Tout terrain.

8 juin

 

Vous savez désormais à peu près tout du travail d’Ine mais pour vous annoncer les dernières actualités je dois vous préciser le cadre dans lequel elle travaille. Tous mes collègues travaillent de plus ou moins près pour l’université de Lüneburg en Allemagne. Le projet auquel participe Ine est supervisé par Jörn et Yann. Il regroupe quatre étudiantes qui effectuent chacune un doctorat. Deux sociologues, Frida et Andra, et deux biologistes, Ine et Jacqueline. Jacqueline est une herpétologiste allemande dont le travail ici est bien entendu d’étudier… les plantes et les papillons…

Jacqueline et Kuno, un ami de Tibor passionné de lépidoptères.

Jacqueline a dû un peu se débrouiller comme Ine. Apprendre à différencier les papillons sur le tas et recruter des spécialistes pour l’assister. La saison commence tout juste pour elle mais la malchance a déjà frappé. Le premier entomologiste qui devait l’assister s’est pété le genou et ne peut plus la rejoindre… Au même moment, de notre côté, le boulot sur les piafs était quasiment fini. Les oiseaux s’occupent de leurs rejetons et ne chantent plus vraiment. Résultat, Cathy et moi allions être pleinement affectés au démolissage de fourmilières. Quelque chose que tout le monde peut faire, alors que les papillons…

Vous commencez à voir où je veux en venir?

Bon alors je suis aussi bon en détermination de chenilles en chaleur qu’en supervision de fission nucléaire. Mais si Jacqueline a appris sur le tas pourquoi pas moi? Et puis bon, on ne peut pas dire qu’elle ait vraiment le choix. Alors bon la partie technique est assez simple. Je travaille exactement sur les mêmes sites que ceux qu’on utilisait pour les oiseaux. Logique puisqu’on veut là aussi démontrer les effets des pratiques agricoles sur la diversité de plantes et de papillons. Sauf que ce coup ci il ne s’agit pas de rester planté le nez en l’air pendant dix minutes… Ceux que je cherche se trouve plus bas.

Souvent amoncelés autour d’un caca.

Chaque hectare est divisé en quatre transects de cinquante mètres partant des quatre points cardinaux pour ce rejoindre au milieu du site. Je dois parcourir chaque transect en cinq minutes. Pas plus, pas moins. Au cours de ma lente progression je dois attraper tout papillon qui se trouve à deux mètres de moi sur les côtés, cinq mètres devant et au dessus. Lorsque j’ai mon insecte, deux possibilités. Ou bien c’est un super facile et j’écris directement son nom sur ma fiche. Ou bien c’est une saloperie de petit azuré à la con. Alors je sors mon guide des papillons, je tente de m’aider de la clé de détermination, je recommence, j’arrache des pages de mon guide, je recommence, je mange les pages précédemment arrachés, je recommence, je pleure, je recommence, je prend une photo pour que Jacqueline essaie de l’identifier le soir même, je recommence, je mange le papillon…

Et j’ai pris beaucoup de photos…

Alors je me plains mais en réalité j’adore ça. C’est intéressant tout nouveau et j’en apprend tous les jours! Ça me remplit mes journées aussi. Parce que quand on a cent papillons sur un transect on ne le finit pas en cinq minutes. Et puis il y a le papillon qui traverse tranquilou mon transect et après qui je cours pendant deux cent mètres en descente. Le tout pour découvrir que ce n’est qu’un petit azuré de l’ajonc. Le plus commun en ce moment. Plus qu’à remonter jusqu’à mon transect et reprendre où je m’étais arrêté…

En plus de tout ça il y a les habitants des villages. Ils m’ont déjà vu planté pendant dix minutes dans leurs pâturages à écouter le vent, donner des coups de pieds dans les fourmilières à la lisière de leurs forêts et maintenant je cours partout dans leurs jachères avec mon filet. Ils vont pas tarder à m’interner…

Bon et pour vous faire partager un peu plus mes découvertes je vous mets des photos:

Azuré de l’Ajonc (Plebejus argus)

Fadet de la mélique (Coenonympha glycerion)

Thècle de la ronce (Callophrys Rubi)

Nacré de la filipendule (Brenthis hecate)

Fadet de la chevrette (Cupido osiris)

Fadet commun (Coenonympha pamphilus)

Myrtil (Maniola jurtina)

Argus bleu (Polyommatus icarus)

Damier de la succise (Euphydryas aurinia)

Gazé (Aporia crataegi)

Flambé (Iphiclides podalirius)

Machaon (Papilio machaon)

Oh et lors de ma dernière tournée de destruction de fourmilières j’ai vu un ours…

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2 Réponses so far »

  1. 1

    flo said,

    Arrête la bière! T’as du confondre avec un vieux trappeur roumain (aux dires de Mathieu!). De toute façon tu peux dire ce que tu veux, je te crois pas… Et si c’est vraiment le cas j’espère qu’il t’a niqué à la course qu’il t’a fait des trucs pas cool!!

    Des bisous ma blonde.

  2. 2

    Rémi said,

    Il m’a niqué à la course mais c’est moi qui lui courrait après…


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