Mou du genou.

23 août

Le deuxième site le plus visité du pays avec Song-Köl c’est l’enchevêtrement de vallées au Sud de Karakol, qui offre apparemment un large choix de randonnées intéressantes. Je m’étais rendu plusieurs fois à Karakol dans l’espoir de m’offrir une de ces promenades mais la météo avait toujours été mauvaise et on m’avait conseillé d’attendre la mi-août. Ce que je fis. Le problème c’est qu’en rentrant de ma dernière excursion mou genou c’est mis à me faire un mal de chien…
À part marcher, il n’y a quasiment rien à faire au Kirghizstan. Par conséquent je n’avais pas beaucoup de choix, je devais m’offrir une convalescence forcée à Bichkek. Je ne vais pas non plus me plaindre, ça m’a donné une bonne excuse pour passer du temps avec les copains. Je ne sais toujours pas exactement ce qui a été à l’origine de cette douleur mais un toubib a évoqué la possibilité d’une trop fréquente variation chaud/froid.

Comme la baignade à 3 000 mètres après six heures de rando...

La douleur s’est estompée assez rapidement mais il est clair que je ne peux toujours pas repartir en randonnée. Je me suis alors rendu au festival « Ынтымак » (de l’amitié) dans le village de Kenesh (Кеңеш).

Quel pays de hippies...

Et pour le coup ce festival était vraiment génial. Les affiches en kirghize m’avaient aidé à flairer le bon filon. Le festival était organisé par le directeur de l’école du village et parrainé par la Japan International Cooperation Agency (JICA). Résultat une bonne centaine de kirghizes, une dizaine de volontaires japonais et autant de touristes égarés. Que du bonheur. La matinée a vu défiler les gamins de l’école et leurs parents venus interpréter chants et danses traditionnelles. Certains grands tubes étaient repris en chœur par la foule en délire. Je me suis toutefois retenu. Pendant que je me goinfrais dans une yourte en papotant avec des étudiantes kirghizes venues visiter leurs familles, les hommes avaient trouvé une balle d’Ulak-Tartysh.

Et une biquette de moins.

Je n’ai pas assisté à la mise à mort mais j’ai eu droit à plus d’explications grâce à mes étudiantes, ravies de pouvoir pratiquer leur anglais. Sachez déjà que le ballon à un nom: Ulagy. Certains prétendent même que dans un lointain passé il n’était pas une chèvre… Le but du jeu et donc de déposer Ulagy, qui pèse dans les vingt-cinq kilos, dans le Tai Kazan, le but, de son équipe. Généralement un cercle tracé dans la terre. À chaque fois que Ulagy atterrit dans un Tai Kazan, l’équipe concernée marque un point. Lorsqu’Ulagy quitte le terrain, il est remis en jeu et chaque équipe choisit un joueur. Ces deux joueurs doivent s’emparer de la barbaque au corps à corps et celui qui prend le dessus donne l’avantage à son équipe.

Des heures de fun.

Puis trois garçons et trois filles se sont lancés dans des parties de Kyz-Kuumai. Là encore j’ai pu avoir des précisions. Avant de commencer à jouer, la demoiselle se voit offrir le cheval le plus rapide et démarre quelques mètres devant son poursuivant. Celui ci doit ensuite tenter de la rattraper et de lui déposer un baiser sur la joue avant qu’elle n’atteigne la ligne d’arrivée. Si aucun baiser n’a atteint ça cible lorsque la cavalière atteint son objectif, les choses se corsent pour le bonhomme… Les deux joueurs repartent dans l’autre sens. Ils gardent les mêmes chevaux mais démarrent au même endroit. La demoiselle a jusqu’à la ligne d’arrivée pour maltraiter sa victime.

Ah tu voulais des bisous?

Un seul des joueurs a réussi son bisou mais ça ne l’a pas empêché de se faire cravacher…
Après cela nous avons assisté à un spectacle étonnant et à priori rarissime. La plupart des locaux n’avaient eux mêmes jamais assisté à ce jeu: le Каш Кулак (Cache koulak?). Il semblerait que ça veuille dire en kirghize quelque chose comme: « Défonce le loup »… Le nuisible se faisant un peu rare les joueurs ont dû se contenter de blaireaux.

Badger badger badger badger badger...

Pour jouer à ce jeu on peut de passer du loup mais on ne peut pas se passer du тайган (Taïganne?), un chien endémique au Kirghizstan. Les informations concernant cette race sont assez floues. Il ressemble à un lévrier afghan en moins moche et sert de chien de chasse. Apparemment il se raréfie mais les critères permettant de le déterminer exactement comme une race à part ne semble pas assez convainquant pour les programmes de protection. Quoiqu’il en soit, les propriétaires de la région nous présentèrent fièrement leurs toutous avant de commencer à jouer. Ça sentait l’amateurisme à plein nez. Le fait de n’avoir que deux blaireaux pour une quinzaine de clébards était déjà problématique. Au départ les organisateurs ont tenté des combats à un contre un, mais certains chiens peu doués n’ont pas su empêcher les blaireaux de se réfugier dans la foule. Je ne vous raconte pas la panique… Les règles ont donc du s’adapter et à trois reprises les organisateurs ont tout simplement lâché la meute sur les pauvres mustélidés.

Ouais! Plein de nouveaux copains!

Les tessons se sont bien battus et aussi incroyables que cela paraisse, ils étaient toujours vivant lorsque leurs propriétaires les ont remis en cage. Une fois la boucherie terminée les chorales se sont à nouveaux enchainées jusqu’à la fin de la journée.
Et puis il a fallu que je me mette en route. Je suis repassé par Bichkek pour dire au revoir aux copains une dernière fois. Quitter cette ville fut plus dur que je ne l’aurais imaginé il y a trois mois… Je suis actuellement à Osh, sur la route menant au col d’Irkeshtam. Un col qui servit de passage pendant des siècles aux caravanes voulant relier l’Asie centrale et la Chine. La ville de Osh ne présente aucun intérêt et bien qu’elle soit la deuxième plus grande ville du pays, elle est surtout célèbre pour avoir été le théâtre d’un terrible génocide ciblant la population ouzbek l’année dernière.
La dernière bestiole kirghize que je vous présenterais appartient à une famille que j’avais négligé:

Les reptiles.

 

Cette article est le dernier concernant le Kirghizstan. Étant donné les conditions d’utilisation d’internet en Chine, il se peut que je ne puisse pas vous donner de nouvelles avant mon arrivée en Corée du Sud, dans un mois.

 

Advertisements

2 Réponses so far »

  1. 1

    Гагарин said,

    C’est quand même une autre culture…

    Prends soin de toi et de tes gnous. Donne quand même des niouzes quand tu seras en Chine.

    • 2

      Rémi said,

      Je peux commenter mais je ne peux pas accéder à la partie administrateur de mon blog… Il existe des moyens mais je ne sais pas trop ce que je risque à les employer…


Comment RSS · TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :