Une gonzesse de perdue…

2 mai

Lunja est retournée en Allemagne gratter du papier mais la maison ne s’est pas vidée pour autant.

Comme je vous l’avais déjà expliqué, les activités de notre groupe ne se limitent pas à l’ornithologie. Pour mieux pouvoir mesurer l’impact des différentes pratiques agricoles sur l’environnement il faut évaluer leurs répercussions sur à peu près tout ce qui vit. La dernière fournée de collègues vient assister Ine dans ses recherches sur les grands prédateurs.

Le haut de la chaine alimentaire.

Les deux prédateurs principaux de la région sont le loup et l’ours. Pour le premier, ils sont trop peu nombreux et trop durs à pister pour être directement étudiés. Par conséquent ils seront uniquement mentionnés dans les études sociologiques telle celle de Frida (Allemagne). Frida vient d’arriver et va passer plusieurs jours à questionner les locaux sur leurs relations, sentiments et rapports avec les loups et les ours. Les loups ne devraient pas vraiment poser de problèmes car ici on ne trouve pas de mouton qui se balade sans au moins un berger et deux toutous à ses côtés.

Et quand je parle de toutous je ne veux pas parler de ce genre de choses…

Les chiens de berger ici prennent leur boulot très à cœur et chassent sans distinction tout ce qui s’approche de leurs protégés. Y compris les ornithologues. Or il arrive également que des toutous se promènent sans moutons ni berger. Ceux là sont un peu plus pénibles et récemment il m’a fallu vider la moitié de mon spray lacrymogène sur l’un deux pour garder ma jambe droite.

Bref si les roumains se soucient peu des canidés, les plantigrades les exaspèrent un peu plus. En effet, malgré leur statut de grand prédateurs, les ours ont plutôt tendance à engouffrer tout ce qu’ils trouvent. Du coup les apiculteurs et autres agriculteurs de la région ne les apprécient pas plus que ça.

Le boulot des biologistes travaillant avec moi va être d’évaluer la présence et l’activité des ours en fonctions des différents milieux. Marlene (Allemagne) est arrivée en même temps que moi et étudie l’activité des ours dans les « wood pastures » pour son Master. Ine fait de même pour son projet, mais comme elle est aussi censée compter les oiseaux elle a recruté un petit paquet de monde pour commencer le boulot sans elle. Nous avons ainsi été rejoins par Joris et Annamarie (Pays-Bas), Ben (Australie), Alexander (Angleterre) et bien entendu Jörn (Allemagne), le patron d’Ine et enseignant -chercheur en charge de ce colossal projet.

Celle qui n’a pas de tête c’est Annamarie.

Comme j’irais moi aussi compter les cacas d’ours plus tard j’attendrais ce moment là pour vous expliquer plus précisément le boulot. En attendant je continue de m’occuper des pioupious qui se font de plus en plus nombreux avec l’arrivée des migrateurs. Les résidents quand à eux se font plus discrets et consacrent plus de temps à la nidification qu’au chant. Et mister Soleil se levant de plus en plus tôt il faut que je suive le rythme pour pouvoir écouter mes ténors tombés du lit. Par contre comme il fait très vite trop chaud pour s’égosiller je finis le boulot assez tôt.

9h30, plus un bruit dans les campagnes.

Du coup ça laisse du temps pour visiter la région. Alors bien sûr dis comme ça, le tourisme en Roumanie ça ne vend pas vraiment du rêve. Mais par chance la Transylvanie est certainement le coin le plus sympa du pays.

L’attrait principal de la région est certainement le multiculturalisme. C’est peut-être aussi le plus gros problème. Suite à une histoire intéressante que je vous conterais une autre fois, la Transylvanie est habitée par tout un paquet de gens d’origines très différentes. Ainsi la populations locale est essentiellement constituée de Roumains, Hongrois et Saxons. Mais on trouve tout un paquet de minorités dont les Tsiganes de Transylvanie, les fameux Roms. Ils seraient arrivés au XIVème siècle depuis les steppes mongoles. Or comme tous les peuples nomades, leur confrontation avec une société moderne sédentaire a créé des conflits encore d’actualités aujourd’hui. Si toutes les ethnies du coin sont d’accord sur une seule chose c’est que « c’est encore à causes des gitans! ». En Transylvanie, si vous crevez un pneu, ne péchez pas de poissons, êtes cocus ou vous luxez un testicule, c’est sûrement à cause d’un tsigane.

Têtes de turcs.

Mais le racisme ambiant n’est pas le seul cadeau que nous offre l’abondance de cultures différentes. Avec des villages dans lesquels personne ne parle roumains on a droit à une variété incroyable d’architectures et de décors. Les plus célèbres et typiques étant les églises saxonnes fortifiées. Mais trêve de blabla, j’ai la flemme alors je vous laisse avec des exemples en images:

Alexandrita

Văleni

Sighişoara

Biertan

Viscri

Alma vii

Moşna

Mediaș

Daneş

Târgu Mureș

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