Issyk Cool.

5 juillet

La météo assez incertaine ne me motive pas vraiment à m’offrir des randonnées de plusieurs jours. Les tempêtes de neige par trois mille mètres d’altitude ne font pas partie de mes priorités. Par conséquent pour ma petite semaine de libre je me suis concentré sur le lac Issyk-Kul et son micro-climat ensoleillé.

Pourquoi se priver?

Pour vous raconter mon périple je me dois de faire une parenthèse concernant les moyens de transport kirghizes. Personnellement j’en identifie trois principaux: les taxis, les marshrutkas et bien entendu le stop. Commençons par les taxis. Globalement les kirghizes que j’ai rencontré jusqu’ici sont plutôt honnêtes. A l’exception quasi systématique des taxis. Une arnaque qui a le dont de m’énerver est le fait qu’il presque est impossible de se renseigner sur un trajet sans que l’on vous dirige vers un taxi. « Ah non! Ça c’est un bled paumé! Il n’y a que les taxis qui y vont! » Et quand on arrive il y a bien deux trois marshrutkas sur le parking… Et puis il y a le prix. Un aller en taxi me coute trois cent som alors que le retour en marshrutkas m’en coûte quarante… Alors bien sûr on parle de passer de cinq euros à cinquante centimes. Pour cent bornes ça reste pas grand chose. Mais dans un pays ou le litre cinq de наше пиво s’achète à moins d’un euro ça compte! Reste un système intelligent qu’ont mis en place les taxis kirghizes. Pour réduire les frais on peut décider de partager la voiture. Concrètement ça veut dire qu’on attend que trois autres personnes veuillent se rendre au même endroit et on se cotise. Ça se rempli et roule plus vite qu’une marshrutka. Mais qu’est ce donc qu’une marshrutka?

Des hippies?

Les marshrutkas sont des mini bus qui parcourent des trajets prédéfinis à travers le pays. C’est beaucoup moins classe qu’un jeepney philippin mais l’ambiance y est sympa. On rigole, on s’engueule, on prend le thé… Et puis bien sûr comme je suis souvent le seul étranger tout le monde me pose plein de questions en kirghize. Les marshrutkas sont honteusement peu chères mais malheureusement on n’en trouve pas partout.

Pour les endroits perdus il reste le stop. Le stop marche plutôt bien mais on distingue deux cas de figures. Le type fauché ne parlant que kirghize dans une lada défoncée qui va vous demander un quart d’euro pour ses frais et  vous déposer dans un endroit inconnu et très éloigné de votre premier objectif. Ou bien le russe plus aisé en mercedes qui sera tellement content de pouvoir lâcher les trois mots qu’il connait en anglais qu’il fera même un détour pour vous emmener à votre destination. Résultat je bouleverse mes habitudes et tend la main aux voitures neuves plutôt qu’aux charrettes. Ces deux cas de figures ont toutefois une chose en commun, évitez de descendre au même endroit que votre chauffeur où vous êtes bon pour prendre le thé…

Piégé!

Venons en à mon tour du lac. Ma première escale a été le village de Cholpon-Ata (Чолпон Ата), La station balnéaire kirghize. Mais je n’étais pas venu pour mon teint. Le village se trouve à proximité d’un champ de pétroglyphes dont certains dateraient de mille cinq cent ans avant Jean-Christophe. Malheureusement le produit qui a été déposé dessus pour les protéger se révèle leur être néfaste et il n’y a déjà plus grand chose à voir.

Ironique non?

Ayant déjà usé mes souliers à Chong Ak-Suu et la météo ne permettant pas de profiter des trecks partant de Karakol je suis allé planté ma tente à l’entrée du canyon Jeti-Öghüz. Les buses féroces traquaient les perdrix choukar qui couraient entre les orchidées au pied d’impressionnantes falaises ocre rouge. Les orages à répétition m’empêchaient toute randonnée mais ce que j’avais devant ma porte suffisait à me bruler les yeux…

Paravent kirghize.

Je me suis ensuite attaqué à la rive Sud du lac. Une région bien plus sauvage que la rive Nord et constellée de petits villages dans lesquels même le russe n’est pas une langue bien maitrisée. Forcément je n’ai pas arrêté de m’y perdre. Lorsqu’on s’éloigne des eaux turquoises translucides d’Issyk-Kul vers le Sud on traverse tout d’abord une espèce de désert vallonné sillonné par des petites rivières venant des montagnes. Le vert éclatant qui les borde sur quelques dizaines de mètres contraste fortement avec l’immensité jaunâtre de la garrigue. En direction des montagnes l’herbe commence  à se faire plus présente au fur et à mesure que la terre rougit et rapidement les prairies nous dirigent vers les forêts de conifères. Ces forêts sont écrasées par l’imposante mer de sommets enneigés qui les dominent et se perd vers l’horizon. Au milieu de tout ça se trouve la magnifique vallée de Juuku…

Je ne sais absolument pas ce que je foutais là...

Puis j’ai atterri au village de Barskoön (Барскоон) où je me suis réfugié dans une yourte à l’arrière d’une auberge. Cet arrêt complètement aléatoire a été le plus intense. Un couple de suisse m’y ont offert de les accompagner dans leur promenade de vingt cinq jours dans les vallées des Monts célestes du Tian Shan (Тянь Шань). Il m’a été très dur de refuser d’autant plus que leur trajet incluait la réserve très protégée de Sarychat où je rêve de me rendre. D’ailleurs dans le sillage de leurs préparatifs mes suisses m’ont entrainé avec eux dans les bureaux du personnel de la réserve. Bien entendu vous vous doutez bien que mon curriculum vitae était déjà présent en deux exemplaires dans ces bureaux et que l’un des ranger avait mon numéro de téléphone. Mais un troisième exemplaire de mon CV et mon numéro dans le portable du directeur ne peuvent pas faire de mal. Cependant je ne me fais pas trop d’illusions et le contact le plus proche que je puisse espérer avoir avec un léopard des neiges risque bien d’avoir été capable de serrer des pognes qui leurs ont posé des colliers émetteurs. Continuant nonchalamment ma route je suis allé vérifié la réputation d’une superbe cascade plus haut dans la vallée. Or au pied de cette chute d’eau se trouvait un monument en l’honneur de

Ю́рий Гагарин!

Alors que je m’apprêtais à boucler mon tour du lac je réalisais que je n’avais toujours pas plongé ne serait ce qu’un orteil dans ses eaux. Je me suis donc installé dans le village de Bokonbaevo (Боконбаево) pour remédier à cet oubli. Bataillant avec les marshrutkas, traversant un semi-désert, j’arrivais tout d’abord sur les berges du lac Kara-Köl. Un lac souvent comparé à la mer morte à cause de son très fort taux de salinité. Les enfants qui avaient la mauvaise idée de plonger leur tête sous l’eau hurlait à plein poumon les complaintes de leurs yeux brulés tandis que des plagistes tentaient de bronzer sous la croute de sel qui se formait sur leur peau. Je ne me suis pas baigné. J’ai gardé mon maillot de bain sec jusqu’aux abord du majestueux Issik-Kul. Majestueux et froid…

La bestiole de la fin spécialement dédicacée à Nahé!


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3 Réponses so far »

  1. 1

    Maman said,

    Ca marche (message de service…)

  2. 3

    il dira pas ton nom avant le mien pour autant !


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