Entre hurlements et rugissements.

9 décembre

L’Osiris est un ancien bateau de pêche saisi par l’état pour braconnage. Armé par les Terres Australes et Antarctiques Françaises, il est désormais affecté à la surveillance des pêches et à d’occasionnels sauvetages en mer. L’embarquement s’est fait rapidement après d’énièmes aux revoir à ceux qui vont enfin avoir leur île pour eux seuls. Mes cinq collègues à destination d’Amsterdam et moi-même furent rejoints par une poignée d’hivernants affectés aux Kerguelen. Une fois tout le monde à bord nous mimes le cap vers le cinquantième parallèle.

La première étape fut de longer par le nord la magnifique île de l’Est. Un territoire quasi vierge abritant une quantité impressionnante d’oiseaux. La mer était littéralement couverte de prions, pétrels, albatros et même manchots. Une fois l’île derrière nous, la traversée à proprement parler pouvait commencer.

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Toujours bien escortés.

Comme depuis le début de ce voyage, nous avons été extrêmement chanceux avec la météo. Mais avec un bateau deux fois plus petit que le Marion Dufresne, même une météo clémente envoie une bonne partie des passagers aux toilettes. Pour ceux d’entre nous qui tenions encore la route, nous avons eu le plaisir de faire connaissance avec un équipage très sympathique. Entre les histoires de marins, les combats permanents pour garder son équilibre, les apéros sur la passerelle et les parties de tarots devant un nanar, le trajet jusqu’aux îles Kerguelen fut un véritable plaisir.

Trois jours après avoir quitté la base Alfred Faure, les contours de la Grande Terre se dessinèrent à l’horizon. Et pour être grande… L’ensemble de l’archipel des Kerguelen couvre l’équivalent de quatre-vingt douze pour cent de la surface de la Corse. Les côtes de la Grande Terre couvrent une distance plus longue que toutes celles de métropole réunies. Un mot est souvent revenu alors que nous assistions ébahis au déballage de vallées, baies et montagnes.

2 déc

« Continent »

Suite à l’invitation généreuse du chef de district et à l’autorisation tout aussi appréciée du commandant de l’Osiris, nous avons eu l’opportunité de visiter la base de Port aux Français. Était-ce à cause des deux semaines passées à Crozet que la plupart d’entre nous ne se sont pas trop senti dépaysés? Highlands pour les uns, Bretagne pour les autres, voire même relents du Nord de la France pour certains. La plus grande base des Terres australes françaises, entourée d’un paysage désertique sous un ciel gris de nuages bas, ne correspondait pas vraiment à l’idée que nous nous faisions d’une île subantarctique. Routes goudronnées, lampadaires et cortèges de véhicules. Si les éléphants de mer n’envahissaient pas les moindres recoins de la base, on se serait vraiment cru à la maison.

Ne vous y trompez pas, les Kerguelen sont tout aussi isolées et australes que Crozet, mais la démesure de ce territoire fait que ce n’est pas en une petite journée que vous pouvez vous en rendre compte.

3 déc

Il y a quand même des signes qui ne trompent pas. (Trompent… Éléphant de mer… Trompe… Éléphant… Non?)

Nous avons donc repris notre route après avoir débarqué nos amis ainsi qu’embarqué une poignée d’hivernants restés sur ce district depuis un an. Un dernier au revoir des occupants de la base et des dauphins de Commerson et nous avons quitté les cinquantièmes rugissants pour nous diriger vers les quarantièmes hurlants. Et pour le coup, ces latitudes ont mérité leurs surnoms. Sous un ciel bleu mais des vents déchainés, la traversée finale en aura envoyé plus d’un dans les commodités. Mais l’équipage extraordinaire de l’Osiris sous le commandement d’un homme exceptionnellement généreux et chaleureux aura rendu ce périple fantastique. Au point de nous faire presque regretter d’arriver demain sur l’île d’Amsterdam…

The Osiris was a boat used by poachers for illegal fishing. Caught by the French coastguards, it is now a patrol ship and also one of the rare vessels in the area to be sent on rescue missions. This is why it has been sent to bring us to the Kerguelen and Amsterdam islands. So how is life on board of a fifty meters long boat below the roaring forties?

Well there are two kinds of passengers. The first ones spend their days between the toilets and their beds. The second ones have more fun. The crew and number of passengers being quite low, it is a lot easier to socialize with the crew and its captain. The day begins quite early since you had difficulties to sleep. Hosted at the bottom of the boat in a cage turned into a four beds dormitory you already have to deal with the lack of space. Then come the noise of the engines, the twenty-four hours light filtering from everywhere and the boat’s movements that throw you randomly all over your bed.

4 déc

Get up, I feel like being in a washing machine.

So you’re awake and it takes few minutes to learn again how to walk on a moving ground. Once you’ve reached the breakfast room, you drop half of your hot coffee on your knees because of a vicious wave. Now fully awake and half burnt, you reach the command room to say hello to the captain and his crew. Time there is easily spent. The wonderful cliffs of East islands, the thousands of birds, the silhouette of the Kerguelen appearing on the horizon behind a group of killer whales. After a quick drink with the captain, you go down for lunch, trying not to loose your food all over the place. Nap, birdwatching, card games, movies. There is plenty of ways to busy yourself waiting for diner and crazy evenings with the captain and his crew.

5 déc

We can’t really say we’re sorry not to travel on the Marion Dufresne anymore…

Our first stop was at Port aux Français, on the Kerguelen islands, the biggest of the French Subantarctic territories. After staying about two weeks on Crozet, Port aux Français looked a bit dull to us. If it wasn’t for the elephant seals everywhere we wouldn’t have been able to tell we were still in the Subantarctic. Concrete roads, vehicles everywhere, public lights. But we all knew that if Port aux Français looked like the middle of a desert, most of the archipelago hosts an incredible number of the Subantarctic unique wildlife. A day is just not enough to have a look at it. We had to leave as soon as possible to our last destination, Amsterdam Island.

6 déc

But not without a warm goodbye from the Kerguelen’s people and their friendly Commerson’s dolphin.

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4 Réponses so far »

  1. 1

    Papa said,

    « Il était un petit navire, il était un petit navire, …. »,
    fais gaffe, au bout de 5 semaines quand les vivres ont commencé à manquer … c’est qui qu’ils ont mangé ????

    C’est celui-là ton bateau :
    http://www.oovatu.com/voyage-circuit…/croisiere-legende-d-osiris.htm ????

    ou celui d’anciens traficants saisi par les douanes à la Réunion ?
    Regarde bien il reste peut-être des trucs au fond de la cale….

    Mais tu n’es pas encore arrivé et comme tu es « poisseux » (=qui porte la poisse en tahitien) il va encore y avoir du sport ….
    J’attends la suite …

    Bises
    Papa

    • 2

      Rémi said,

      Notre bateau c’était le plus beau!
      Rien à voir avec un paquebot de croisière qui se la joue…
      Mais là ça y est! On est arrivés et sa commence fort!
      Bises

  2. 3

    Partir au bout du monde avec des 1664.
    Faut être motivé quand même. Suis fier de toi mon coupain 🙂


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