité hors du commun et vous allez commencer à entrevoir le piège. Le kéa est le seul perroquet de montagne et pour pouvoir subvenir à ses besoins il a fait de sa curiosité une nécessité. Tout ce qui se trouve dans le village d’Arthur’s Pass est « keaproof ». Et pour cause! Les nestors kéa défoncent tout se qui peut leur passer sous le bec. Juste comme ça, au cas où, des fois qu’il y ait du miam miam. Vous avez vu le film Gremlins? Et bien il y a de ça. Rien n’est épargné et on m’a fortement conseillé de ne monter ma tente que si je restais aux environs pour la défendre…

Et ton 4x4 c'est un évolution?


Je pourrais vous parler de ces petits numéros pendant un bout de temps mais une anecdote mérite d’être retenue. Les employés du DOC ont remarqué au début de l’été qu’un bon nombre de leurs nouveaux pièges à hermines dans les montagnes s’enclenchaient sans qu’aucun animal ne se prenne dedans. Les supers pièges ayant coûté une petite fortune tout le monde cherchait un responsable pour couvrir les frais. Or un jour un employé observa deux kéas s’approcher d’un piège. L’un deux se saisi d’un bâton et enclencha le piège. Selon le témoin le bruit du piège a eu l’air de bien les faire marrer et les oiseaux sont passés au suivant… Mystère résolu, plus qu’à faire des pièges silencieux pour que les kéas les trouvent moins rigolos. Accessoirement ces pièges sont en partie là pour éviter que les hermines ne dévorent les poussins de perroquet. On a beau être l’un des oiseaux les plus doué de la planète on reste un animal néozélandais.

C'est ça cache toi...


Une autre? Allez c’est bien parce que vous insistez! Deux randonneurs exténués après une longue marche s’effondrent sur les lits d’une hutte de montagne. Il ne faut pas longtemps pour que deux nestors kéa commencent à faire des glissades sur le toit en taule. Rapidement excédé par le boucan l’un des randonneurs frappe la taule violemment avec son bâton de marche. Les glissades s’arrêtent et la tête d’un perroquet, suspendu à la gouttière, apparaît à la fenêtre. Soudain l’un des oiseaux reprend les glissades de plus belle et va même jusqu’à jeter des pierres sur le toit tandis que l’autre continu d’inspecter l’intérieur. Un bisou à celui ou celle qui me trouve l’explication de ce comportement.
Bref après deux nuits bercé par le chant des kiwis et le bruit de la pluie sur ma tente je me suis décidé à partir vers la région la plus chaude du pays. Je quittais ma montagne enneigé pour les trente degrés à l’ombre et les glaces au cassis de Dunedin. Encore une fois le voyage a été semé de personnages hauts en couleurs mais l’un d’entre eux était véritablement une perle. Ancien membre des forces spéciales Sud-Africaine il s’est reconverti dans la défense civile en Irak et Afghanistan. Il est venu en vacance en Nouvelle-Zélande pour passer les brevets de parachutisme. Qu’il possède déjà en Grande-Bretagne et aux États-Unis, sa vision des vacances détentes. Détail important, le seul disque dans la voiture de ce type qui a déjà tué quelques uns de ses semblables et sauvé la vie de nombreux autres passait sans broncher de la Macarena à Pavarotti…

Sur la route je me suis réarrêté au plus intéressant site touristique du pays!


À Dunedin je suis hébergé chez Andre, Philip, Simon et son chat (les connaisseurs apprécieront), rencontrés via le site de couchsurfing. J’avais par ailleurs déjà croisé Andre sur la péninsule de Longpoint lorsque je chassais les nids de manchots antipodes. Il fait parti du Yellow-eyed Penguin Trust qui nous avait filé un coup de main ce jour là. Ce pays est décidément très petit… Outre l’ambiance relax dans un appart’ étudiant caché derrière la brasserie Speight’s, les colocs m’ont également initié au « Dump-diving », littéralement « plongée dans la benne » plus connue sous l’appellation « faire les poubelles ». Je parle ici des bennes des supermarchés, pas de n’importes quelles poubelles. On peut en penser ce qu’on veut moi je me contente de relater les faits. Et les faits sont les suivants: Cette pratique illégale est apparemment très répandue chez les étudiants de la ville et chacun leur tour différents appart’ partent en plongée et partagent le butin. Chaque benne est vidée quotidiennement et ce qui est trouvé chaque nuit ne date jamais plus de quelques heures. Le butin de ce soir était considéré comme maigre par mes compagnons mais représentait déjà près de vingt euros de bonne bouffe. Et c’est là que c’est la plus choquant! Seuls quelques produits laitiers avaient dépassé leur date de péremption d’un ou deux jours! Tout le reste du larcin était encore officiellement bon pour les trois ou quatre prochains jours! Et on sait tous que les dates de péremptions sont généralement exagérés! Bref jus de fruit, yaourts, jambons et saucisses apéro, tous empaquetés dans des petits sachets tout neuf et pour pas un rond, effarant… Andre m’a également raconté qu’un de ses pote avait tenté une expérience amusante. Il était allé faire des courses dans un supermarché mais au lieu de passer à la caisse avait saboté son cadis. Il avait effacé la date de péremption sur tous ses articles et abandonné le cadis dans un coin. Le soir même dans la benne du supermarché un sac poubelle tout neuf contenait l’intégralité de son cadis. Cinquante euros de bouffe gratuite… Le pire est que les colocs m’ont raconté avoir déjà trouvé de la bière dans les bennes! Dans quel monde on vit pour que des gens soient près à jeter de la bonne bière aux ordures quand de pauvres touristes crèvent de soif!
Enfin voilà, vous vouliez des nouvelles en voilà et pour ceux qui s’inquiétaient de mon petit relâchement je leur répond ceci:

Parce que vous ça ne vous arrive jamais de glandouiller peut-être?

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8 Réponses so far »

  1. 1

    cyriou said,

    Ouhh enfin un article ki ne parle pas QUE d’oiseaux!! pendant ton séjour à Stewart je commencait à me dire que t’allais peut-etre faire une thèse sur les oiseaux de l’île et nous sortir une encyclopédie en 5 tomes sur eux.
    Bon alors j’en ai un peu plus appris sur ton avenir voyageur mais comme je sais pas si c’est secret ou pas je dis pas plus ici. En tout cas j’apprends aussi pleins de choses sur nos amis les oiseaux, et moi je leur fait des pikouses, des gavages, jleur prend la temperature… hehe que des choses pas sympa et pas cool!! ms c’est cool je m’eclate et tu serais étonnée a quel point j’ai pu oublier le mot « oui mais… » ou « c’est bien mais… », forcément quand c’est passionnant ca va tout de suite mieux!!
    bon sur ce je te souhaite de bonnes fetes msieur bouclettes, et a la prochaine tonton!

    • 2

      Rémi said,

      J’aurai adoré vous parler d’autres choses sur Ulva mais je passais littéralement mes journées tout seul dans le bush avec mes oiseaux… Ton volontariat m’a effectivement l’air d’avoir été super et ça m’aurait vraiment étonné que tu trouves quelque chose à redire! Joyeuses fêtes Cosette!

  2. 3

    Loïc said,

    le comportement du kea ressemble un peu à celui du Loris non ?

  3. 5

    Maman said,

    Quand on saisit hyménolaime dans Google, ton blog arrive en 5e position ! Bon, c’est vrai, il est décevant, les cols verts du bois de Vincennes sont plus jolis.

    • 6

      Rémi said,

      Ben oui c’est un canard ça fait pas très exotique… Cela dit en dehors de son aspect il est très intéressant et le petit bout de chair au bout du bec c’est rigolo!

  4. 7

    Cathy said,

    Ils ont l’air sympas les Kéas, ont l’air d’aimer la musique… Enfin celles ou que ca fait plein de boum boum pam boum, du bruit quoi. Tu devrais essayer de leur faire passer un petit coup de métal pour voir, peut être qu’ils taperont sur le toit en rythme ? Autre question : savent ils décapsuler une bière ?
    Pour ma part, je commence a plus tenir en place, d’ici peu il va falloir que j’entame une nouvelle migration… Reste plus qu’a choisir la destination !

    • 8

      Rémi said,

      Malheureusement non ils n’ont pas l’oreille musicale et le nom « kéa » vient du cri qui rententit dans les vallées. Pas très mélodieux… Par contre ils décapsulent les bières sans problèmes!
      J’espère que tu trouveras bien vite ton site de migration et que tu nous en feras profiter avec tes jolies photos!


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