Archive for janvier, 2012

Retrouvailles en série.

29 janvier
Après mon séjour dans la jungle j’ai retrouvé Aurélie à Manille. Nous avions projeté de retrouver Morgane à Donsol mais les Philippines étant ce qu’elles sont, mon ancienne camarade de classe a raté son bateau.
Du coup c’est en compagnie de la plus célèbre suricate de Paris que nous avons fait la connaissance du plus célèbre poisson de Donsol.
Il y a encore vingt ans, Donsol était juste un petit village de pêcheurs parmi tant d’autres. C’était sans compter sur la migration annuelle et massive d’un animal au charisme proportionnel à sa taille, la plus grosse sardine de la planète: le requin baleine!

Une vraie mascotte.

Il était encore tôt dans la saison et les poissons étaient peu nombreux. Ils sont également beaucoup plus difficiles à repérer que les mammifères marins. Muets et n’ayant pas besoin de remonter à la surface pour respirer ou faire des sauts périlleux, il fallu deux heures à l’équipage de l’un des dix bateaux présents ce jour là pour finalement en repérer un. Donsol est réputé pour sa gestion raisonnée de l’écotourisme lié aux requins-baleines. Toutefois, l’absence d’un nombre suffisant de requins a entrainé quelques entorses au règlement. Les pirogues s’enchainaient sur la trajectoire du monstre et déversaient à répétition leurs chargements de cinq à six touristes. Il ne nous restait alors plus qu’à nous émerveiller à la vue du superbe animal. La créature avait beau progresser nonchalamment, les lents mouvements de son immense nageoire caudale suffisaient à distancer l’immense majorité des baigneurs.
Nager en compagnie d’un tel animal est une expérience fantastique qui dépasse toute description. J’avais un peu pitié du requin jusqu’à ce que je réalise que nous avions probablement affaire à un poisson que la présence humaine ne semblait pas déranger plus que ça. En effet, dès que le requin en eu assez d’être la cible de tant de regards émerveillés, il accéléra un poil sa cadence de nage. Il n’en fallait pas plus pour que la mer se couvre de petite tête masquées se regardant les unes les autres sans avoir aucune idée de là où pouvait se trouver la bête. Les guides considérèrent que l’animal avait eu sa dose et tout le monde rentra au port.
Nous avons ensuite profité de l’ambiance détendue avant de retourner à Manille. Pour vous donner une petite idée voici un montage bâclé de plusieurs petite vidéos.


La musique c’est « The Wine Song » du groupe australien The Cat Empire.
Aussi géniaux que furent mes premiers jours dans ce pays, vous vous doutez de la raison première de mon retour aux Philippines. Il était temps que nous allions rendre visite à Manu et Dainty. D’autant plus que nous avons enfin pût faire la connaissance de leur adorable bébé: Celyne! Plus magnifique encore que l’on pouvait s’y attendre, elle est également pleine d’énergie et sourit en permanence.  Et puisque nous étions tous réunis nous avons profité de l’occasion pour célébrer aussi les anniversaires de Manu, sa sœur Éloïse et moi même!

Y a pas de raisons.

Nous avons profité de nos derniers jours aux Philippines pour assister aux festivités du nouvel an chinois et le dernier soir, Monty, un couchsurfeur qui m’avait hébergé en Corée, a atterri dans la même guesthouse qu’Aurélie et moi.

Du coup on a bu de la verveine...

L’an dernier c’était mon frangin qui était venu me rendre visite à l’étranger. Du coup cette année c’est moi qui suis passé le voir chez lui en Suède où on a été rejoint par Olga, mon amie russe que j’avais rencontré l’an dernier aux Philippines. Alors Stockholm c’est une ville très sympa qui mériterait certainement un article mais l’anniversaire du frangin a été bien arrosé et je rentre demain alors vous vous contenterez d’une photo.

Si vous voulez connaître la suite vous vous débrouillez pour qu'on se voit!

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Philipipines.

17 janvier

J’ai beau être déjà passé aux Philippines récemment, en y retournant directement depuis le Japon, le choc est de nouveau au rendez-vous. Après le calme ordonné et un peu froid des villes nippones, le chaos organisé des rues de Manille m’apporte une bouffée de chaleur très appréciée. Je suis de nouveau arrivé pile à temps pour les festivités du Black Nazarene, mais ce n’est pas cette année non plus que j’en profiterai réellement. En attendant le bus d’Aurélie pour Banaue on a observé tranquillement l’anarchie se mettre en place. Une fois le petit suricate partit, je me suis empressé de rentrer à l’hôtel avant que tout déplacement ne devienne impossible. Je devais me lever tôt pour retrouver mon amie Carmela le lendemain.

Mais qui est donc Carmela?

Lorsque j’ai cherché a m’impliquer dans des projets philippins l’an dernier, Carmela m’avait contacté pour que je l’assiste sur le terrain. Mais la Niňa en avait décidé autrement et j’avais dû me contenter de participer à l’Asian Waterbirds Census avec ma nouvelle amie. Cette année la saison sèche est vraiment sèche et j’ai pu lui apporter mon assistance.
Pour ce faire je devais déjà la retrouver et ce ne fût pas chose aisée. Je devais rencontrer un de ses collègues à proximité d’un pont suspendu, aux abords d’un village qui ne figure sur aucune carte. Le pont se situait sur la péninsule de Bataan. Vous allez finir par vous dire que je leur en veut mais si cette péninsule est célèbre, c’est pour les atrocités qui y ont été commises par les soldats japonais au cours de la deuxième guerre mondiale. La route qui menait à mon pont suspendu était jalonnée de bornes kilométriques qui rappelait le chemin parcouru par les soldats alliés, prisonniers des japonais, le long de la Marche de la Mort de Bataan.
Ma route passait également par l’étrange zone de Subic. Ancien site d’une base américaine, une portion de jungle jouxtant la baie de Subic est encerclée de barbelés et son accès est très réglementé. La zone présente un mélange de ville fantôme, de parc d’attraction, de base militaire et de réserve naturelle. Son statut particulier offre une protection toute relative à l’un des derniers gîtes d’une espèce en danger, le renard volant des Philippines. De loin, les plus grandes chauve-souris de la planète ressemblent à d’énormes fruits suspendus à un arbre effeuillé. En se rapprochant on découvre un amusant petit singe ailé à tête de chien.
Mais je n’ai pas vraiment eu le temps de descendre du bus, j’avais encore du chemin devant moi. Après un enchainement de moyens de locomotion de plus en plus petits et miteux, j’arrivais enfin à mon pont. Là je fus accueillis par Carmela en personne qui me guida jusqu’au petit village Aeta de Kanawan.

Ils avaient même sortit l'arc-en-ciel pour l'occasion.

Les Aetas sont un peuple faisant partie d’un groupe ethnique appelés les Négritos. Ils sont considérés comme les premiers habitants des Philippines et y seraient arrivés à pied à une époque où les îles étaient encore reliées au continent. Ils ont généralement la peau sombre et les cheveux crépus, sont encore plus petit que le philippin moyen et sont les victimes d’une ségrégation raciale à grande ampleur. Pour ma part, avec ma tête de Négrito géant albinos j’ai été très bien accueilli.

Surtout par les mioches.

Une fois les marmots couchés les adultes ont sortit deux bouteilles d’Emperador et un litre de Red Horse qui nous ont aidé à franchir les barrières de la langue. La bière était tiède alors on a emprunté un petit peu de la glace qui servait à maintenir l’antivenin de cobra au frais. Un bon sens des priorités les Aetas… Notre hôte s’appelait Eduardo mais tout le monde l’appelle « Mang Ed ». Habituellement son revenu vient principalement de la collecte de miel sauvage dans la jungle environnante mais Carmela lui a trouvé un tout autre boulot.

Mon lit chez Eduardo.

Après une bonne nuit de sommeil nous avons empaqueté tout le nécessaire pour une semaine d’expédition et avons pris la route. Nous avons traversé des forêts morcelées par différentes petites plantations et sommes arrivés à un petit campement dans une clairière à l’orée de la jungle. Ce campement est habituellement utilisé par Mang Ed lorsqu’il passe plusieurs jours dans la jungle. Notre équipe était composé d’Eduardo, de deux de ses enfants, Boboy et Totoy, de son ami Bert, de deux Aetas venant d’une autre tribu, Bobby et Rodrigo « Brux », ainsi que de Carmela et de son ancienne élève et désormais collègue Joni.

Un petit paquet de monde!

Il est temps que je vous parle de la raison d’une telle expédition.
Avec près de sept milles îles et un climat tropical, les Philippines possèdent l’une des biodiversités les plus riches de la planète. Malheureusement le plupart des espèces animales du pays sont menacées par la déforestation, le braconnage ou n’ont tout bonnement pas encore été découvertes. Très peu de biologistes travaillent dans ce pays alors que le besoin d’y effectuer des recherches est à la fois très important et très urgent. De son côté Carmela a décidé de s’attaquer à la titanesque tâche de répertorier la densité des populations de perroquets, de pigeons et de calaos survivants dans les forêts de l’île la plus peuplée de l’archipel, Luçon.
Un exemple des trois familles étudiées pour ceux qui sont largués.

Une psittacule lunulée.

Un colombar Pompadour.

Une femelle de calao de Manille.

Ces trois espèces sont parmi les plus communes mais plusieurs autres sont très menacées ou ont peut-être même déjà disparu de l’île. De plus la forêt dans laquelle nous travaillions étaient en très mauvais état. Anciennement surexploitée, la coupe du bois y est désormais officiellement interdit. Ça ne nous empêchait pas de croiser tous les jours des buffles d’eau tractant des stères de jeunes troncs fraichement coupés…
Mais revenons en au boulot, une journée type se déroulait comme suit. Aux aurores, Bobby réveillait tout le monde avec une imitation peu convaincante du coq sauvage. Les Aetas ont l’ahurissante particularité d’être quasiment en train de rigoler en permanence. Et parmi eux Bobby arrivait tout de même à sortir du lot comme le clown de service.

Même les corvées le faisait marrer...

Les imitations de chant d’oiseaux sont quand à elles aussi naturelles pour un Aeta que la connaissance du procédé de fabrication de la bière l’est pour un Belge. Ils sont tout bonnement impressionnants et ne se privaient pas de se moquer de mes imitations ratées de cris de geckos tokay et de roucoulements de phapitréron à oreillons blancs. J’ai pris ma revanche en leur sortant deux trois mots de français pas piqués des hannetons qu’ils n’ont jamais été capables de répéter correctement.
Une fois tous bien réveillés, nous partions en équipes de trois ou quatre en randonnée à travers la jungle sur les cendres de la dernière éruption du Pinatubo. Le plan consistait à suivre des chemins de deux à trois kilomètres de long et d’y repérer la présence du plus grands nombre d’oiseaux possible. Dans la jungle on ne voit pas bien loin et la plupart du temps nous ne devinions la présence des emplumés que grâce à leurs chants. Il y a certaines espèces que j’ai entendu à plusieurs reprises mais que je n’ai jamais vu.

Circulez y a rien à voir!

Tout les quatre cent mètres, le long de nos chemins nous effectuions des mesures dans un rectangle de vingt mètres sur dix appelé le plot. Le but était d’enregistrer des données botaniques, météorologiques et paysagères en espérant pouvoir les associer plus tard à la présence ou l’absence de certaines espèces d’oiseaux.
Nos données dépendaient fortement de l’activité des oiseaux. Si les oiseaux ne chantaient pas il nous était impossible de les repérer au milieu de la canopée. Or la plupart des volatiles sont silencieux en milieux de journée.

Du coup nous aussi passions en mode inactifs.

La répartition des tâches au sein des équipes était la suivante. Un ainé Aeta, généralement Ed ou Bert, qui connaissait la forêt ouvrait la marche et repérait les oiseaux. Joni ou Carmela suivaient et prenaient des notes. Un jeune Aeta fermait la marche et comptait ses pas pour repérer les fameux plots tout les quatre cent mètres. De tous, Mang Ed était certainement le plus extraordinaire. Il possédait un don qui rendait le travail de Carmella bien plus aisé.

« Je viens d'entendre un calao manger une figue à un kilomètre dans cette direction. »

Et si le vent va dans le bon sens il vous donne la variété de figue. J’exagère à peine mais Eduardo était véritablement impressionnant. Il aurait pu se balader les yeux bandés dans la jungle sans jamais se perdre. Cependant j’ai eu la rare opportunité de lui faire découvrir un animal dont il ne connaissait même pas l’existence!

Dans sa propre forêt!

Je ne peux toutefois pas trop frimer car ce sont les yeux d’Eduardo qui nous ont évité le drame de la semaine.
Lorsque Brux a écarté la branche où se reposait la vipère qu’il n’avait pas repéré, l’animal était probablement profondément endormis. De plus elle venait visiblement de dévorer une belle proie et la digestion ralentissait ses réflexes. C’est probablement ce qui m’a sauvé lorsque je fus le second a écarter sa branche. Le serpent en eu visiblement assez et se mit en position d’attaque. C’est ce très faible mouvement qui permit à Eduardo de repérer l’animal, et par là même de retenir Joni qui y aurait laissé son bras.

Au final on aurait peut-être pu boire notre bière tiède...

Je ne pourrais jamais faire aussi bien mais le dernier jour j’ai offert aux filles un petit extra dont je ne suis pas peu fier.

Angry birds level 37.

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Nous on l’aime ce macaque!

8 janvier

Après ce réveillon de foufous, nous sommes restés quelques jours de plus à Tokyo pour nous reposer. Nous en avons profité pour approcher un musée très controversé, le musée Yūshūkan (遊就館) à proximité du sanctuaire Yasukuni (靖国神社). L’histoire du Japon est entachée de nombreuses atrocités, notamment au cours de la seconde guerre mondiale. Le sanctuaire est dédié à la mémoire des soldats morts pour l’Empereur, parmi eux, plusieurs criminels de guerre… Ce qui est le plus révoltant c’est l’attitude habituelle du Japon à réfuter ou minimiser la gravité des crimes commis par ses ressortissants. C’est un sujet extrêmement sensible et je ne m’y attarderais pas trop. On est toutefois mis dans l’ambiance d’entrée de jeux avec une stèle commémorative érigée en 2005 à l’entrée du sanctuaire. Elle fait l’éloge du juge Radhabinod Pal qui fut le seul à n’accuser aucun suspect japonnais de crimes de guerre lors du Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient.

Les enfants de Nankin se sont jetés tous seuls sur les baïonnettes!

Radhabinod est un personnage complexe et ses écrits sont probablement toujours interdits à la vente dans de nombreux pays Alliés. À mon sens pourtant j’ai le sentiment que sa décision d’innocenter les bourreaux japonais venait surtout d’une volonté de critiquer le Tribunal. En y regardant de plus près, ce procès faisait un peu farce… Quoiqu’il en soit il reste un grand malade négationniste dont l’image sert à faire croire aux Japonnais qu’ils n’ont rien à reprocher à leurs ancêtres.
Nous ne sommes pas entrés dans le musée mais avons quand même pu admirer la première locomotive à avoir roulé sur la Voie ferrée de la mort reliant Bangkok à Rangoon. Sa construction par les Japonnais aura coûté la vie à plus de cent mille civils et prisonniers de guerre employés de force à sa construction…

Oh non, pas encore un article historique...

Avant de quitter la capitale nous avons profité une dernière fois des amis de Charles qui furent des guides extraordinaires et des compagnons de beuveries exemplaires. Nous nous sommes réunis dans un karaoké en attendant notre bus de nuit pour Kyoto (京都市).
Kyoto fût la capitale de l’empire japonais pour la plus longue durée. À ce stade là vous l’aurez compris, il va falloir que je vous gonfle avec les grandes lignes de l’histoire du pays.
Tout commence sans que personne ne sache trop comment, mais beaucoup s’accordent à dire que les japonais préhistoriques sont essentiellement arrivés de Corée. Les premières traces de civilisation datent d’il y a quinze mille ans et il fallut attendre le troisième siècle après Brian pour qu’un clan « unifie » tout le pays à la mode coréenne. Il s’agissait des Yamato (大和民族), ancêtres de l’empereur actuel. Bien entendu les frontières du Japon étaient assez différentes de celles d’aujourd’hui mais les Yamato se donnèrent le titre d’empereurs et font par conséquent de bons personnages de début.

Il y a bien longtemps dans un empire lointain, très lointain...

Les érudits du royaume de Paekche (rappelez-vous l’histoire de la Corée!) transmirent aux japonnais le bouddhisme et l’écriture, qu’ils avaient eux-mêmes acquis des chinois. Pour l’écriture ils auraient pu laisser les japonais se débrouiller car maintenant ils utilisent trois alphabets différents tous plus complexes les uns que les autres…
Une tradition Yamato rigolote voulait que la capitale du pays soit déplacée à la mort de chaque souverain. La première entorse à cette règle fût l’établissement d’une capitale stable et centrale à Heijō-kyō (平城京), l’actuelle Nara (奈良市), en 710. Les raisons pour lesquelles l’empereur décida à nouveau de changer de capitale après seulement soixante-quinze ans sont assez floues. Épidémie de variole, pas assez de place pour tout le monde, pouvoir grandissant des monastères bouddhistes, certains prétendent même qu’un moine aurait commencé à séduire l’impératrice!
Bref on installa la nouvelle capitale à Heian-kyō (平安京) en 794.

Une très bonne idée.

La cité s’appelle désormais Kyoto et est magnifique. Elle fût capitale pendant plus de mille ans, assez pour avoir le temps de construire une multitude de sanctuaires et de temples. Aujourd’hui la ville contient dix-sept sites classés à l’UNESCO et plusieurs centaines de temples et sanctuaires. L’ambiance est détendue et on n’y voit quasiment aucun gratte-ciel, les parcs et ruisseaux sont partout et on trouve un site historique à chaque coin de rue. Avec Aurélie et Charles nous avons couru dans tous les sens pendant de longues heures. Il faudra quand même qu’on revienne…
Après que Charles nous ait quitté, Aurélie et moi-même nous sommes offert un break à Nagano (長野市). Cette ville a surtout été rendue célèbre en France par Pierre Fulla. On y trouve pourtant autre chose que du brouillard, les montagnes avoisinantes abritent un animal endémique à l’archipel.

Mini yétis.

Le macaque du Japon est le singe qui vit le plus près d’une région polaire. De plus, son habitat privilégié est la montagne, par conséquent il a du s’adapter à une existence au contact de la neige. Or le Japon se situe sur la ceinture de feu et les sources d’eau chaude sont légion. Alors lorsque l’Homme se fait des piscines d’eau chaude en plein air, il n’y a pas de raisons que les macaques se privent d’en profiter. Au onsen de Jigokudani Yaen-kôen (地獄谷野猿公苑) on distribue même des graines aux singes pour s’assurer leur fidélité, un peu comme avec les oiseaux de nos jardins. Un côté de la vallée est réservé aux macaques et l’autre aux humains, sauf que les singes ne savent pas lire…

Notez la rare variété de macaque blond, exclu du groupe...

Après ce rafraichissement nous sommes retournés reprendre un peu de Kyoto avant de passer notre dernière journée nippone à Nara.
Nara c’est un peu Kyoto à taille humaine, mais ce qui choque c’est la présence quasiment partout de cerfs en liberté… Ils ne sont plus vraiment sauvages et la plupart apprécient les papouilles derrière l’oreille. Comme ils évoluent en totale liberté, les mâles ont les bois sciés à la base. Ça ne les empêches pas de se mettre des coups de boules et ils ont tous de belles cicatrices sur le crane et l’air un peu débile… On trouve un peu partout des bonnes femmes qui vendent des petites galettes de céréales à donner aux cerfs. Ça n’a pas empêché un petit salopiot de venir bouffer quelques unes de mes brochures touristiques!

Pendant que je prenais cette photo.

Sinon ce qui est agréable c’est qu’on peut facilement voir l’essentiel de Nara en une journée. Comme l’histoire de la ville est principalement liée au bouddhisme, on visite surtout des temples. Le plus impressionnant d’entre eux renfermant un immense bouddha de bronze.

Nara Daibutsu (奈良大仏)

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Nippone année!

1er janvier

 

Ah les copains! Quel plaisir de retrouver la vie citadine. Surtout dans la capitale d’un des pays les plus « riches » de la planète. Les rues de Tokyo (東京)sont propres, ordonnées et calmes. D’élégantes japonaises arpentent paisiblement les artères de la cité. Recouvertes de cosmétiques pour une fortune qui suffiraient à rassasier tous les malheureux sans abris qui crèvent de faim à leurs pieds, et à qui elles n’accordent même pas un regard…

FC

Je vous épargne mes jugements hautement subjectifs concernant la société japonaise pour me concentrer sur les petits détails qui suscitent la curiosité du quidam occidental. Et je vais me faire l’écho de la multitude de voyageurs qui ont visité ce pays: le Japon, c’est incroyablement cher. Pour vous donner une idée, un kebab parisien ici se vendrait facilement dix euros (sans frites) et je n’ai pas encore trouvé de canettes de bières à moins de deux euros cinquante… Pour faire bref, mon court séjour ici devrait me coûter aussi cher que mes trois mois en Corée.

Une autre facette remarquable de Tokyo concerne l’environnement sonore. En Chine ou en Corée, le bruit est un compagnon permanent. Au point de légitimement pouvoir se demander si les chinois ou les coréens ne sont pas effrayés par le silence. Ici c’est bien plus agréable et je goûte avec plaisir à un calme qui ne me surprendrai peut-être pas autant si j’étais arrivé directement de Paris.

L’ordre et la propreté sont également déconcertants. Je ne vous fait pas un dessin, la Chine c’est crade et bordélique, et la Corée du Sud est une véritable porcherie. Or un immondice sur le sol de Tokyo ne fait pas long feu. Cela dit je ne peux pas encore me prononcer sur l’état des campagnes.

Un autre monde...

Le respect aveugle de l’autorité et de l’ordre est quant à lui presque effrayant. On a l’impression qu’il existe un code du trottoir au même titre qu’un code de la route et les policiers sont tellement débordés que la seule chose que je les ai vu faire a été de passer le balai devant un commissariat…

L’interdiction de fumer sur les trottoirs est également impressionnante! Les fumeurs se regroupent autour de rares cendriers publics, auxquels manquent juste l’ajout d’un énorme panneau qui stipulerait « Cendrier de la honte! ». Cette interdiction est d’autant plus étrange qu’il est tout à fait possible de fumer au restaurant…

Mais que suis-je donc venu faire dans cette étrange contrée?

Allez savoir...

Vous aurez tous reconnu une suricate qui n’a pas eu sa dose en Corée, mais mon blog voit aussi la première apparition de ce séduisant barbu à ma droite! Et oui, après de nombreuses tentatives qui n’auront jamais abouties, dont celle qui fût à l’origine même de ce voyage, Charles et moi vadrouillons enfin ensemble à l’autre bout du monde. Et le jeu en valait la chandelle! L’anarchie et le chaos n’ont pas mis longtemps à accompagner les déambulations de notre trio. On traverse en dehors de clous (« on s’en fout on est français »), on braille plus fort qu’un chinois dans un karaoke et on s’est fait griller dans le premier bar où nous nous sommes rendus…

Oh bien entendu nous profitons également de notre venue dans ce magnifique pays pour explorer

Les musées

Les parcs

Les temples

Les galeries d'art

etc

Plus sérieusement Tokyo n’est pas vraiment connue pour être une ville historique. Rapport selon eux à d’obscurs bombardements américains dont personne n’a jamais entendu parler en Europe. Ce n’est pas comme si ils s’étaient pris une bombe atomique non plus. Du côté artistique, venir jusqu’ici pour visiter une exposition sur Rembrandt, merci mais non merci. Alors que faire à Tokyo? Cette ville est une remarquable vitrine sur la surprenante culture nippone. Un événement à ne pas rater était par exemple le quatre-vingt unième Comic Market (コミックマーケット). Un événement centré sur le manga (漫画).

Les fans apprécieront.

Pour ceux qui n’ont jamais désactivé le filtre parental de leurs moteurs de recherche, je vous fais un bref topo sur le manga. Les mangas sont un genre de bande-dessinées extraordinairement populaires au Japon. Généralement publiés dans le cadre de séries, ils présentent un style de dessins caractéristiques répondant à des codes assez stricts. Ici tout le monde lit des mangas. Les enfants comme les adultes, les femmes comme les hommes. Du point de vue des thèmes traités on trouve de tout, des romances parfumées à l’eau de rose, de l’heroic-fantasy, des épopées historiques, de l’action, de l’aventure et bien entendu, du cul…

Connu sous le nom de hentai (変態).

La convention était immense et nous nous sommes donc laissés entrainer au hasard par la foule. Nous sommes rapidement arrivés dans un immense hangar remplis de stands où des auteurs exposaient leurs œuvres. Quasiment exclusivement de la pornographie. Le plus perturbant étant que la pornographie japonaise ne connait quasiment pas de limites. Filles hybrides ou zoophilie n’arrivaient même plus à nous choquer devant l’étalage répugnant de pédopornographie… De nombreux articles en vente au tout-venant nous aurait valu un tour en prison en Europe. Mais il n’y a pas qu’au sujet des mœurs sexuelles que la morale japonaise peut-être dérangeante.

On se rappelle dans quel camp ils étaient...

Je vous rassure tout de suite les lecteurs de mangas, tout comme ces jolies demoiselles, ne sont pas des néo-nazis. Il s’agit ici de cosplay (コスプレ), une activité intimement liée à la culture manga. Concrètement, le cosplay désigne le fait de se déguiser en ses héros favoris, en personnages types de la pop culture ou, plus largement, en n’importe qui. Le déguisement doit toujours être lié à l’univers maga. L’érotisme étant omniprésent dans les mangas, les mini-jupes dominaient largement, même en hiver. Ce qui nous à plus surpris ce fût l’identité de ceux qui les portaient. En Europe les images qui nous parviennent des évènements cosplays montrent généralement des jeunes filles magnifiques presque nues. La réalité est assez différente. La moitié des tenues de Sailor Moon sont portées par des geeks obèses et sales…

Mais on trouve quand même de quoi se rincer l'œil.

En tout cas l’ambiance était bonne enfant et très décontractée, ce qui faisait du bien après l’épisode traumatisant des enfants nues mi-humaines mi-renardes attaquées par des tentacules…

Oh et hier à minuit on l’a célébré avant tout le monde!

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