Ça trompe énormément.

24 décembre

Je ne m’étalerai pas sur l’extraordinaire dernière soirée à bord de l’Osiris ou sur notre arrivée dans les règles sur cette île tant convoitée.

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Relax.

Non je vais tout de suite vous parler de ma nouvelle maison. Et pour bien commencer il est indispensable de vous parler d’une bestiole en particulier. Il est impossible de l’ignorer ici, elle est partout. Dans les yeux d’abord. Lorsque de chaque côté du zodiac ses nageoires dépassent ça et là à travers la surface de l’eau. Lorsqu’il faut se frayer un chemin à travers les individus échoués sur la cale pour aller saluer les collègues. Dans les oreilles ensuite. Les aboiements plaintifs des mâles qui font penser à de vieux toutous miteux (un en particulier). Les hurlements de louve des femelles qui remplissent l’air et se mêlent aux embruns. Les bêlements nasillards des nouveau-nés et leurs petits cris presque humains. Et dans le nez enfin. La forte odeur naturelle de l’otarie à fourrure subantarctique est amplifiée par le rut des mâles et par la période d’ébullition à laquelle nous arrivons.

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Les cinq collègues de l’Institut au milieu des vrais propriétaires de l’île.

Pour bien vous parler de cet animal, il faut que je m’attarde sur son cycle de reproduction particulier. Vers le milieu du mois d’octobre, les premiers mâles sont arrivés sur les rivages désertés de l’île. Les bonshommes n’avaient pas tiré leur crampe depuis décembre dernier et étaient déjà un peu sur les dents. Ils se sont empressés de s’approprier un tas de cailloux bien placés et les défendent violemment depuis. Et pour cause, si ces cailloux valent le coup, ils pourraient attirer un petit paquet de femelles et les mâles pourraient peut-être en tirer un (de coup). Et elles sont bien arrivées ces femelles. Environ un mois plus tard, les premières font leur apparition, et elles ne vont plus s’arrêter jusqu’à la fin décembre. Un seul petit problème, elles sont presque toutes en cloque…

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FUUUUUUUUUUU

Je ne vous raconte pas l’état des mâles. Les monstres de près de cent kilos sont sur la béquille depuis un an et n’ont rien mangé depuis qu’ils sont arrivés. Le moindre gravier sur lequel une femelle pourrait poser une nageoire se défend à grands coups de crocs. Toutefois au milieu de cette effervescence et dès la fin novembre, les nouveau-nés font leur apparition. Dès décembre, les mâles les plus chanceux vont pouvoir vivre leurs poignées de moments pour lesquels ils se sont battus avec tant de vigueur. Et ce sans aucune pudeur pour les petites peluches qui découvrent rapidement un monde assez violent.

Et moi là-dedans? Lorsque porter des poils d’otaries faisaient encore fantasmer ces dames, l’île d’Amsterdam a été une boucherie. À tel point qu’assez vite on ne trouvait plus un pinnipède sur l’île et que l’espèce a été considérée comme éradiquée de la région. Depuis, l’animal a été protégé et a repeuplé l’île à une vitesse et avec une efficacité spectaculaire. Le laboratoire pour lequel je travaille étudie la démographie de cette espèce. Une portion de côte de l’île, appelée la Mare aux Éléphants, à cinq minutes de marche de la base, a été choisie pour cette étude.

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Annexe de mon bureau.

Chaque année, l’écologue de la base y marque plusieurs nouveau-nés et suit leur croissance tout au long de l’année. Si vous avez bien suivi la phénologie de l’espèce précédemment expliquée, vous aurez peut-être remarqué que j’arrive pile poil au bon moment. Aidé par celui qui vient de passer un an dans mes futures bottes et un volontaire de la base, je parcours les rochers à la recherche de petites otaries vieilles de quelques heures. Armé d’un bâton qui sert surtout à me rassurer, je sautille par dessus les rangées de crocs pour subtiliser à sa mère un bambin. Après cinq minutes de mesures, une nouvelle couche d’excréments sur mon pantalon et la pose d’un petit numéro, il sera rendu à sa génitrice. Et les retrouvailles entre un bébé apeuré et sa mère soulagée font facilement oublier qu’elle a failli m’arracher le bras quelques minutes plus tôt.

Well if I’m late about my arrival on the island it’s also because I’m late in my work, so straight to the topic:

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Awwwww…

Cute right? Well they are evil little poop machine on which I have to work. The subantarctic fur seals have been well on Amsterdam island until some chicks up in the North thought that wearing their fur would be really fancy. So they’ve been massively slaughtered. So well that the massacre stopped because of the lack of seals. They were believed to be extinct on the island. But since that fur is a lot less fancy and the seals have been protected, any little rock on the coast of Amsterdam is hosting a fluffy pack of fat. The lab I’m working for is studying the demography of this specie. On a small part of the coast, called « La Mare aux Eléphants », every year, an ecologist is send to tag a pack of pups and study them until they leave the island. This year I am the one on duty to catch more than a hundred of these little teddy bears. Lucky me?

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Maybe not…

These pups have mums and they don’t really like that I catch their babies, even for just a few minutes. Few minutes that I need to take some measurements and put a little number on the pup. While little evil poops widely on me and try to bite with its new little teeth. But these two aren’t the worst. The worst are the males. They didn’t have sex for the last year, no food for the last two months and from time to time an intruder try to bang their females. They are already a bit pissed off so when I come and steal one of the babies and the female follow me out of the harem without a little gift for the pimp…

They hate me but I still love them and everyday I go to « la Mare » with a big smile on my face.

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Anyone who screws with my seals get a kick!

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14 Réponses so far »

  1. 1

    Manu said,

    J’adore tes bottes mec! A bientôt :o)

  2. 3

    flo said,

    On a retrouvé le flic des « village people » !!!!
    Au fait, noyeux joël mon copain.

  3. 5

    Papa said,

    Et oui ça fait très YMCA …
    Surtout avec tous ces phoques autour de toi …
    Bonnes fêtes de fin d’année et fais attention à toi et bonnes
    Bises
    Papa

  4. 7

    cosette said,

    je dis oui les bottes! et oui au nouveau style! mais effectivement, entre une île deserte, pleins de phoques qui n’ont pas tires leur crampe et toi… moi jdis les pauvres ils vont subir! bonnes fêtes l’ami et pense à donner ton numero de la bas si jpeux appeler un coup ce serait troooop bien!

  5. 9

    Gagarin said,

    Au fait, joyeux anniv !

  6. 11

    Obligatoire said,

    Bonjoir,
    J’espère que tout se passe pour le mieux depuis ton dernier post. Je suis toujours tes aventures qui sont toujours aussi passionnantes. J’en profite pour te souhaitez un joyeux noël, une bonne année, un bon anniversaire et une bonne nuit. Je ne sais pas si c’est une bonne idée mais je pense que tu serait content d’avoir de mes nouvelles, surtout que je fait enfin quelques chose : je ne bois plus d’alcool depuis deux mois, j’ai arrêter les joint la semaine dernière et je prévois d’arrêter la clopes d’ici peu. Je passe le permis de conduire mardi prochain et j’entame un bilan de compétence le mercredi. Avec tout ça en même temps, c’est des coup que je vais me mettre au rameur pour venir te voir (Enfin, ça c’est pas sûr). Si tu as un numéros de téléphone, je voudrais bien le connaitre pour t’appeler piles quand tu dort (C’est pas parce que tu est loin qu’on ne peut pas t’emmerder, non?).

    A bientôt,

    Vico.

    • 12

      Rémi said,

      Ah ben ne te prive surtout pas de donner des nouvelles! Surtout aussi bonnes qua celles là!
      Je trinquerai à tous ces litres d’alcool que je vais m’enfiler pour compenser ceux que tu n’as pas bu tiens!
      Dès que j’ai un moment je t’envoie mon tel par mail ma poule! Prend soin de toi et n’oublie pas que la bière n’est pas considérée comme un alcool en Russie,
      Davaï!

  7. 13

    Cathy said,

    Alors c’est aussi drôle que les fourmilière pour donner des coups de pieds ?

    • 14

      Rémi said,

      Je ne tape pas les enfants voyons. Par contre courir après leurs mamans c’est presque aussi drôle que de courir après un ours!


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