Archive for janvier, 2011

Ras l’Bohol!

25 janvier

La Niña continuant a fiche une sacrée pagaille dans la majeure partie du Pacifique Ouest j’ai eu a choisir judicieusement ma destination pour ma dernière semaine aux Philippines. Et en choisissant l’île de Bohol je ne me suis pas trompé. Ce bout de jungle entouré de plage de sable blanc est surtout renommé pour une caractéristique géologique inhabituelle.

Presque du niveau de Moeraki.


On en fait vite le tour et on peut passer à l’autre attraction phare de l’île: les tarsiers.

T'as d'gros yeux tu sais.


Ce petit primate est particulièrement menacé par deux facteurs. La déforestation et le braconnage pour servir d’attraction à touristes. En réponse à ces menaces un sanctuaire a été créé près de la ville de Corella. Avant la création de cette réserve n’importe qui pouvait s’acheter un permis autorisant à laisser crever un tarsier dans une petite cage en réclamant dix pesos aux touristes pour qu’ils puissent se prendre en photo avec. Depuis tous les propriétaires sont censés remettre leurs animaux au sanctuaire pour rejoindre la dizaine de primates du programme de reproduction en captivité. Quasiment personne ne s’est exécuté… Les seuls tarsiers que j’ai vu sont ceux que l’on nous autorise brièvement à observer dans l’enclos de reproduction. Il faut dire que la bestiole, pas plus grosse qu’un point, ne s’active que la nuit et se fait de plus en plus rare. J’ai eu beau chercher pas moyens d’en dénicher un dans la jungle.
C’est au sanctuaire que j’ai fait la connaissance d’OɅbΓA (que vous pouvez appeler Olga), une fleuriste russe qui me proposa de l’accompagner dans son exploration de l’île. Voyager tout seul aux Philippines n’est déjà pas très onéreux mais à deux ça devient vraiment cadeau. C’est donc pour pas un rond que nous avons rencontré un bon paquet de gens super, nous sommes perdus dans la jungle et baignés dans toutes les rivières et sur toutes les plages que nous avons croisées.
Bon et puis maintenant je suis sur le retour alors je vous annonce officiellement la fin de mon débit d’âneries jusqu’à nouvel ordre. Nouvel ordre qui sera comme d’habitude donné aussi tôt que possible dans la section « Où suis-je? ». En attendant si vous voulez des nouvelles vous m’envoyez un petit mail et on s’arrange pour se croiser!
À bientôt les copains!

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Ces pays magiques où le litre de bière coûte moins d’un euro.

4 janvier

Sur les conseils avisés de Manu je suis allé me promener du côté de Sagada dans la province des montagnes. Se déplacer aux Philippines procure déjà un vrai plaisir en soi. Lorsqu’on arrive à Manille on se dit tout de suite que ça ne sert à rien d’espérer louer, acheter ou voler une voiture, on ne pourra pas la conduire. Il a fallu que je quitte la capitale pour être sûr de savoir de quel côté de la route on conduit dans ce pays… De toutes façons avoir son propre véhicule priverait de la joie d’utiliser les transport en commun et notamment les jeepneys.

Le bus magique.

Les jeepneys sont le mélange entre une Jeep et un bus scolaire américain. Le tout customisé par son propriétaire à grands coups de peinture colorée, lumières bariolées et rajouts d’accessoires chromés. Ils effectuent toutes sortes de parcours plus ou moins prédéfinis et sont essentiellement peuplés de philippins. Traverser les nuages perché sur le toit d’un jeepney qui tente à chaque virage de ne pas finir dans les rizières cent mètres plus bas est un vrai bonheur.
Arrivé dans le petit village de Sagada la première activité a envisager est la spéléologie. La région est truffée de grottes, elles même pleines de

poilues!

Je sais, les chauves-souris puent, sont bruyantes, s’accrochent dans les cheveux, sucent le sang, ont fait sauter les deux tours et tué la mère de Bambi,

mais elles sont quand même trop mignonnes!

Alors théoriquement on a pas le droit d’aller dans les grottes sans guides mais théoriquement on a pas le droit de traverser en dehors des clous. Un argument qui peut nous amener très loin… Bref avec Maxime, un québécois rencontré dans ma guesthouse, nous avons décidé de nous passer des services d’un guide local connaissant la région par cœur pour nous aventurer seuls dans un réseau inconnu de rivières souterraines. Le premier constat a été que la brochure proposant des « promenades » dans les grottes se foutait un peu du monde.

Promenade du dimanche.

Avec mon collègue on essayait à chaque fois de s’éclipser lorsqu’il y avait des guides dans les environs par peur des remontrances. Or dans un goulot étroit nous sommes tombés nez à nez avec le guide de deux françaises. Après nous avoir traité de gros cons il a admit être impressionné que l’on soit arrivé aussi loin sans se perdre. Comme il était un peu tard et que les batteries de nos lampes commençaient à faiblir (oui quand je fais les choses mal je le fais bien) nous les avons accompagné jusqu’à la sortie.
L’autre intérêt de la région de Sagada sont les pratiques mortuaires des gens du coin.

Un parfum de cata.

Au lieu d’enterrer ou brûler leurs morts comme partout, les habitants du village les enfermaient dans un tronc de pin évidé qu’ils plaçaient dans des grottes ou bien clouaient sur des falaises. Du coup en explorant à peu près toutes les cavités disponibles je suis tombé sur pas mal de macchabées. Cela dit ces pratiques sont maintenant révolues et tout le monde est gentiment enterré dans le cimetière du village. Tout le monde? Pas vraiment… Le doyen du village, cent neuf ans, décéda peu de jours avant notre arrivé. Étant donné son âge il a eu droit aux honneurs d’un enterrement à l’ancienne. Son cercueil était toutefois plus moderne et, l’homme ayant été chrétien il n’y reposait pas en position fœtale. Le plus invraisemblable est que Maxime et moi ayons été invités à nous joindre à cet événement exceptionnel auquel la plupart des habitants n’avait jamais assisté. Il faut dire qu’après une nuit à enfiler les bouteilles de Gindabra avec Apid, l’apiculteur philippin à l’accent néozélandais, et ses copains dans une petite cabane du village, nous nous étions fait une bonne réputation. Et après avoir joué aux fléchettes dans une autre bicoque la nuit suivante je me suis dirigé vers Banaue.
La région est renommée pour ses impressionnantes rizières en terrasses dont certaines sont classées patrimoine mondial par l’Unesco. Le paysage accidenté des montagnes ne se prête pas aisément à l’agriculture. Or pour pouvoir faire pousser leur aliment de base les premiers habitants de la province élaborèrent ces complexes et impressionnantes terrasses. Il y a de cela deux mille ans, alors qu’aucun être humain n’avait encore posé le pied sur Aotearoa, ils déboisèrent et remodelèrent totalement leur territoire.

Il faut vraiment qu'ils aiment le riz...

Aujourd’hui le tourisme a ses effets pervers. Les jeunes gagnant plus de sous à guider les touristes qu’à travailler dans les rizières négligent leur patrimoine et certaines constructions commencent déjà a ressembler à des ruines. Par « guider », j’entends « marcher devant les touristes sans piper mot ». Ces rizières qui étaient encore exploitées il y a peu sont maintenant recouvertes de végétation.
Si vous vous perdez un jour à Banaue (ne rigolez pas ça arrive), passez faire un tour au Cowboy’s. Des bouts de bois arrangés par un groupe de jeunes du village en une sorte de boîte à chanson. Dans tout le pays on a du mal a échapper aux fans de videoke qui reprennent Céline Dion à tue tête à toute heure du jour ou de la nuit. Trouver cette petite hutte où des vieux philippins jouaient des airs de country en s’envoyant des canettes de Red Horse fût un régal. Sous les acclamations des quelques clients je me livrais à des interprétations de Cayenne ou Fanchon tandis que mon guitariste tentait d’y placer quelques accords hasardeux.

Star Academy.

17 janvier

Allez dites moi que vous y avez cru. Vous vous êtes dit « Ça y est! Perdu dans un bled comme ça il va arrêter de nous gonflez avec ses projets de hippie! ». Vous pensiez que j’allais me contenter des boissons locales et de me perdre dans des grottes?

Perdu!

Même dans ce pays où des gens meurent noyés en ce moment même ou que d’autre n’ont pas de quoi se nourrir, on trouve de gentils fous qui s’inquiètent encore pour leurs pioupious. En ce moment se tient sur tout le continent le Asian Waterbird Census. Un inventaire de tous les oiseaux d’eau qui peuplent l’Asie. Le but est de déterminer les milieux aquatiques les plus importants pour la survie des différentes espèces. Ce projet est étroitement lié aux problèmes que j’évoquais dans cet article super chiant tiré de mon entrevue avec Ken Gosbell (Le seigneur des anneaux). J’ai été convié à l’évènement par le Wild Bird Club of the Philippines que j’avais contacté il y a quelques semaines. Ils étaient ravis que je me propose de leur offrir mon aide. Je leur avais pourtant bien dit que je n’avais encore jamais participé à un tel comptage et que ma connaissance des limicoles était assez mauvaise. Surtout concernant ceux des Philippines. Qu’à cela ne tienne, selon eux le simple fait d’avoir un ornithologue de plus dans leurs rangs était déjà super. Ce jour là le comptage se faisait dans les piscicultures du village de Balanga. Or la municipalité était très intéressée par ce projet. Le maire avait donc convié une soixantaine de ses collègues à notre petite sortie. En réalité mon rôle fut donc plus d’expliquer à nos invités la différence entre une aigrette et une sterne. Après avoir compté vingt-neuf pluviers dorés je les ai laissé s’amuser à compter les centaines de hérons et d’échasses.

Je ne voudrais pas gâcher leurs plaisir.

À l’exception d’un autre français installé aux Philippines depuis trente ans j’étais le seul étranger du groupe. Et certainement l’un des premiers à se promener dans ces petits villages perdus. Définitivement le premier blond…
Après ça je suis retourné chez Manu et nous sommes allés fêter dignement nos vingt-six ans respectifs au Penguin. Aux termes de chouettes concerts nous nous sommes finis chez lui à coups de Matador et je me suis laissé allez à tenter le balut, un oeuf dans lequel le poussin a déjà commencé à se former.

Un régal.

Loving it

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Je sais où tu t’caches!

9 janvier

Le hasard des compagnies aériennes pas cher m’a fait passer une journée au Negara Brunei Darussalam. Derrière ce nom compliqué se cache un pays étrange et bien plus intéressant qu’il n’y parait, situé sur la côte Nord de l’île de Bornéo. Le Sultan Yang Dipertuan Negara Hassanal Bolkiah y règne de manière absolue sur une population de 400 000 habitants. Parmi les hommes les plus riche de la planète grâce au commerce du pétrole, il en fait largement bénéficier ses sujets. Pas d’impôts, zéro frais d’hospitalisation et de scolarisation et d’importantes aides au logement sont parmi les exemples de sa générosité. Bien entendu il faut prendre tout cela avec des pincettes et savoir gratter sous la surface enjolivée des informations que vous transmettent des organismes de presse ou de tourisme totalement contrôlés par le souverain. Bien qu’à aucun moment je n’ai vu le moindre signe de pauvreté de nombreux organismes internationaux considèrent que vingt pour cent de la population du pays vit sous le seuil de pauvreté. Parmi les bons points pour le pays on notera le taux de criminalité quasi inexistant. L’essentiel des crimes consistent en des conduites dangereuses, des transgressions de zones non fumeurs et des consommations d’alcool illégal. Et c’est là que se trouve le piège! Après quelques heures à me faire énumérer les attraits du pays je commençais à me demander pourquoi je ne demandais pas la nationalité brunéienne. Contrairement à la plupart des pays dirigés par des chefs d’états musulmans la loi coranique n’y est pas trop contraignante. Voiles et mini jupes partagent les mêmes trottoirs sans que personne ne s’en plaigne et on trouve plusieurs églises chrétiennes et un temple chinois au sein de la capitale. Par contre concernant l’alcool c’est différent. Aucune vente de boissons alcoolisées n’est autorisée dans le pays et il n’existe aucune discothèque ou boite de nuit. Lorsque je me suis intéressé à ce qu’on pouvait faire ici après la nuit tombé on m’a répondu « dormir? ». Les brunéiens n’ont tout bonnement aucun loisirs. Le sultan avait fait construire un parc d’attraction dont l’accès était gratuit pour ses sujets. Il a fermé par manque de fréquentation… La peine de mort passe encore, mais la prohibition c’est dur!
Après cette petite présentation bordélique du pays allons-y pour mon expérience personnelle. Tout d’abord tout le monde là bas a été extraordinairement sympa et ça c’est vraiment un très bon point. Au niveau des choses à voir j’ai été attiré par le plus grand village sur pilotis du monde.

Kampong Ayer


Trente mille personnes vivent à Kampong Ayer. On y trouve un poste de police, une caserne de pompier et tout les commerces nécessaires pour vivre sans jamais quitter le village. Situé dans les mangroves qui avoisinent la capitale on ne peut y accéder que par bateau. Par conséquent des tas de jeunes passent leurs journées à faire la navette sur des petites barques de fortune pour un dollar le trajet. En papotant avec eux autour d’un coca je leur ai demandé des détails sur les mangroves en elles mêmes. J’ai très vite compris que j’y trouverais plus mon bonheur qu’à Kampong Ayer. Me voilà donc à bord de l’esquif de Sammy à explorer les mangroves sous une pluie torrentielle. Les mangroves sont un labyrinthes de canaux au milieu desquelles surgissent aléatoirement pêcheurs, aigrettes, épaves de pétroliers et groupes de nasiques.

Elle est naze ta zik!


On passe une petite heure a regarder les singes faire les marioles dans les arbres tout en écopant les litres de flotte qui remplissent rapidement notre embarcation. J’ai connu pire comme attente entre deux avions.
À la tombée de la nuit j’embarquais dans l’appareil qui se dirigeait vers les Philippines. La première chose qui frappe quelqu’un qui vient de Nouvelle-Zélande en passant par Brunei lorsqu’il arrive à Manille c’est la pauvreté. Au cours de l’année qui s’est écoulée on ne peut pas dire que j’ai vu énormément de misère. Les jeunes prostituées, les gamins mendiant, la puanteur, la crasse et les types qui dorment n’importe où n’en sont que plus impressionnant.
Lorsque je me suis renseigné sur les Philippines je me suis vraiment demandé se que je venais foutre ici. Si vous écoutez la plupart des gens ils vous diront que vous ne pouvez pas vous balader où que ce soit sans rentrer à poil sans vos botes, ou même pire. Résultat tout les touristes sont parqués dans leurs hôtels et n’en sortent que pour se jeter dans les taxis. J’avoue que dans ce climat je n’étais pas très rassuré. Pourtant le premier soir dans ce pays nous sommes allez boire des bières avec Karl et Joe dans le tas de taule qui sert de pub en face de la guesthouse. Bien entendu tout le monde nous l’avait fortement déconseillé mais après s’être débarrassé de quelques touristes français chiant qui nous cassait les pieds avec « ce pays est vraiment merdique », on a passé une soirée géniale. Vous me connaissez, ça ne vous étonnera pas d’apprendre qu’une heure après notre arrivée on dansait sur les tables avec un groupe de philippins sympas, on échangeait des blagues salasses avec les prostituées de la ruelle et prenions des photos avec tous les gamins qui vendaient des fleurs en plastique. On a particulièrement sympathisé avec Biboï et ses amis venus fêter son anniversaire et ils nous ont entrainé dans une sorte de boîte de nuit minable où nous étions les seuls étrangers. Nuit mémorable a enchainer les girafes de « Hulk » (Un cocktail vert qui « Smash ») en dansant comme des malades.
Après ça j’ai réalisé que Manille n’est pas plus dangereuse que les puces de Clicli et avec un minimum de bon sens on peu s’y balader tranquillement. Par contre ça n’a pas plus d’intérêt que les puces de Clicli…
Alors qu’est ce que je fous là? Mon blog ne s’appelle pas « Les oiseaux d’abord » ni « La bière d’abord », si je suis venu ici c’est pour passer voir un copain. Manu vit aux Philippine depuis quatre ans et il était plus que temps que je passe lui rendre une petite visite. Après un excellent diner préparé par Dainty, nous avons passé la soirée autour d’une bouteille de Matador sur la terrasse de leur appart’ en se faisant bouffer les pieds par son stupide chat. Une excellente soirée et la certitude immédiate que ce petit détour est une très bonne idée.

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Last days.

31 décembre

Vous l’avez peut-être remarqué mes errances depuis l’île Stewart sont un peu désordonnées. Il faut dire que l’isolement et les fêtes de fin d’année n’aident pas vraiment à planifier des pêches à l’ornithorynque. Le peu de jours qu’il me reste n’incite également pas à l’embauche. Le pire cependant est la météo du moment. Un sacré bordel si vous me permettez l’expression. Par exemple le jour de ma traversée du détroit de Cook des inondations monstrueuses ont bloqué toutes les routes de la région de Nelson. Un peu plus et on aurait eu l’occasion de finir notre barathon avec le frangin. Concernant la traversée en elle même le vent était tellement puissant que quelques albatros se sont perdus aux portes de la baie de Wellington.

On dirait qu'un gamin a perdu son cerf-volant.


Une fois la tempête passée et après de chouettes retrouvailles avec Cynthia j’ai repris ma route vers l’été. De ce côté de l’équateur l’été se trouve au Nord et au Nord de Wellington se trouve un gros volcan solitaire, Mount Taranaki aussi appelé Mount Egmont. Taranaki est un monsieur super sympa qui essayent plusieurs chapeaux de nuages allant du rose au violet en passant par le rouge ou l’orange avant d’enfiler son pyjama de brume lorsque s’allument les premières étoiles.

Fujimanjaro.


Ce volcan est le cœur d’un parc national superbe où le camping est autorisé n’importe où tant que l’on ne se trouve pas à moins de cent mètres d’un sentier. Un concept très rigolo bien que personne ne semblent vraiment vérifier l’exactitude de nos mesures. Comme d’habitude l’une des rares région plus ou moins préservée du pays abritait sa petite population notoire d’oiseaux natifs. Mais comme ils ont l’air de commencer à vous gonfler je vais vous parler d’un autre groupe d’animaux très présent dans le parc:

Les invertébrés!


Bon je ne vous en fait qu’un parce que j’ai déjà le sentiment d’avoir perdu la moitié de mes lecteurs avec la photo précédente. Je me répète surement alors je vous la fait courte. Vous savez maintenant tous que l’évolution en Nouvelle-Zélande a suivi un chemin tout particulier en l’absence de poilus. L’absence des mammifères sur Aotearoa n’est toujours pas vraiment expliquée. La seule certitude est que la Nouvelle-Zélande s’est détachée du Gondwana à l’époque où les dinosaures régnaient en maîtres sur la planète. Il est probable que les mammifères n’est tout bonnement pas encore été présents à cette époque. En plus de cela de nombreux bouleversements géologiques ou climatiques ont mis à rude épreuve les espèces locales. À l’arrivée des premiers hommes l’essentiel des animaux descendant encore directement d’ancêtres Gondwanaïens étaient les ratites, les xéniques, les sphénodons, les grenouilles et la plupart des invertébrés. L’un des genre les plus remarquable est celui des peripatus. Les scientifiques ont longtemps hésité entre le classer comme un insecte ou comme un ver. Finalement il a sa lignée à part et n’a quasiment pas évolué depuis l’ère des dinosaures. Une capacité intéressante de ce minuscule animal est celle de pouvoir projeter sur ses victimes deux aiguillons venimeux. Ces projectiles permettent au prédateur de tuer et prédigérer sa proie.

Ce qui n'est pas dit dans les livres c'est qu'il crache également sur ceux qui ont l'idée saugrenue d'aller le tripatouiller...


Après de bonnes balades j’ai tendu mon pouce un peu à l’aveuglette. Je commence à me dire que je ne fais du stop que pour le plaisir du stop… Quoi qu’il en soit ça fait bien marrer tout le monde lorsque je répond « I don’t know » à « Where do you want to go? ». Mon petit pouce et un paquet de chauffeurs sympas m’ont ainsi trimballé à travers la région de Waikato. Ce que j’aime avec l’île du Nord c’est qu’on a pas besoin de faire trois heures de route pour arriver à un endroit rigolo.
Cela dit, sorti d’une statue cultissime la ville d’Hamilton n’est pas vraiment rigolote…

It's just a jump to the left...

5 janvier

Hamilton n’ayant pas l’air d’être la destination rêvée pour un réveillon du nouvel an, j’ai poursuivi jusqu’à la péninsule du Coromandel.

Là pour le coup c'est sympa.


Avec tout les atouts d’une île tropicale paradisiaque je m’attendais à un bon feu de camp sur la plage. Malheureusement les lois ultra répressives envers la consommation d’alcool sur les lieux publiques font qu’ici aussi on est obligé de s’abreuver dans les bars. Qu’à cela ne tienne le petit pub de Coromandel Town accueillait un groupe sympa et le fait d’être le seul étranger était bien agréable. Les jours suivants je continuais mon exploration de cette superbe région. J’observais les stupides gérygones nourrir des jeunes coucous trois fois plus gros qu’eux, une cinquantaine de sarcelles de Nouvelle-Zélande barboter dans une mangrove et deux pluviers roux protégeant leur progéniture.

Encore vous?


Mon dernier trajet en stop, celui reliant Thames à Auckland, a certainement été le plus épique de mon voyage. Six gamins scouts dans un minibus revenant d’une sorte de JMJ miniature… Coincés dans les embouteillages nous sortions du véhicule pour jouer au « Ninja » entre les voitures. Lorsque le trafic reprenait on se jetait dans la camionnette. Las de s’être nourris de gâteau de riz pendant plusieurs jours mes compagnons se mirent en quête de bouffe plus appétissante. Commença alors un troc amusant. Contre des nuggets au poulet ou des chips, mes scouts offraient aux voitures qui nous dépassaient de petites bouteilles d’eau estampillées « Jesus loves you. ». Or une fois rassasiés de nourriture bien salée nous n’avions plus beaucoup de potes Jésus. Commença alors la distribution de part de gâteau de riz contre des bouteilles d’eau estampillées « Coca-Cola Company loves you. ». Pour finir mes joyeux lurons refusèrent de me laisser sortir sans auparavant prier leur Seigneur de me protéger, moi, ma famille et mes amis… J’en connais un là-haut que ça a dû bien faire marrer!

Tu feras bien rigoler ton prochain.


Pour mon anniversaire je me suis offert un petit extra touristique. Le golfe d’Hauraki est magnifique et j’ai déjà eu de bonnes occasions d’en parcourir certaines îles ou des bouts de côte. Je n’avais cependant pas encore eu l’occasion de découvrir la vie marine du golfe. Je suis donc monté à bord d’un bateau qui proposait d’observer les dauphins de la région.

Le bébé koala va prendre un coup...


Je vous épargne les innombrables oiseaux fascinant sur le chemin mais me doit de vous parler des fous austraux. Ces oiseaux qui se nourrissent dans les eaux du golfe servent de détecteurs à dauphins. En effet pour les dauphins l’hydrophone n’est pas très utile à la localisation car les animaux se déplacent bien plus vite et aléatoirement que les cachalots. Leurs vocalisations sont apparemment assez bordélique aussi. Et le souffle d’un dauphin n’est pas plus visible qu’un pet de baleine… Comment on se sert d’un fou austral alors? Lorsque les dauphins pêchent ils regroupent les poissons en un banc. Cherchant à échapper aux prédateurs les poissons sautent hors de l’eau à chaque charge. Et une centaine de poissons qui sautent hors de l’eau ça n’échappe pas aux yeux aiguisés des nombreux fous qui survolent le golfe. Dès que l’on remarque un grand nombre d’oiseaux qui se dirigent quelques part on les suit et on assiste au festin. Les fous tombent en piqué telle une pluie de météores tandis que les dauphins cabriolent dans tous les sens, un spectacle magnifique!

Qui d'ailleurs me rappelle une anecdote amusante. Figurez vous qu'un jour où il chevauchait un dauphin dans le golfe d'Hauraki, Isaac Newton...


Bon ben ça y est… Je quitte ce pays dans quelques heures… Je suppose que je devrais écrire une sorte de conclusion après tout ça… Mouais… En quelques lignes ça ne va pas être évident… Oh et puis si vous vous voulez connaître un pays vous n’avez qu’à vous y rendre au lieu de vous fier aux avis du premier touriste venu qui raconte sa vie sur internet!
Voilà!

Plus sérieusement si vous avez des questions concernant ce pays fantastique je serais toujours ravi d’y répondre!

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