Archive for Roumanie (2012)

Trois petits chats.

7 juillet

Et voilà, une nouvelle page qui se tourne. La fin d’une aventure. L’ambiance des derniers jours a été très bizarre. Bien entendu on est tous content de finir une saison de terrain qui aura été très fatigante. Mais Ine, Marlene, Cathy et moi n’arrivions pas à réaliser qu’après avoir partagé notre quotidien pendant trois mois, nous n’allions plus nous revoir avant longtemps. Heureusement deux portées de chatons dans la maison ont transformé nos cerveaux en confiture et on a été trop occupé pour déprimer.

Je veux entendre un grand « Ooooooooooh »

Coté boulot j’ai pris pas mal le pli et la deuxième tournée de papillons est tranquillement arrivée à terme. Un énorme barbecue, une rando à cheval et une dernière pizza chez Jo et me voici dans le train pour Bucarest. Que vous dire de plus sinon que cette expérience fût, comme toujours, extraordinaire et que si elle se termine, ce n’est que pour me laisser en commencer une autre.

A bientôt les copains!

En attendant la suite je vous quitte en musique et avec une nouvelle série de papillons rien que pour vous!

Azuré du genêt (Plebejus idas) qui n’a rien à voir avec l’azuré de l’ajonc…

Soufré (Colias hyale)


Et le très différent fluoré (Colias alfacariensis)

Zygène de la spirée (Zygaena filipendulae)

Moro sphinx (Macroglossum stellatarum)

Azuré de l’orobe (Polyommatus daphnis)

Le petit sylvain (Limenitis camilla)

Et la sylvaine (Ochlodes sylvanus) pour le frangin

Celui-ci par contre il n’est pas dans mon guide…


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Parpaillons.

25 juin

 

Le changement c’est maintenant. Et oui après les piafs, les fourmis, les nounours, les papillons, il fallait bien que je passe à autre chose. C’est mon côté couteau suisse. Mais le mieux c’est que je vous l’annonce en images:

Un brin d’herbe.

Un autre brin d’herbe.

Allez, celui-ci je vous laisse deviner.

Nan je déconne. Je vous ai déjà dit que les croquettes pour végétariens ne sont pas prêtes de m’intéresser. Mais bon comme je n’ai pas grand chose de nouveau à vous raconter je vais encore vous parler lépidoptère. Du coup je voulais vous faire comprendre que ça pourrait être pire avant que vous ne commenciez à vous plaindre.

Le « comment? » vous le connaissez, maintenant je voudrais vous parler du « pourquoi? ». Comme vous le savez notre objectif ici n’est pas de s’intéresser directement aux espèces que l’on compte. On se sert des espèces pour évaluer l’impact de l’Homme sur son environnement. Hors tout récemment j’ai attrapé un indicateur en or.

Mon précieux…

Les papillons du genre Phengaris ont un mode de vie tellement particulier que le plus faible changement dans leur habitat peut amener l’espèce à disparaître.

Tout le monde sait comment marche un papillon. On a un œuf sur une plante. De cet œuf va sortir une petite chenille qui va devenir de plus en plus grosse et vorace jusqu’à s’enfermer dans une chrysalide. Après un temps plus ou moins long, un papillon qui ne pense qu’à une chose sortira du sarcophage pour aller semer des œufs un peu partout. Plutôt basique, mais les Phengaris ont un peu complexifié la chose. Non content de ne se nourrir généralement que d’une seule espèce de plante, les chenilles de ce genre dépendent de la présence de fourmis spécifiques pour pouvoir devenir adultes.

Je m’explique. Lorsque la chenille Phengaris s’est assez gavée de sa plante hôte, elle se laisse tomber sur le sol. Là elle va émettre des phéromones similaires à celles d’une ou deux espèces de fourmis. Ces espèces varient selon les papillons. Les phéromones vont inciter à emmener la chenille jusqu’à une chambre pleine de larves. Une fois bien installée dans sa nouvelle demeure, la chenille sera nourrie et soignée par ses parents adoptifs et croquera quelques larves par-ci par-là. Une petite vie de parasite en attendant de se transformer en adulte.

Azuré du serpolet (Phengaris arion)

Pour que ces papillons prospèrent il faut donc non seulement qu’ils puissent trouver leur plante hôte, mais également qu’une colonie de leur fourmi fétiche vive dans les parages. Une configuration qui se trouve de moins en moins dans les cultures intensives d’Europe et qui a amené l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature à inscrire une bonne partie des Phengaris sur sa liste des espèces menacées.

Voilà pour la petite session pseudo-scientifique. Pour vous faire digérer un peu tout ça j’ai décidé de prendre trois minutes pour vous parler un peu plus de là où je vis depuis bientôt trois mois.

Home sweet home.

Depuis que je suis arrivé j’habite avec Ine et Cathy dans une petite maison située en haut d’une colline à la périphérie de Sighisoara. On a chacun notre chambre mais on les partage régulièrement au grès des allez venues. Il fait bon y vivre et on peut très bien passer une journée de congés entre la terrasse et le jardin. L’université de Lüneburg loue aussi un petit appartement de deux chambres au pied de notre colline. C’est là qu’on peut généralement trouver Marlene, Jacqueline et d’autres collègues de passage. Si on pousse cinq minutes plus loin on arrive au centre ville. Et oui, c’est un bled. Mais au centre ville on trouve Jo Pub. Une pizzeria sympa où nous nous retrouvons au moindre prétexte. Arrivée de quelqu’un, départ de quelqu’un ou tout simplement lorsque Cathy a la flemme de nous faire à manger.

La troisième maison.

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Bear is the word.

18 juin

 

En fait capturer des papillons ça s’apparente pas mal à capturer des pokémons. Au départ il y en avait déjà cent cinquante mais tous les ans vous trouvez des petits malins pour vous sortir de nouvelles espèces. Le même qu’avant mais avec une écaille bleue dans la troisième ocelle en partant du bas de l’aile postérieure… Et puis les papillons évoluent aussi à leurs manières. Je lorgne d’un œil inquiet chaque chenille en me demandant bien en quelle horreur elle va se transformer. La fréquence et la répartition des papimons se transforme en jeu aussi lorsqu’on tombe sur une bacchante après une centaine d’argus bleus. Allez je vous en remet une tournée parce que prout!

Une hespérie du dactile (Thymelicus lineola) sauvage apparait!

Azuré du trèfle (Everes argiades) à toi!

Azuré des cytises (Glaucopsyche alexis)

Je sens que le cuivré de la verge-d’or (Heodes virgaureae) va avoir son fan club…

Grand cuivré (Lycaena dispar)

Tabac d’Espagne (Argynnis paphia)

Nacré de la ronce (Brenthis daphne)

Petite violette (Clossiana dia)

Petit nacré (Issoria lathonia)

Deux demi-deuil (Melanargia galathea) ne font toujours pas un deuil complet.

Mélitée des digitales (Melitaea aurelia)

Mélitée du mélampyre (Mellicta athalia)

Vanesse du chardon (Vanessa cardui)

Elle elle sent tellement le citron que je me demande si ce n’est pas plutôt le citron qui sent la piéride du navet (Pieris napi).

Bon et puis pour quelqu’un qui n’est pas foutu de diviser un atome lourd, je m’en sors pas non plus si mal que ça en détermination de papillons. Ne cherchez pas il n’y a aucun rapport, je suis juste fatigué. N’empêche que depuis que je joue avec les battements d’ailes des lépidoptères du coin, il n’y a pas encore eu de tremblement de terre au Japon! Alors ce n’est pas si chaotique que ça… (Promis je retourne vite me coucher…)

Éventail à Tsunami.

Fi des blagues pourries, ma prétention cherche juste à me trouver une excuse pour avoir lâchement abandonné ma nouvelle collègue. Il faut dire que mes anciennes collègues étaient partit en week-end et que leur programme était sacrément tentant. Bref à la fin d’une journée de trop je me suis enfuit vers le parc national de Piatra Craiului pour retrouver Marlene, Ine et Cathy.

Je ne sais vraiment pas pourquoi elles ont choisi un endroit aussi moche…

Au menu auberge ultra agréable, chats géants et randonnée superbe. Bien ressourcés, nous nous sommes ensuite rendus au sanctuaire Libearty (comme quoi il n’y pas que moi qui fait des jeux de mots pourris). Libearty est un sanctuaire dédié aux ours captifs.

La situation des ours en Roumanie est assez compliquée. Dans les années cinquante, comme un peu partout en Europe, la population d’ours sauvages en Roumanie a dangereusement diminué. Puis Ceaușescu est arrivé au pouvoir. Comme beaucoup d’anciens pays du bloc soviétique, la Roumanie tend à se sentir un peu roulée par le rêve capitaliste. Du coup ça crée une nostalgie du temps où tout le monde pouvait bosser sous l’égide bienveillante d’un gentil petit dictateur mégalomane. Mais si il y a bien des roumains qui peuvent se féliciter du règne de l’ancien tyran, ce sont les ours.

Toi, t’es pas venu pour la chasse…

Lors de son règne, seul Ceaușescu avait le droit de chasser le plantigrade, et il alla jusqu’à en élever et en relâcher un peu partout dans le pays. Ce qui fait que la Roumanie est maintenant le pays d’Europe abritant le plus d’ours sauvages. Cependant la situation des ours après l’assassinat en règle du dictateur se dégrada sensiblement. Les locaux commencèrent à faire un peu n’importe quoi avec l’abondance d’ours dans le pays. Beaucoup furent notamment enfermés dans de petites cages pour servir d’attractions. Les choses commencèrent à s’améliorer lorsque la Roumanie ratifia la convention de Berne en 1993, convention qui désigne l’ours brun comme une espèce intégralement protégée. Ce ne fut pourtant qu’en 2005 que la loi roumaine interdit la détention d’ours en captivité. C’est la même année que fût construit le sanctuaire Libearty, qui accueille les ours roumains confisqués à leurs propriétaires.

Et même si ça reste de la captivité, ça a l’air d’un jardin d’Eden à côté de ce qu’ils ont vécu.

Allez ça suffit les vacances, il y a aussi eu du nouveau dans mon boulot! En effet les premiers botanistes, Dan et Joseph, deux roumains, commencent à travailler pour Jacqueline. Spécialistes des herbacées, ils travailleront essentiellement sur les pâtures. Ils sont les derniers à travailler sur les mêmes hectares utilisés par les ornithologues et les entomologistes. Sur chaque hectare, sept carrés d’un mètre de côté ont été sélectionnés aléatoirement. Le travail des botanistes est de référencer les plantes présentes dans ces sept mètres carrés ainsi que dans celui au centre de l’hectare. Et c’est tout ce que vous saurez sur leur travail parce que je veux bien avoir un champ d’intérêts assez vaste mais le gazon me passionne autant que ceux qui jouent au ballon dessus…

Et puis il a l’air trop concentré pour que je le dérange…

Si l’idée de filer un coup de main aux botanistes ne m’a jamais traversé l’esprit certains ont par contre tenu à venir m’assister. Et oui! Vous avez bien lu! J’ai eu mes propres volontaires! Cathy et Katrien sont venus me servir de scribes pendant que je courrais après mes chenilles ailées.

Et Cathy en a profité pour jouer avec mes données!

Katrien est une volontaire belge qui travaille pour l’association Milvus, une association locale de recherche et de protection de la nature basée à Târgu Mureș. C’est d’ailleurs dans cette ville que ma semaine s’est terminée en apothéose. Nous nous sommes tous rendus au centre sportif municipal pour le concert de Goran Bregović. Du coup je vous ai fait un petit clip sur son morceau « Gas gas » à partir de petites vidéos que j’ai filmé ces dernières semaines.

Je te préviens: Ta mère elle va jumper…

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Tout terrain.

8 juin

 

Vous savez désormais à peu près tout du travail d’Ine mais pour vous annoncer les dernières actualités je dois vous préciser le cadre dans lequel elle travaille. Tous mes collègues travaillent de plus ou moins près pour l’université de Lüneburg en Allemagne. Le projet auquel participe Ine est supervisé par Jörn et Yann. Il regroupe quatre étudiantes qui effectuent chacune un doctorat. Deux sociologues, Frida et Andra, et deux biologistes, Ine et Jacqueline. Jacqueline est une herpétologiste allemande dont le travail ici est bien entendu d’étudier… les plantes et les papillons…

Jacqueline et Kuno, un ami de Tibor passionné de lépidoptères.

Jacqueline a dû un peu se débrouiller comme Ine. Apprendre à différencier les papillons sur le tas et recruter des spécialistes pour l’assister. La saison commence tout juste pour elle mais la malchance a déjà frappé. Le premier entomologiste qui devait l’assister s’est pété le genou et ne peut plus la rejoindre… Au même moment, de notre côté, le boulot sur les piafs était quasiment fini. Les oiseaux s’occupent de leurs rejetons et ne chantent plus vraiment. Résultat, Cathy et moi allions être pleinement affectés au démolissage de fourmilières. Quelque chose que tout le monde peut faire, alors que les papillons…

Vous commencez à voir où je veux en venir?

Bon alors je suis aussi bon en détermination de chenilles en chaleur qu’en supervision de fission nucléaire. Mais si Jacqueline a appris sur le tas pourquoi pas moi? Et puis bon, on ne peut pas dire qu’elle ait vraiment le choix. Alors bon la partie technique est assez simple. Je travaille exactement sur les mêmes sites que ceux qu’on utilisait pour les oiseaux. Logique puisqu’on veut là aussi démontrer les effets des pratiques agricoles sur la diversité de plantes et de papillons. Sauf que ce coup ci il ne s’agit pas de rester planté le nez en l’air pendant dix minutes… Ceux que je cherche se trouve plus bas.

Souvent amoncelés autour d’un caca.

Chaque hectare est divisé en quatre transects de cinquante mètres partant des quatre points cardinaux pour ce rejoindre au milieu du site. Je dois parcourir chaque transect en cinq minutes. Pas plus, pas moins. Au cours de ma lente progression je dois attraper tout papillon qui se trouve à deux mètres de moi sur les côtés, cinq mètres devant et au dessus. Lorsque j’ai mon insecte, deux possibilités. Ou bien c’est un super facile et j’écris directement son nom sur ma fiche. Ou bien c’est une saloperie de petit azuré à la con. Alors je sors mon guide des papillons, je tente de m’aider de la clé de détermination, je recommence, j’arrache des pages de mon guide, je recommence, je mange les pages précédemment arrachés, je recommence, je pleure, je recommence, je prend une photo pour que Jacqueline essaie de l’identifier le soir même, je recommence, je mange le papillon…

Et j’ai pris beaucoup de photos…

Alors je me plains mais en réalité j’adore ça. C’est intéressant tout nouveau et j’en apprend tous les jours! Ça me remplit mes journées aussi. Parce que quand on a cent papillons sur un transect on ne le finit pas en cinq minutes. Et puis il y a le papillon qui traverse tranquilou mon transect et après qui je cours pendant deux cent mètres en descente. Le tout pour découvrir que ce n’est qu’un petit azuré de l’ajonc. Le plus commun en ce moment. Plus qu’à remonter jusqu’à mon transect et reprendre où je m’étais arrêté…

En plus de tout ça il y a les habitants des villages. Ils m’ont déjà vu planté pendant dix minutes dans leurs pâturages à écouter le vent, donner des coups de pieds dans les fourmilières à la lisière de leurs forêts et maintenant je cours partout dans leurs jachères avec mon filet. Ils vont pas tarder à m’interner…

Bon et pour vous faire partager un peu plus mes découvertes je vous mets des photos:

Azuré de l’Ajonc (Plebejus argus)

Fadet de la mélique (Coenonympha glycerion)

Thècle de la ronce (Callophrys Rubi)

Nacré de la filipendule (Brenthis hecate)

Fadet de la chevrette (Cupido osiris)

Fadet commun (Coenonympha pamphilus)

Myrtil (Maniola jurtina)

Argus bleu (Polyommatus icarus)

Damier de la succise (Euphydryas aurinia)

Gazé (Aporia crataegi)

Flambé (Iphiclides podalirius)

Machaon (Papilio machaon)

Oh et lors de ma dernière tournée de destruction de fourmilières j’ai vu un ours…

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Ou comment garder son sang-froid.

29 mai

 

Le temps s’est sérieusement dégradé ces dernier jours et on n’entend plus un piaf sous le déluge qui perdure. Toutefois, dire que le temps se dégrade est un peu subjectif. Si on ne peut pas sortir écouter les oiseaux se chanter des mots doux, de leurs côté, les amphibiens peuvent sortir tirer un coup.

L’occasion pour moi de vous parler de nos collègues roumains.

À commencer par Tibor.

Tibor est né dans la région mais continue à se revendiquer hongrois. Une attitude commune à la grande majorité de la minorité hongroise transylvanienne. Il est toutefois nécessaire de rappeler que cette région à longtemps était liée au royaume de Hongrie, puis à l’Empire Austro-Hongrois. Une paternité assez classe. Enfin tout ceci n’intéresse que les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. Nous ce qui nous importe c’est que Tibor est un herpétologue. Sur son temps libre, il est embauché par Ine pour différents projets. Et sur notre temps libre nous l’accompagnons sur son terrain.

La première fois que je l’ai suivi, il allait jeter un coup d’œil à un étang qui sert de reproductions à deux espèces abondantes dans la région.

Crapaud commun (Bufo bufo)

Grenouille agile (Rana dalmatina)

Début avril, ces batraciens n’étaient pas les seuls à avoir le bas ventre qui démange. La richesse de la région c’est l’abondance de mares temporaires. Le moindre trou rempli d’eau peut servir de lieu de ponte. Tibor recense frénétiquement tous ceux qu’il peut trouver. Au départ on observait essentiellement des grenouilles rousses et des tritons communs ou ponctués dans ces milieux.

Grenouille rousse (Rana temporaria)

Mais plus le printemps avança et plus ils laissèrent la place à deux autres espèces. Le triton crêté et surtout le sonneur à ventre jaune. En France, ce petit crapaud est classé comme Vulnérable et fait l’objet d’intenses mesures de protection. Ici je n’ose même pas m’imaginer combien j’ai pu en écraser. Ils sont tellement présents que je vérifie à chaque fois si il n’y en a pas une paire en train de copuler dans ma bière…

Triton crêté (Triturus cristatus)

Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Hier nous nous sommes rendus à Breite où Tibor voulait constater la reproduction tardive d’une population de crapauds communs. Breite c’est une magnifique « Wood pasture » située à proximité de Sighișoara. Classée en réserve naturelle, elle fut longtemps protégée par plusieurs rangers. Ces derniers ont récemment été remerciés et l’un d’entre eux, Arpad, a été embauché par Tibor pour l’un de ses projets.

Comme je n’ai pas de photos d’Arpad je vous met Breite.

Ce projet est plus ou moins affilié aux nombreuses recherches menées par l’université de Lüneburg dans la région. Arpad et Tibor effectue un inventaire aviaire des espèces présentent sur les « wood pasture » classée Natura 2000.

Mais notre vrai ornithologue local c’est Cosmin. Un roumain qui connait parfaitement les oiseaux de la région. Il remplace Ine lorsqu’elle a d’autres obligations et l’accompagne de temps à autre sur le terrain pour lui donner quelques tuyaux. Et comme je n’ai pas de photos de lui non plus je vous remet trois amphibiens locaux:

Rainette verte (Hyla arborea)

Crapaud vert (Pseudepidalea viridis)

Salamandre tachetée (Salamandra Salamandra)

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Le gros ours.

22 mai

 

Tout le monde nous a abandonné. Notre équipe se retrouve avec ses effectifs de départs à savoir Marlene, Ine, Cathy et moi-même. Mais si nos collègues ont tous tiré au flanc nous avons quand même reçu la visite d’invités de marque.

Yannick, le petit ami d’Ine, est arrivé tout droit d’Alaska pour l’anniversaire de sa douce.

Et il nous a amené des ballons!

Puis se fût au tour des parents de Cathy de s’ajouter à notre petite communauté. Emmenant avec eux une caisse de pinards Alsaciens, des confiotes maisons et des sauciflards! Je ne les remercierais jamais assez pour ça.

Odile et Annamarie causent cuisine.

Côté boulot il a fallu mettre les bouchées doubles pour combler le déficit de main d’œuvre. Ine nous a initié au pistage des ours. Un animal très présent dans la région et qui est au centre de beaucoup d’attentions.

Je calme tout de suite tout le monde je ne verrais pas d’ours. Lorsqu’on étudie les grands prédateurs on se contente généralement de rechercher les traces de leur présence.

Ouh la belle trace…

Le protocole est là encore assez simple. Ine a sélectionné tout un paquet de lisières forêt/pâturages pour y réaliser des transects de huit cent mètres. Chaque transect se trouve à dix mètres de la forêt et fait six mètres de large. Le long de ce transect on référence les traces de la présence et de l’activité des ours. En plus de faire caca et griffer les arbres, les ours ont une occupation principale en ce moment: manger des larves de fourmis.

Nom nom nom.

Donc on marche en regardant nos pieds pendant huit cent mètres en comptant les fourmilières et essayant de déterminer celles qui auraient pu recevoir la visite d’un plantigrade. D’un côté il faut savoir si les fourmilières intactes sont encore habitées. Pour ce faire on utilise une technique subtile et délicate, à la précision proche d’une opération chirurgicale: le coup de pied. Ensuite il faut déterminer si les fourmilières détruites l’ont été par un ours, un sanglier, un pic ou autre biologiste zélé. Les ours ont une manière très particulières de creuser les fourmilières. Ils donnent l’impression de s’être servie d’une cuillère à glace.

Sorbet parfum myrmicéen.

Expliquer à un berger roumain pourquoi on joue au foot avec des fourmilières et décortique des cacas n’est pas aisé mais ça nous change un peu. Et puis même si on doit aussi se coltiner les identifications de plantes et l’évaluation des activités humaines le long des transects, ça nous permet aussi de découvrir d’autres bestioles locales.

Le serpent de la fin.


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The giant dwarves empire.

12 mai

 

Commençons par les nouveaux puisqu’il n’y a pas encore eu de départs. Yann, statisticien allemand, nous a rejoint pour vérifier que nos sites correspondent aux attentes des chercheurs. Et comme tout le monde il va aussi ramasser quelques cacas d’ours. Et une petite équipe de hongrois ont également planté des petits pièges sur nos sites pour étudier les pollinisateurs qui s’y trouvent.

Et vous trouviez l’ornithologie ennuyeuse?

Et puisqu’on parle boulot figurez-vous qu’on cartonne sérieusement par ici. Aidés par une météo relativement clémente et une volonté du tonnerre nous venons de finir notre deuxième tournée des villages avec Ine et Cathy.

Ine avait prévu d’effectuer trois tournées d’ici la fin de notre contrat à la mi-juin. Cela devait permettre à chacun d’entre nous de travailler dans chaque village. C’était sans compter sur notre efficacité. En onze jours d’affilés nous avons offert à notre patronne l’opportunité de réaliser quatre tournées pour cette saison. En récompense nous avons reçu des vacances.

Qui démarre par un barbecue!

Alors que faire de ses vacances lorsqu’on vit en Roumanie? Ce pays a la particularité de ressembler à ce que devait être l’Europe occidentale il y a cent ans. Tous les matins on voit les habitants des villages sortir leur bétails en vrac dans les rues. Il n’est pas rare de voir une doyenne sortir son unique génisse pour l’ajouter au troupeau commun. Quelques bergers vont ensuite s’occuper des animaux toute la journée à travers les pâtures. Le moyen de traction le plus commun reste le cheval, certains champs sont labourés à la main et on trouve encore des boutiques qui ne vendent que des cassettes audio.

Hors du temps.

Ici quasiment rien n’a changé depuis un bon paquet de siècles et on peut facilement se rendre compte de ce que devait être la vie par le passé. Après avoir fait plusieurs fois le tour de la Transylvanie, Ine, Annamarie, Cathy, Marlene, Joris et moi-même avons décidé d’explorer la région de Bucovine. Pour ce faire nous devions traverser des Carpates infestées de vampires avant d’arriver dans un paysage tout-à-fait différent.

Pour bien comprendre l’histoire de la Roumanie il faut s’intéresser à l’existence des voïvodats. Des régions dirigées par des princes voïvodes dont le plus célèbre est sans aucun doutes Vlad Tepes. Mais je vous parlerais de lui plus tard. Pour l’instant ce qui importe c’est que les voïvodats représentaient la dernière frontière du monde chrétien face à l’empire ottoman et l’avancée de l’Islam. Et Bucovine se trouvait alors au cœur du voïvodat de Moldavie. Or au cours du XVIème siècle les orthodoxes édifièrent de nombreux monastères dans la région. Et pour renforcer la foie chrétienne des illettrés locaux ils recouvrirent les murs extérieurs et intérieurs des édifices d’une version bande dessinée de la Bible.

Car un village peuplé d’irréductibles Moldaves résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Le plus impressionnant est l’état incroyablement bien préservé de ces fresques. Mais bon l’histoire raconté est un peu connu et le style un peu répétitif alors nous avons aussi profité de nos vacances pour se décontracter entre deux nuits dans un monastère orthodoxe. Une fois bien ressourcés nous avons retraversé les Carpates dans l’autre sens.

Et à la rame s’il vous plaît!


 

 

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