Dans la vallée

9 juin

Au fil de mes investigations, je me rends compte que la barrière de la langue pourrait ne pas être insurmontable. Et bien que je continue à sérieusement galérer en russe je devrais pouvoir trouver un moyen de vous enquiquiner avec des histoires de petites bêtes kirghizes. En attendant je continue à passer des services d’immigrations aux différents bureaux d’associations de protection de la nature en enchainant les verres avec les copains.

Je découvre ainsi les spécialités culinaires du pays. Chez Simon traine un sac plastique rempli de куpт (prononcer « courte »), des petites billes de yaourt séché. C’est ignoble. Imaginez vous manger une bille de plâtre qui pue le bouc et ça vous donnera une idée indulgente de la chose.

Un régal...

Alman m’a également fait découvrir le кымыз (« koumiss »?), la boisson nationale. Le procédé de fabrication est assez simple, c’est du lait de jument auquel on ajoute de l’alcool… Concrètement ça ferait passer le куpт pour des Ferrero Rocher.  Je pense que même noyé dans de la vodka ça ne passe pas…

Hormis ces deux horreurs, la bouffe est plus que correcte. Petite précision toutefois, le plat national contient une saucisse de cheval, une viande très appréciée dans le pays.

Alman est un étudiant kirghize originaire de la ville de Jalal-Abad (Джалал-Абад), je l’ai rencontré à l’Alliance française et il se débrouille plutôt bien en français. Après m’avoir pourri l’estomac avec son poison il n’a rien trouvé de plus intelligent que de m’amener à la fête foraine de Bishkek (Бишкек). Quelques coups de fusil à plomb sur des canettes de bières plus tard j’ai attaché mon estomac à une nacelle qui tournait trop vite sur une roue en métal branlante…

Destination finale.

Je suis resté digne mais mon estomac me fait encore mal à l’heure où j’écris…

12 juin

Après plus d’une semaine passée en ville il était temps que j’aille faire un tour à la campagne. Plus précisément dans la vallée d’Alamedin.

Carpates 2.0.

Quand on parle de campagne au Kirghizstan, ça veut souvent dire montagne. Le pays se situe à une moyenne de deux mille mètres d’altitude avec une bonne poignée de sommets atteignant les sept mille. Je ne vous casserai pas les pieds avec la faune rencontrée en chemin, aigles royaux, vautours de l’Himalaya ou gypaètes barbus.

Pour ne citer qu'eux.

Non le plus intéressant a été de croiser la route de kirghizes ruraux et ainsi de découvrir que les yourtes ne servent pas qu’à héberger les touristes.

La petite maison dans la prairie kirghize.

Lorsque je suis arrivé dans le hameau de Tyoplye Klyuchi, après plusieurs heures de marche, je suis tombé sur un kirghize qui venait de s’acheter une bouteille de vodka. Une des rares choses que j’ai compris c’est que lui et ses potes tenaient à la partager avec moi. Une fois la bouteille finie il me parut évident que mon ascension s’arrêtait ici pour la journée et je louai une chambre au sanatorium.

Le lendemain je m’offris six heures d’une longue marche en solitaire en remontant la vallée. Les paysages étaient éblouissants et les seuls personnes que je croisais étaient les quelques bergers et leurs troupeaux de moutons en transhumance. Arrivé au pied d’une immense montagne enneigée encadrée de deux cols d’où s’écoulaient deux magnifiques cascades, je remarquais que des nuages commençaient à envahir la vallée derrière moi. Je refis donc la route en sens inverse sous une fine bruine. Après deux heures et demi de marche je tombais sur deux kirghizes venus chercher une jument et son poulain qui s’étaient égarés. Après avoir passé un licol à la jument et tenté vainement de discuter avec moi pendant un quart d’heure, l’un d’eux insista pour que je monte sur le dos du cheval fraichement retrouvé. Je n’ai pas encore trouvé comment on refuse quelque chose à un kirghize alors j’ai parcouru le dernier bout de chemin à cru sur la jument. Enfin jusqu’à ce que son propriétaire insiste pour mettre son blouson sur le dos de l’animal en guise de selle…

Cheval-stop ça c'est fait!

A chaque arrêt le poulain se ruait sur le кымыз de sa mère et je devais le pousser du pied pour pouvoir repartir.

Le lendemain Apolline, Raphaëlle, Peggy, Daniel et Simon me rejoignirent pour un pique nique sous la bruine au milieu des agneaux, veaux et poulains.

 

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2 Réponses so far

  1. 1

    Magali said,

    Franchement, t’es chiant, il t’arrive toujours des trucs de ouf qui fait passer notre vie pour un oeuf au plat tellement on a l’impression qu’elle est plate comparée à la tienne… Nan mais sans blague…


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