Le vent de l’Histoire

28 août

 

Boarf, pas grand-chose de nouveaux les copains. Régine est allée rejoindre son Régis et mes poivrons vont bientôt être mûrs, mais je n’ai pas grand-chose de neuf à raconter.

Du coup j’ai eu le temps d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de mon district. Et oui ! Vous avez cru y échapper ? Et bien non, vous allez avoir droit à un article historique !

En plus ça commence super bien, par un évènement historique fondamental, le premier tour du monde effectué par l’Homme. S’il ne s’était pas fait bouffer par des Philippins, Magellan aurait été le premier à apercevoir l’île d’Amsterdam. Du coup c’est le reste de son équipage, à bord du Victoria commandé par Juan Sebastián Del Cano, qui découvrit l’île le 18 mars 1522. Quand on sait que même aujourd’hui il n’est pas évident d’accoster sur l’île, ça ne surprendra personne d’apprendre qu’aucun membre de l’équipage du Victoria n’a pu poser le pied sur cette île perdue. Elle ne sera nommée qu’un siècle plus tard par un gouverneur hollandais, Van Diemen, qui se rend à Java à bord du Nieuw-Amsterdam. Mais il faudra encore attendre l’année 1696 pour que Van Vlaming pose le pied sur Amsterdam avant d’accoster à Saint-Paul. Autre prestigieuse expédition à s’être arrêtée en vue d’Amsterdam, celle de l’amiral d’Entrecasteaux, à la recherche de La Pérouse, en 1792. A cette époque, Amsterdam commence à peine à être habitée et n’est toujours pas formellement revendiquée par quelque nation que ce soit. Elle n’offre même pas vraiment une halte sur la route des Indes puisqu’il est quasiment impossible d’y accoster.

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Passage de Vlaming à Amsterdam.

Mais à cette époque l’île attire de plus en plus de baleiniers, de chasseurs d’otaries et de pêcheurs. Des hommes sont déposés sur l’île et peuvent passer plusieurs mois à massacrer les pinnipèdes pour leur graisse et surtout leur fourrure, très prisée à cette époque par la Chine. Les récits de marins stationnant sur Amsterdam sont légions et beaucoup d’habitants de l’île ne seront jamais connus. Les chasseurs de fourrure introduisent volontairement diverses plantes comestibles et animaux domestiques pour permettre aux éventuels naufragés de survivre en attendant le passage de bateaux. Parmi les amstellodamois les plus notables de cette époque, on trouve des marins qui échouèrent à Crozet en 1821, furent secourus en 1823 par un navire qui se rendait à Saint-Paul et Amsterdam et décidèrent de rester sur cette dernière après s’être engueulés avec le capitaine. Au bout de deux mois, le baleinier King George accepta d’embarquer trois des dix naufragés restés sur Amsterdam. Ce qu’il advint des autres reste un mystère mais des pierres gravées en 1825 ont été retrouvées autour de la base.

En ce temps-là, les habitants de l’île sont essentiellement des naufragés, volontaires ou pas, de toutes nationalités. L’île elle-même n’est toujours pas revendiquée par un état. L’île Maurice et ses dépendances étant alors anglaises, un vague décret londonien incluait Amsterdam dans les territoires anglais. C’est au final à un polonais, Adam Mieroslawski, qu’est attribuée la prise de possession de l’île d’Amsterdam. Au milieu du XIXème siècle, l’île de la Réunion et l’île Maurice ont toutes les peines du monde à s’approvisionner en poisson, or les eaux des îles Saint-Paul et Amsterdam regorgent de thons, bleues et surtout fausses morues dont les mascarins sont très friands.

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Et qui continuent à faire la joie des hivernants.

Adam prévoit donc d’installer une pêcherie à Saint-Paul et par la même occasion, revendiquer les deux îles comme françaises. C’est ainsi que le 1er juillet 1843, une baleinière de l’Olympe est envoyée sur l’île pour dresser le pavillon français et prendre possession de l’île. Ils ne restent que trois heures, Amsterdam étant toujours considérée comme trop difficile à accoster pour établir une base permanente. Mais même sur Saint-Paul la vie n’est pas rose et l’entreprise d’Adam échoue lamentablement. A peine un an après la prise de possession des deux îles, le gouvernement français refuse de confirmer l’acte et Amsterdam redevient apatride. A nouveau livrée aux pêcheurs de passage, naufragés et expéditions scientifiques, c’est en 1870 qu’un nouvel ambitieux tentera de s’installer sur l’île de manière permanente. Heurtin, un Réunionnais, a le projet un peu fou d’y installer une ferme. Ce serait d’ailleurs lui qui aurait introduit les bovins sur Amsterdam et tenté les premières cultures. Un échec dramatique qui pourrait même avoir coûté la vie à quelques uns de ses compagnons. A peine quelques mois après leur arrivée, les survivants fuient l’île à bord d’un bateau de passage en laissant les bovidés derrière eux.

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Vestige de la maison Heurtin.

Et c’est reparti pour le train-train des naufrages, saisons de pêches et expéditions scientifiques. L’une d’elle en particulier a marqué l’histoire du district. La mission, transportée par le Fernand, chargée d’observer le passage de Vénus devant le Soleil depuis Saint-Paul en 1874. Après être resté plusieurs mois sur Saint-Paul, un groupe de scientifiques est débarqué sur Amsterdam et ils en font les premiers relevés dans plusieurs domaines tels que la géologie, la flore ou la faune. C’est encore plus tard que le gouvernement français assumera enfin la prise de possession du district. C’est d’abord l’équipage du La Bourdonnais en 1892 qui plantera un pavillon sur l’île Amsterdam, puis l’Eure affirmera cette prise de possession après avoir assuré celle des Kerguelen. Ironiquement ce rattachement au territoire français coïncide avec le début d’une assez longue période d’inactivité pour l’austère île Amsterdam. Les otaries et les baleines ont été décimées depuis longtemps et la pêche ne nécessite plus de base permanente, l’île est abandonnée aux vaches, chats et rongeurs.

Finalement ce sont les besoins en informations météorologiques qui ramèneront l’île d’Amsterdam sur le devant de la scène. Située au beau milieu de l’océan Indien, l’île est le site idéal pour recueillir des données dans la région. Et c’est ainsi que le 1er janvier 1950, quelques membres de la première mission scientifique venue hiverner une année complète sur Amsterdam posent pied à terre. Parmi eux, le premier chef de mission, Paul Martin de Viviès. C’est le début d’une aventure extraordinaire, d’un cycle qui se poursuit encore aujourd’hui, d’une histoire qui continue tous les jours…

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Photo de la première mission hivernant sur Amsterdam.

L’histoire de Saint-Paul est en anglais, à vous de vous débrouiller !

 

 

Not much news to tell, winter is keeping its quite routine. Females’ penguins met the males and a long succession of shifts to raise a new generation of rockhoppers is starting. Pups start to grow quite old now and I’ll soon have to switch their baby’s tags for adult ones. Not much to say about present so I’ll tell you more about the history of my district. I did Amsterdam’s history in French so you’ll have Saint-Paul’s one, deal with it.

The discovery of Saint-PaulIsland isn’t well known, the first mention of this island being its name and location written on an old map from 1559. The name São Paulo being chosen from the boat which discovered the island.

Forty years after its discovery, no one has yet set a foot on the island. The first one to do so is the Dutch sailor Willem Van Vlaming, in 1696, who is looking for the lost Riddersthap Van Holland. He stayed with his crew for several weeks and left a nice description of the island. Since Saint-Paul already had a visitor and didn’t have much interest for sailors on their way through Indian Ocean, it had very few visitors until the end of 18th century. It’s a new market, led by Chinese, which was going to give Saint-Paul its notoriety.

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The seals’ fur trade.

Seals fur could be sold a very high price in Chinese markets and people would be able to live a life of many dangers to collect the precious skins. Saint-Paul was easy to land and full with seals, it’s no surprise it hosted an incredible amount of hunters. And with them an important number of stories. No one know exactly how many people lived on the island but one man left a dramatic witness of what must have been life on Saint-Paul for the crazy hunters, his name was Péron. Péron was a French sailor from Brest, who left his home country on an American boat, l’Emilie, in 1792. While cruising by Saint-Paul, the L’Emilie’s captain, Mr Owen, met Mr Wamsley, the captain of the Noolka, a boat coming back from Canton to take back hunters and the skins they collected. Owen was impressed by the amount of money the fur trade could make. He convinced Péron and three other sailors to stay on the island for fifteen months with a guy from the Noolka, Godwin, to hunt seals and collect skins. The first of September, the five men were left on the island with the guarantee that they’ll have food for fifteen months the day after, and that the L’Emilie was to be back by this time. But the second of September, in the early morning, the only thing Péron could see were the two boats leaving to the East…

Lost on their island, the five men continue the slaughter which had started for several years already and gather hundreds of skins. Saint-Paul being on a trade way between the Cape of Good Hope and South East Asia or Australia, as well as being quite easy to land on, Péron and his companions had some visits from passing boats. One of these visits, in 1793, being crucial for Péron’s fate. Lord Macartney, with his two boats the Lion and the Hindoustan, stops at Saint-Paul and meets Péron. The French sailor tells him about his misfortune and the Emilie. While on a walk with the lord, the crew of the two boats rampage Péron’s installation and steal eight hundred skins. Péron begs lord Macartney to have them return but he just gave him a bit of rice and pork… Two years after they had been abandoned on Saint-Paul a fight starts between the five men. Godwin and the other English sailor attacked Péron who hide with the two French in a cave at the other side of the crater. Two months later, the French manage to win the shelter of the camp again and send the English to their cave. In September 1795, one of the French dies from a disease and by December, forty months after their arrival, the Cérès, a British boat, welcome on board the four survivors. But the boat is too full to carry the 2700 skins the men have collected… Péron will continue to travel after his adventure and learn about the death of Owen, the war catch of the Emilie by the Lion, win back the money from his hard labor and even go back to Saint-Paul to hunt seals!

Saint-Paul will continue to host many hunters after Péron but the number of seals will rapidly decrease until their complete extinction. The island is then left to whale hunters and fishermen. The fish abundance will actually lead to the need of an official possession act of the island. In 1843, no country is officially claiming the possession of Saint-Paul while the demand for fishes in the Mascarene Islands is growing as an important source of incomes. The same year, French traders from La Réunion Island ask their government to claim Saint-Paul and AmsterdamIslands as French territories to start a fishing settlement on Saint-Paul. This settlement is directed by a Polish, Adam Mieroslawsky, but after a year of low success, the French government announces that it doesn’t approve the possession act and only accepts a protection agreement to the settlement. In 1853 the failed project is abandoned and the fishery is closed.

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A stone carved by a soldier witnessing the failed claim of the island.

Saint-Paul is backed to its freedom. Succession of wreckages, fishing or scientific expeditions write the list of the island’s visitors. The most notorious expedition to set sail to Amsterdam is the one led by the commander Mouchez, on La Dives, in 1874. The goal of the expedition was to study Venus passing over the Sun. This rare event offered the opportunity to calculate the distant between the Earth and the Sun. But for this to be accurate the event has to be observed from different point over the globe. One of the points chosen was Saint-PaulIsland. Venus showed up in front of the Sun the 9th of December but the expedition stayed on the island for three months, gathering an important amount of information about it. The island is still not claimed by any country but in 1892 the need to do so grows again. And the 24th of October, the La Bourdonnais sent people on Saint-Paul to erect the French flag and to confirm French sovereignty. Saint-Paul continued then to be rarely visited and most people forgot about this little rock lost in the middle of Indian Ocean. But in 1928 the biggest event in Saint-Paul history was to take place. A French society, La Langouste Française, decided to establish a crayfishes in cans factory on the island. This massive project sees a whole factory being created on the island in a month and more than a hundred of workers during summer. In winter, less than ten people are left on the island to keep an eye on the factory. In March 1930, the summer workers are brought back to Madagascar and seven people are left as winterers, including a pregnant woman. She gave birth to a girl one month after the boat left the island but her daughter died two months later. The first step of a horrible tragedy. When the boat comes back with the new summer crew the 6th of December, with a two months delay, ignorant of what has been happening on the island, the crew discovers only three survivors… Who decide to stay and participate at the summer fishing season… The factory keeps on running but a new tragic disaster will strike it during the 1931-1932 summer season. A disease outbreak kills about twenty workers and the others are brought back to Madagascar leaving no one on the island. The factory is abandoned; Saint-Paul is once again free of habitants. And still remains like this today. I don’t have any clue why Amsterdam has been chosen to host the permanent base. Historically Saint-Paul, a lot easier to access, has seen many more visitors. But when the French decided to start a meteorological station in the middle of the Indian Ocean, they chose Amsterdam Island to host it. Since that, Saint-Paul is part of the district but no project of long term occupation had been created. In the early 21st century, rats and rabbits have been wiped out from the island to clear it from invasive species threatening local wildlife. To avoid reintroduction of these destructive animals, access to Saint-Paul is strictly forbidden to nearly everyone. The only ones who regularly visit the water around the island are the crew of the Austral, to fish crayfishes.

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The main reason why France keeps on claiming Saint-Paul has its own.

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4 Réponses so far »

  1. 1

    flo said,

    En fait t’as fait cet article juste pour nous embobiner, non ? Paraitrait qu’il y a un festival du film subantarctique chaque année… Il est où le votre ? Et fais pas genre t’en sais rien, ça prend pas avec moi !!!
    des bisous quand même.

    et bien le bonjour à la vacancière quand elle passera chez toi !

    • 2

      Rémi said,

      Héhé, je vois que tu es bien informée! Je t’envoie le lien par mail, tu ne seras pas déçue…
      Et puis la touriste il faudrait déjà qu’elle arrive jusqu’ici! Elle a détourné le Marion rien que pour s’éviter des coups de soleil chez moi!
      Bisous

  2. 3

    Cosette said,

    un bisous de chez florine en France!!! et ouais gros beaucoup de changement par chez Cosette et Jack, va falloir que je te racontes tout ça par mail ou skype?? au fait au poil ta prestation de gros con de producteur… tu révèles ta vraie nature au grand jour!! héhé. d bisous de nous tous, Siméon te dit schlagada prrrouff


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