Archive for novembre, 2013

On en a fait le tour

18 novembre

 

Avec toutes mes petites otaries parties et les grandes qui attendent un peu avant de se pointer, il vient de m’arriver un truc incroyable, j’ai eu du temps de libre ! Un truc qui ressemblait presque à des vacances en fait. Du coup, j’en ai un peu profité et je me suis offert le tour de l’île en trois jours. Et alors là, derechef, expérience extraordinaire, après un an sur un petit bout de caillou au milieu de l’océan Indien, il me restait encore bien des choses à découvrir.

L’épopée a commencé par une promenade tranquille en direction de la pointe de la Recherche avant d’entamer l’ascension des falaises de la Pearl. Et grand bien m’en fit ! Surplombant des crêtes où je n’avais jamais mis le pied, voilà que je tombe sur un petit groupe d’albatros de l’océan Indien, certains posés nonchalamment sur une terre rouge, les autres paradant avec sérieux.

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Un tableau sublime.

Après ce spectacle inattendu, nous avons continué notre route jusqu’au zénith de notre randonnée, le Mont Fernand. Ce bloc rocheux, posé aux abords du Plateau des Tourbières tel un tepuy mystérieux, me narguait depuis assez longtemps. Il était temps que je me farcisse son ascension et admire la splendeur de ce lieu. Si les falaises d’Entrecasteaux sont le territoire des comiques au bec jaune, la forteresse qui les surplombe est le domaine réservé des acrobates au plumage noir. Les albatros fuligineux à dos sombres y sont littéralement légion. Entouré par le ballet des albatros, les oreilles remplies de leurs longues plaintes incessantes, le sommet du Mont Fernand avait des allures d’île dans l’île, un havre hors d’un monde déjà bien isolé.

Après une nuit sublime à la belle étoile, nous avons repris notre route vers la pointe Del Cano. Là encore une bonne partie du trajet m’était inconnue. Des paysages nouveaux d’où surgissaient par moment les cris des labbes qui couvaient ça et là sur les mousses, tandis que l’image de l’île Saint-Paul se découpait en permanence à l’horizon. Au-delà du magnifique point de vue qu’offre la Pointe Del Cano, ce qui rend le site très attrayant, ce sont aussi les imposantes ravines qui s’enfoncent dans l’île. Et au sein de ces canyons démesurés résonnaient encore en abondance les hurlements de l’albatros le plus mystérieux de l’île. Voir les albatros fuligineux évoluer en vol au sein des canyons donnait pleinement la mesure titanesque du site.

Le retour vers la base en longeant la côte Est se déroula sans encombres en terrain connu, jusqu’à ce qu’apparaisse la petite star de ces derniers jours.

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La glaréole à ailes noires.

Derrière ce nom, qui fait beaucoup rigoler les copains, se cache un oiseau qui s’inscrit dans une longue lignée de visiteurs que nous avons vu débarquer sur Amsterdam depuis quelques semaines. Ils sont peut-être les plus dignes de porter le nom d’hivernants. Si notre petite hirondelle se promène chez nous après s’être reproduit entre la mer Noire et la mer Caspienne, le plus impressionnant de nos migrateurs est le petit bécasseau cocorli qui se promène parfois autour de la Mare aux éléphants. A peine plus gros qu’un merle, ce petit bonhomme se reproduit en Sibérie et vient profiter des beaux jours chez nous, ou même aux îles Kerguelen, et tout ça à la seule force de ses ailes. Alors quand les nouveaux hivernants amstellodamois vont débarquer du Marion Dufresne dans quelques heures, qu’ils n’aillent pas me dire que le voyage a été difficile…

 

 

With all my little pups gone and the soon too be mothers still at sea, something very strange happened to me, I had free time! Something even looking a bit like holydays. So I took advantage of it and went on a three days trip around the island.

And I was pretty amazed by how, after a year stuck here, I could still discover new wonderful things on Amsterdam. We started our trip by climbing up the Pearl cliffs, on the Western side of the island. We even discovered a small group of yellow-nosed albatrosses resting in red dirt, far away from Entrecasteaux. Our goal was to climb up the Mont Fernand and spend the night there. I never had been to this table mountain before, and it would have been sad if I never did so. If the cliffs below are the territory of the yellow-nosed, the rock dominating it is the sooty’s exclusive playground. To see them flying around by pair while shouting loudly is just one of the most extraordinary show someone can see. The night over the Plateau des Tourbières was just fantastic, being there felt a bit like being on an island inside our island.

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Never lost enough.

After this stop over, we walked our way to the Pointe Del Cano. A way I never used before, walking through the island over the mosses, sometimes yelled at by incubating skuas, with saint-PaulIsland stuck at the horizon. Once at Del Cano, we visited the canyons that run into the island. There again were the sooty albatrosses. And watching them flying inside the canyons showed us how incredibly huge they were.

The way back has been a lot quieter but it’s a good thing when you know the Marion Dufresne will be here in few hours. New winterers are to come, and with them my successor! As ever for anyone who wants to come over here, the trip has been a bit rough, but for some winterers the trip is even harder. Since summer is coming up around here, it obviously means it’s leaving the Northern hemisphere. So for some crazy birds around areas like Siberia, it is time to move down before the far North is covered by snow. And some of them even made it to my tiny island, lost in the middle of the Indian Ocean! While us, so called polar heroes, come safely and without any efforts by boat, some little feathery crazy things fly their way to a nice little place far away from home.

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How you know, it’s just a yearly routine…

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