Pics épiques, alcool et drame.

12 avril

 

Ine n’est pas seulement ma patronne, c’est un peu elle qui est en charge de tout ici. Tout c’est un grand projet qui prendra un peu de temps à vous expliquer. À me l’expliquer à moi même aussi d’ailleurs… Ce projet fait intervenir tout un paquet de gens et tout un paquet d’études adjacentes. Pour essayer de faire simple je vais vous les faire petit à petit.

Commençons par Ine.

Ine, comme vous vous en doutez, est une biologiste. Une biologiste marine pour être plus précis… « Mais que vient donc faire une biologiste marine en plein milieu de la Transylvanie? » me direz-vous. Et bien étudiez les oiseaux évidemment! J’espère que vous êtes aussi perdus que moi…

Bon en gros le projet central sur lequel nous travaillons vise à étudier les répercussions des changements de pratiques agricoles sur la biodiversité locale. Simple non? Pour cela il faut s’attaquer à un bon paquet de domaines, y compris la sociologie! J’y reviendrai ça changera un peu.

En attendant revenons à la trame de cet article, aussi appelée Ine. Notre boss a écopé de l’ornithologie. Vu son expérience dans ce domaine elle a donc fait appel à deux professionnels à la renommée internationale: Cathy et moi.

J'ai bien le droit de me la péter un peu non?

Si Ine s’est retrouvée dans cette étrange situation, il faut dire que c’est un peu par choix. Elle fait partie de ces gens bizarres qui sont intéressés par tous les domaines de la biologie et ne sont pas fichu de se résoudre à se spécialiser. Ainsi, parmi toutes les offres de doctorats qui lui était proposées, elle a choisit délibérément son poison. Enfin, n’allez pas croire qu’elle s’en plaint. D’autant plus qu’elle en rajoute! Si j’ai bien tout compris, elle accumule différents projets.

Comme j’étais en avance sur celui pour lequel j’ai été embauché, je lui ai filé un coup de main bénévole sur un autre.

La campagne roumaine offre l’opportunité d’étudier un écosystème qui a quasiment disparu d’Europe occidentale. Un paysage qui s’est tellement raréfié que je n’ai pas pu trouver son nom en français. En anglais on appelle ça:

« Wood pasture »

Je les appellerai « pâturages arborés » pour l’instant. Il s’agit de prairies, habituellement de tailles moyennes, sur lesquels ont été plantés ça et là quelques arbres. Outre procurer de l’ombre aux troupeaux et à leurs berger, ses arbres, le plus souvent d’énormes chênes, sont également exploités pour le bois de construction, leurs fruits, ou le charbon de bois. Or ces pâturages tendent à disparaître depuis la modernisation des pratiques agricoles roumaines. Du coup l’essentiel de l’effort de recherche en Transylvanie vise à évaluer le potentiel écologique de tels milieux. Pour ce faire Ine et ses collègues ont, entre autre, décidé d’utiliser différentes espèces de pics comme témoins.

J'appelle le pic épeiche à la barre!

Et c’est là que j’interviens. Avec les collègues on parcourt les pâturages et les forêts à l’écoute des marteleurs. On les incite aussi un peu à pousser la chansonnette en diffusant le chant de leurs copains à la ronde. Le but est d’obtenir des données permettant une comparaison entre les populations forestières et celles des pâturages arborés.

Pendant ce temps là Ine prépare le terrain pour le gros du boulot qui nous attend. Plusieurs échantillons de campagnes, chacun d’une surface circulaire d’un hectare, ont été sélectionnés aléatoirement par un programme informatique à partir de photographie prises par satellite. Pour son étude, Ine a besoin d’échantillon de forêts, de pâturages et de terres arables. Pour ces deux derniers il lui en faut un qui soit associé à une culture en openfield et l’autre à une culture bocagère. La différence entre les deux étant que les échantillons de bocage doivent intégrer une haie ou un bosquet.

À vous de trouver de quel échantillon il s'agit.

Comme on ne peut jamais faire totalement confiance aux ordinateurs, Ine parcourt la campagne à bord d’un de nos gros 4×4 Dacia Duster dans le but de vérifier que les échantillons sélectionnés correspondent bien à ses désirs. Une forêt à pu être coupée depuis la dernière photo satellite, ou un pâturage peut commencer à être cultivé. Or avec les dernières pluies diluviennes, on ne pouvait pas passer à côté d’un mini drame. Même nos gros bolides n’ont pas su maitriser la boue roumaine et après une demi cabriole nous voici amputés d’une de nos voitures. Heureusement il y a eu plus de peur que de mal.

Et puis pendant qu’Ine joue les cascadeuses, Cathy et moi révisons. Évaluer un hectare avec précision n’est pas une chose aisée. L’idéal est d’arriver à déterminer tout ce qui se trouve à moins de cinquante six mètres de soi. Pour s’y entrainer nous avons trouvé un petit jeu rigolo, mais le mieux est que je vous explique en image:

Bon bien entendu si on se plante on boit… Bref je vous laisse préparer vos commandes de GPS de précisions pour votre prochain Noël et je retourne réviser…

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2 Réponses so far »

  1. 1

    Cathy said,

    Hé Rémi, tu oublies de préciser que tu n’as gagné qu’une seule fois, par chance c’était pour la vidéo !


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