Archive for juin, 2011

« Le diplôme est l’ennemi mortel de la culture » Paul Valéry

26 juin

Je sens que ça va jaser. Je viens de finir mon premier boulot au Kirghizstan. Enfin pas vraiment, il me reste des copies à corriger…

Allez hop! Zéro à tout le monde et je retourne boire du thé!

Et oui je me suis fourvoyé. La plupart d’entre vous savent l’admiration sans failles que je voue aux diplômes et examens en général. À cette pratique, sacrée en France, qui consiste à juger des compétences et du long travail de quelqu’un en lui faisant passer des tests de dix minutes oh combien objectifs. L’évaluation bâclée et injuste des compétences de chacun à travers des épreuves insensées. Certainement ce que l’humanité a inventé de mieux avec la musique pop et la bière sans alcool…

Bref j’ai été embauché pour faire passer à des Kirghizes le diplôme d’études en langue française dit « A2 ».

L’examen A1 consiste à savoir jouer à la marchande et répéter bêtement des phrases apprises par cœur. Il est tellement simple que même des candidats de télé-réalité ont une chance de l’obtenir. Le B1 est plus compliqué et pour cause : il est nécessaire pour caresser de loin la possibilité d’immigrer au Canada. Autant dire que si vous faites des fautes que même un Québécois ne ferait pas vous restez dans votre pays sous développé.

Le « A2 » se situe entre les deux et je ne sais toujours pas vraiment à quoi il sert. Il est constitué de quatre épreuves principales. Une compréhension orale, une compréhension écrite, une expression écrite et une expression orale. Chaque épreuve est sur vingt-cinq points et moins de cinq à une épreuve est éliminatoire. Les deux premières consistent en une sorte de questionnaire à choix multiples et sont plutôt réussies dans l’ensemble. L’expression écrite est celle qui me pose le plus de scrupules car elle est certainement la plus éliminatoire des quatre. On y retrouve le grand classique: « Vous êtes en vacances à la montagne. Vous envoyez une carte postale à des amis français: vous parlez de votre logement et de vos activités la journée et le soir. Vous donnez vos impressions sur votre séjour. ». Et forcément tout le monde a appris par cœur: « Bonjour mon ami! Je passe très beaucou bonne vacances à le montagne. On marche beaucou et dor dans tentes. Je suis très content ces supair! Bisous! »… Et une fois sur cinquante copies on tombe sur

La perle!

La deuxième expression écrite consiste en un mail et je ne peux m’empêcher de sourire lorsque le candidat a placé son petit smiley ;-). Bien entendu la grille de correction est assez laxiste et la plupart des candidats s’en sortent haut la main.

Mais la partie la plus fastidieuse de mon travail consistait en l’épreuve d’expression orale. Après s’être présenté (par cœur) en deux minutes, le candidat pioche un sujet aussi inintéressant que « Votre lieu de travail » ou « Vos voisins » et nous en parle pendant deux minutes. S’ensuit la partie la plus amusante de l’épreuve. Le candidat pioche une situation telle que « Votre ami québécois vous rend visite et vous lui proposez une sortie à la campagne. L’examinateur jouera le rôle de votre ami. ». Et je connais peu de chose aussi drôle que l’expression faciale d’un Kirghize à qui l’on sort un bon « tabernacle! ». Quoi qu’il en soit mon rôle est de vérifier que le candidat sait papoter en français et l’ambiance est généralement super détendue après deux trois blagues pourries.

Vous dire à quel point ce travail était intéressant me prendrait des heures. J’ai eu l’occasion de discuter avec une centaine de kirghizes différents et d’apprendre des bribes de leur vie de tous les jours. Un détail amusant est que la moitié d’entre eux apprenaient le français pour émigrer vers le Canada. Tout naturellement il m’arrivait de leur poser la question « Et pourquoi pas en France? ». Étonnamment plusieurs d’entre eux ont évoqué le nom d’un certain Никола Саркози…

N’allez tout de même pas penser que j’ai totalement basculé du côté obscur. Il n’est pas question que j’aille jusqu’à sortir la fameuse excuse « Non pas de thé pour moi ce soir les copains, j’ai des copies à corriger. ». Hébergé de nouveau par Simon, je passe mes soirées avec les expatriés et mon dimanche à piller l’abricotier de l’ambassadeur de France. On fête tous les soirs l’anniversaire à rallonge d’Apolline. Comme partout les anniversaires restent le prétexte parfait pour une soirée tisane. Sauf qu’ici il y a tellement peu de monde qu’on fait trainer l’occasion sur la semaine.

Il vaut mieux avoir du souffle.

Et puis bien sûr un article sur ce blog n’en serait pas un sans une photo de bestiole. Hier Erkinbek, le patron de Dinara, nous a conviés, Simon et moi, à une petite sortie ornitho avec son fils. Et oui il se trouve que le patron de mon amie a étudié les oiseaux et a effectué son PhD sur les laridés de la région. Un heureux hasard. Un après midi génial qui nous a amenés au pied d’un nid d’éperviers shikra, a vu passer un cormoran pygmée rappelant ces bons moments en Roumanie et m’aura permis d’observer mes premières sarcelles d’été, moineaux espagnols, rousserolles turdoïdes, pie-grièches à poitrines roses…

Et de vous offrir une photo de mésange azurée.

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Comme un poisson dans la vodka

20 juin

Je ne m’attarde pas sur les quelques jours chargés de rendez-vous et de démarches administratives à Bishkek et passe directement à ma petite promenade à la campagne.

Erkinbek, le patron de Dinara, m’avait mis en contact avec Banur, une de ses anciennes collègues travaillant auprès de différentes organisations non gouvernementales. Je suis donc parti à Karakol (Каракол) pour la rencontrer. Elle m’a présenté à Gulmira, responsable de la faculté des sciences naturelles de l’université de Karakol. Elle et son équipe étaient très intéressées par ma présence mais à part Gulmira personne ne parlait anglais… De mon côté, j’étais impressionné par la visite des locaux de l’université. Rien a changé depuis l’époque soviétique car, depuis l’indépendance du pays, l’université n’a quasiment plus de revenus. Un enseignant ici gagne moins qu’un quelconque quidam tenant une échoppe dans le bazar… Tout le matériel semble sortir d’un musée. Détail amusant, l’université fait partie du réseau Erasmus. Bien entendu il y a bien plus d’étudiants kirghizes qui partent étudier en Europe que l’inverse.

Après une matinée enrichissante, Banur et moi même sommes passés chez une de ses amies. Nous venions simplement chercher ses petits-enfants mais ça n’a pas loupé, nous avons été invités à prendre le thé. Je vous explique tout de suite, comme ça je n’aurai pas à me répéter. Prendre le thé au Kirghizstan ça veut dire se voir offrir un échantillon de tout ce qui est comestible chez votre hôte… Deux heures plus tard nous avons donc pu reprendre notre route.

La famille que nous venions de quitter est propriétaire d’une pisciculture au bord du lac Issik-Kul (Иссык-Кул).

La mer à la montagne

Le lac Issik-Kul, situé à mille six cent six mètres au dessus du niveau de la mer, est souvent considéré comme l’un des plus grands lacs d’altitude de la planète. Juste après le lac Pipicaca au Pérou (blague puérile spécialement dédiée à Greg qui risque de lâcher prise en l’absence de Kaka dans ce pays). Il a obtenu le statut de réserve de la biosphère en 2001 via une décision de l’UNESCO ainsi que le titre de site RAMSAR en 2003. Concrètement je ne sais pas trop ce que ça implique. Tout le monde à l’air de s’en fiche et les proprios des piscicultures abattent sans discernement tout les emplumés qu’ils aperçoivent, des fois que ces derniers soient venus dévorer leurs maigres carpeaux. La pêche est également plus ou moins interdite dans le lac mais, là encore, la loi n’a pas l’air d’être totalement appliquée. De toutes manières, après avoir servi de base pour des essais d’armements sous-marins soviétiques, avoir été pollué par les rejets de quelques mines d’uranium et que les locaux y aient introduit des espèces hautement nuisibles, il ne reste pas beaucoup de poissons. Pourtant on trouve encore sur les bords de routes des étals vendant des poissons d’Issik-Kul fumés. Quoiqu’en y regardant de plus près, on dirait plutôt des maquereaux décongelés venus de Chine…

Pêche interdite on t'a dit!

Bref après avoir épié l’avifaune du lac, je retourne près de l’étang piscicole où se sont regroupés un groupe de Tatars amis du proprio. Immanquablement je suis invité à prendre le thé.

Bien aérer le thé.

À dix-neuf heures, je suis complètement bourré et pars me vautrer dans ma tente.

Après une autre petite journée à faire le tour de Karakol je reprends la route pour le village de Grigorievka. C’est de ce village que je suis censé atteindre la vallée de Chon Ak-Suu.

La montagne à la mer.

Voyant que j’étais perdu, deux kirghizes viennent s’enquérir de ma situation. Coup de pot, ils étaient justement venus au village pour réapprovisionner les yourtes de la vallée! Ils ne me demanderont rien pour la course mais insisteront pour que je prenne le thé avec eux…

Bon mais juste un alors?

Prétextant une longue marche exténuante, l’un d’eux m’indique qu’il doit de toute manière remonter à sa yourte en fin d’après-midi avec sa voiture datant de l’ère soviétique. Je reprends donc du thé… Finalement je continue l’ascension de la magnifique vallée à bord de mon superbe véhicule orange. Ce coup-ci, mon chauffeur ne m’offrira pas de thé et me demandera deux euros cinquante de pourboire.

Je crapahute jusqu’à la limite des arbres et plante ma tente au milieu des edelweiss.

Après une promenade jusqu’à la crête la plus proche, je redescends en effrayant les sousliks et évitant les yourtes pour ne pas être bloqué pendant deux heures à manger les meilleurs yaourts qu’on ne m’ait jamais servis. Je plante ma tente à côté du ruisseau qui coule au centre de la vallée et m’endors comme un bébé.

C'est sûr qu'à côté de leurs yourtes, on on dirait un peu l'appart' de Kyko...

Le matin les sousliks se mettent tous à hurler à chaque fois que je me tourne dans mon sac de couchage. Du coup avant de repartir je prends sur moi pour ne pas boucher l’entrée de leurs terriers avec mes chaussettes de randonnée…

Ou alors me faire des chaussettes avec?

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Dans la vallée

9 juin

Au fil de mes investigations, je me rends compte que la barrière de la langue pourrait ne pas être insurmontable. Et bien que je continue à sérieusement galérer en russe je devrais pouvoir trouver un moyen de vous enquiquiner avec des histoires de petites bêtes kirghizes. En attendant je continue à passer des services d’immigrations aux différents bureaux d’associations de protection de la nature en enchainant les verres avec les copains.

Je découvre ainsi les spécialités culinaires du pays. Chez Simon traine un sac plastique rempli de куpт (prononcer « courte »), des petites billes de yaourt séché. C’est ignoble. Imaginez vous manger une bille de plâtre qui pue le bouc et ça vous donnera une idée indulgente de la chose.

Un régal...

Alman m’a également fait découvrir le кымыз (« koumiss »?), la boisson nationale. Le procédé de fabrication est assez simple, c’est du lait de jument auquel on ajoute de l’alcool… Concrètement ça ferait passer le куpт pour des Ferrero Rocher.  Je pense que même noyé dans de la vodka ça ne passe pas…

Hormis ces deux horreurs, la bouffe est plus que correcte. Petite précision toutefois, le plat national contient une saucisse de cheval, une viande très appréciée dans le pays.

Alman est un étudiant kirghize originaire de la ville de Jalal-Abad (Джалал-Абад), je l’ai rencontré à l’Alliance française et il se débrouille plutôt bien en français. Après m’avoir pourri l’estomac avec son poison il n’a rien trouvé de plus intelligent que de m’amener à la fête foraine de Bishkek (Бишкек). Quelques coups de fusil à plomb sur des canettes de bières plus tard j’ai attaché mon estomac à une nacelle qui tournait trop vite sur une roue en métal branlante…

Destination finale.

Je suis resté digne mais mon estomac me fait encore mal à l’heure où j’écris…

12 juin

Après plus d’une semaine passée en ville il était temps que j’aille faire un tour à la campagne. Plus précisément dans la vallée d’Alamedin.

Carpates 2.0.

Quand on parle de campagne au Kirghizstan, ça veut souvent dire montagne. Le pays se situe à une moyenne de deux mille mètres d’altitude avec une bonne poignée de sommets atteignant les sept mille. Je ne vous casserai pas les pieds avec la faune rencontrée en chemin, aigles royaux, vautours de l’Himalaya ou gypaètes barbus.

Pour ne citer qu'eux.

Non le plus intéressant a été de croiser la route de kirghizes ruraux et ainsi de découvrir que les yourtes ne servent pas qu’à héberger les touristes.

La petite maison dans la prairie kirghize.

Lorsque je suis arrivé dans le hameau de Tyoplye Klyuchi, après plusieurs heures de marche, je suis tombé sur un kirghize qui venait de s’acheter une bouteille de vodka. Une des rares choses que j’ai compris c’est que lui et ses potes tenaient à la partager avec moi. Une fois la bouteille finie il me parut évident que mon ascension s’arrêtait ici pour la journée et je louai une chambre au sanatorium.

Le lendemain je m’offris six heures d’une longue marche en solitaire en remontant la vallée. Les paysages étaient éblouissants et les seuls personnes que je croisais étaient les quelques bergers et leurs troupeaux de moutons en transhumance. Arrivé au pied d’une immense montagne enneigée encadrée de deux cols d’où s’écoulaient deux magnifiques cascades, je remarquais que des nuages commençaient à envahir la vallée derrière moi. Je refis donc la route en sens inverse sous une fine bruine. Après deux heures et demi de marche je tombais sur deux kirghizes venus chercher une jument et son poulain qui s’étaient égarés. Après avoir passé un licol à la jument et tenté vainement de discuter avec moi pendant un quart d’heure, l’un d’eux insista pour que je monte sur le dos du cheval fraichement retrouvé. Je n’ai pas encore trouvé comment on refuse quelque chose à un kirghize alors j’ai parcouru le dernier bout de chemin à cru sur la jument. Enfin jusqu’à ce que son propriétaire insiste pour mettre son blouson sur le dos de l’animal en guise de selle…

Cheval-stop ça c'est fait!

A chaque arrêt le poulain se ruait sur le кымыз de sa mère et je devais le pousser du pied pour pouvoir repartir.

Le lendemain Apolline, Raphaëlle, Peggy, Daniel et Simon me rejoignirent pour un pique nique sous la bruine au milieu des agneaux, veaux et poulains.

 

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Mot compte quintuple.

1er juin

Et me voilà au Kirghizstan. Alors on y va pour les premières impressions sur la capitale: Bishkek. Tout d’abord on sent très bien l’influence soviétique. On dirait Stalowa Wola en plus chaud et plus vert au pied de majestueuses montagnes enneigées. Les rues sont bien droites et le quadrillage parfait, conduire un tank là dedans doit être un vrai bonheur.

Il y a même un mini Tian'anmen!

Cela dit conduire un fauteuil roulant doit aussi tenir du plaisir car absolument chaque petite marche ou escalier est muni de sa petite rampe. Par contre les kirghizes à mobilité réduite (j’essaie de faire dans le politiquement correct) doivent être de sacrés acrobates car ces rampes tiennent parfois plus du mur d’escalade…

Ou alors c'est pour les BMX?

Bien que le pays soit sensé être peuplé d’environ soixante quinze pour cent de musulmans sunnites je n’ai pas entendu un seul muezzin, les jupes sont de loin bien plus fréquentes que les voiles et la barbe ne pousse pas super bien sur les descendants de Gengis Khan. Et puis c’est propre. Au point que ça en est limite gênant. À croire que chaque Kirghize se promène avec son balai. On m’a aussi conseillé d’éviter de me promener dehors la nuit. Pas seulement pour limiter mes chances de rencontrer des cosaques bourrés, non. Dans ce pays lorsqu’on vous parle de dangers les premiers évoqués sont ceux liés à la police… N’ayant pas encore fait de mauvaises rencontres (je viens d’arriver) je ne peux pas vraiment détailler. Tout ce que je sais c’est que les forces de l’ordre du pays sont réputées pour venir gentiment demander aux touristes de l’argent. Comme ça pour rien. Parmi les petits trucs qu’on m’a donné pour éviter de financer l’alcoolisme du premier flic venu, il y a de ne surtout pas leur montrer qu’on comprend le russe ou le kirghize (ça je sais faire) et de ne jamais leur donner mon passeport. Pour finir, après avoir passé quatre mois à Paris, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer le très faible nombre de mendiants et de sans abris. Je ne compte pas les policiers comme étant des mendiants. Mon hôte m’assure que cela tient de l’hospitalité et la solidarité kirghize et que les seuls concernés sont les babushkas et handicapés russes abandonnés par leurs familles rentrés au pays…

Habitations traditionnelles soviétique. Je loge au dernier étage, la fenêtre cachée par l'arbre.

Mon hôte s’appelle Dinara et vit seule avec sa sœur Shirin et son amie dont je n’ai pas retenu le prénom. Elles ont aussi un petit chat, Mathilda, très sympa à la limite du chiant. Dinara et « assistante de communication » (ou quelque chose dans cet ordre d’idée) pour les Nations Unies. Je l’ai rencontré grâce au réseau social http://www.couchsurfing.org. Il est vrai que la communication est certainement ce qui va me poser le plus de problèmes dans ce pays. Car oui, si je suis venu ici ce n’est pas seulement pour ajouter à mon passeport un visa qui rapporte un million de points au Scrabble (je sais, les noms propres ne comptent pas, mais qui n’a jamais triché au Scrabble?). De toute l’Asie centrale ce pays était celui qui m’intéressait le plus et j’espère vraiment trouver un moyen de m’investir dans les efforts de conservation de la région. Malheureusement la protection de l’environnement n’est pas encore une notion très développée dans le coin et lorsque finalement on finit par en rencontrer les acteurs on se heurte à problème majeur. Lorsqu’on lit le russe ou le kirghize on peut plus ou moins se faire une idée de ce dont il est question. Le problème c’est que le cyrillique n’est pas forcément un alphabet très évident… Mais bon impossible n’est pas Rémi et les locaux sont tellement sympa qu’ils trouvent toujours un moyen de me faire comprendre qu’il va être difficile de se comprendre. Et puis même si mon rôle dans la protection de la nature kirghize se limite à faire traverser la route à des crapauds je serais content!

Un petit hommage à ma première charrette, perdue Dieu sait où en Nouvelle-Zélande.

Oh! Et le prochain qui me sort un truc du style « Puisque tu es dans le coin tu penses faire un saut au Boukistan? » se prend mon pied au cul.

5 juin

Je bois l’eau du robinet, des types m’accostent et me serrent la main en s’exclamant: « Ah ah ah! Rémi! Как делa? », je rentre bourré du pub à trois heure du matin, bref je commence à me sentir un peu kirghize. Un kirghize sourd et illettré mais un kirghize quand même.
Au grès des occasions je me fais un nombre de plus en plus important de contacts dans le village qu’est Bishkek. Pour rencontrer le peu d’étrangers installés dans ce pays ce n’est pas bien compliqué. J’avais pour ma part reçu trois invitations différentes à la fête de la musique franco-allemande de Bishkek au pub le « Metro » vendredi dernier.

Les victoires de la musique kirghize.

Un concours de chant rigolo où des amateurs kirghizes reprenait les plus grands succès d’Edith Piaf, Zazie et Grégory Lemarchal…

 

Ce concours était organisé par l’Alliance française. Si ce nom vous dit quelque chose c’est que c’est aussi par le biais de cette association consulaire que Ciloo, Cosette et moi même avions célébrés la fête de la musique à Wellington l’an dernier. Les deux miss y avaient également fait un passage à la radio. Et puisque j’ai rencontré à peu près l’intégralité des français du Kirghizstan ce soir là j’ai passé l’après-midi du samedi à participer au groupe de discussion animé par Apolline dans les locaux de l’Alliance. Nous étions les seuls français et le thème « Avoir des enfants en France ou au Kirghizstan » a généré de nombreux débats très intéressants!
Mais pendant que j’aide les russes et les kirghizes à maitriser la langue de Molière, mon niveau de russe et de kirghize reste au même point: le néant. Et cela ne m’aide vraiment pas pour mon investissement dans la conservation des espèces sauvages kirghizes. Toutefois tout n’est pas perdu et aujourd’hui je me suis offert ma première petite escapade nature en compagnie de Simon. Nous avons parcouru les jardins botaniques (comprendre « jardins en friche ») de Bishkek. Rien de transcendant mais des écureuils kirghizes peu farouches et ma première mésange azurée.

Spip.

Simon est mon nouvel hôte rencontré via le site de couchsurfing. Enfin pour être honnête j’ai eu au moins trois autres occasions de le rencontrer depuis mon arrivée. Français installé au Kirghizstan pour mener à bien un projet d’assainissement écologique de bassin versant, Simon est également un ornithologue amateur. Vous avez donc tous bien compris que vous ré-entendrez parler de lui…

Comme du chat chiant qui ne veut pas me rendre mon sac d'ailleurs...

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